P.

Hier, j’ai revu mon amie P. Celle de l’hiver passé, de décembre à avril. Dans sa langue, son nom veut dire pierre. Celle qui m’avait jeté parce que je l’aimais trop, à son point de vue, celui d’une femme habituée à vivre seule et indépendante.
La dernière fois que je l’avais vue, c’était en juin je crois, devant chez elle : elle avait un regard dur et sévère et me demandait de partir au plus vite.
Là, elle s’attendait à ma visite dans ce Salon où elle expose. Car c’est dans ce même Salon que je l’avais rencontrée physiquement, après échanges de mail, il y a un an exactement. Elle était souriante et aimable. Bon, elle ne pouvait pas vraiment me crier après… Et elle a ironisé sur le fait que, comme il faisait très beau dehors, j’aurais mieux fait d’être dehors qu’enfermé dans ce gymnase. Mais elle m’a donné plus de nouvelles d’elle que je ne lui ai demandé, comme son association avec un autre artisan, qui lui passera ses clients : une bonne nouvelle pour elle. Le temps aide à apaiser les courroux. Mais l’émotion était là, en moi. J’arrivais à parler naturellement, mais je sentais une émotion m’envahir : les larmes se formaient. Je ne pleurais pas, mais elles étaient là, en embuscade, au coin des yeux. Elles ne se sont permis de couler qu’ensuite, de retour à ma voiture. Est-ce normal ? Je me demande parfois si ce burn-out, le décès de mon épouse, et ces deux dépressions n’ont pas définitivement lésé un centre de mon cerveau essentiel pour les émotions, abaissant son seuil de résistance bien plus bas que la moyenne. Déjà qu’il était assez bas avant, enfant. Il y a là une douleur enfouie depuis très longtemps, et qui profite de ces moments d’émotions pour remonter et m’envahir, me transformant en être trop sensible et débordant de larmes. Pour pas grand chose parfois : mes (relatives) souffrance psychique, bien banales finalement, ou bien la souffrance réelle d’inconnus ailleurs dans le monde, par le biais des infos à la télé ou par les news. Cela me prend sans que je comprenne bien pourquoi…
Aujourd’hui, à la fin du Salon, je suis retourné la voir : sa colère est toujours là. Lorsqu’elle a rompu, mes mails de douleur et d’incompréhension avec les questions que je posais sur ses raisons avaient réveillé en elle une douleur profonde liée à son histoire, et je suis maudit à jamais. Bon, la page est tournée, définitivement ; je le sais depuis 4 mois déjà. Mais pourquoi ne peut-elle pas pardonner et arriver à ce que nous ayons une relation « amicale » ? C’est elle qui avait été attiré par moi et était venue à moi, et qui m’avait ému ensuite. Pas l’inverse. Elle a eu pour moi un fort sentiment amoureux, passager hélas… De l’amour à la haine, en un peu plus de 4 mois.

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2 Réponses to “P.”

  1. marlaguette Says:

    Envie de dire et rien à dire… Sa souffrance envenime ses émotions, tu n’y peux rien… Ca lui appartient…
    Zzou de nuit.

  2. trex58 Says:

    Oui, ça lui appartient. Mais, après 4 mois de silence total de ma part, je suis surpris qu’elle n’ait pas fait un seul pas vers une forme de pardon : elle a encore de la colère envers moi et, il y a 5 mois, elle ne comprenait pas que je ne puisse pas en avoir pour elle. Mes sentiments pour elle étaient forts et réels, comme étaient les siens au début. C’est dommage. Je pense que son passé lui dicte son comportement.
    Son ex, parfois, habite dans le même village qu’elle, facilitant la vie pour leur fille : un jour qu’il était là et que nous sommes passés près de la maison, elle semblait redouter fortement de le croiser, accélérant le pas : elle ne veut plus le voir du tout ; pourtant, ils sont séparés depuis plusieurs années. Je ne veux pas parler des détails du « traumatisme » qu’elle a subi, psychologique et lié à ses origines, mais j’ai l’impression qu’elle en souffre encore, exacerbant ses sentiments, positifs puis négatifs, pour les hommes. Enfin… c’est sa vie. C’est dommage. Elle est plus dure qu’un homme, et vit dans de dures conditions avec peu d’argent, avec un travail très physique, et je me demande si sa fille ne souffre pas elle-aussi à son tour de la vie et des choix de sa mère.
    Bon, je retournerai la voir à ce Salon l’année prochaine… on verra si elle a fait des progrès. Je le lui souhaite. Elle ne comprend pas que, bien que je n’ai plus d’amour pour elle, je puisse avoir toujours de l’amitié et de la tendresse pour elle.
    Je lui ai fait envoyer « Secrets de famille » de Serge Tisseron : il doit servir à allumer son poêle ce soir.
    Lorsque, suite à sa rupture, j’avais essayé de comprendre pourquoi elle me rejetait, j’avais fait (très bêtement, sinon plus) différentes hypothèses : je crains que l’une de celles-ci était la bonne et que cela a ravivé un souvenir enfoui, encore plus lourd que le premier. Enfin, saurai-je jamais…
    C’est un petit bout de femme de 47 kg, avec une volonté d’acier.

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