Archive for novembre 2011

Le Mur

2011/11/30

Le film le plus drôle au monde : « Le Mur« .
Le film où des psychiatres français « réputés » ou haut placés montrent le fond de la connerie qui les habite lorsqu’ils parlent de l’autisme.
Je vous recommande de faire connaître et diffuser ce film où les acteurs font rire sans s’en rendre compte, après avoir fait pleurer les parents des enfants qui subissent leur maltraitance.
La réalisatrice du film s’est pris un procès lorsque ses « acteurs » se sont rendus compte qu’ils étaient plus que ridicules : inefficaces et dangereux. Elle cherche de l’aide pour financer la suite de son film, à partir des 60 heures de rush qu’elle a tournés.

Dans le monde en 2005, 1,5% des papiers parlant de psychothérapie citaient les travaux de Freud. En France, 80% des personnes formées en psychologie et psychothérapie sont formés sur les élucubrations de Freud et/ou Lacan. Où est l’erreur ?! Il faut que ça change.

Quant à moi… que vais-je donc dire à ma psy à notre prochain RV ? Freudienne ou Lacanienne ?

Alia Almahdy

2011/11/28

J’ai vu cette histoire grâce au NouvelObs.

Alia Almahdy, étudiante égyptienne, se met nue sur un Blog pour protester contre le machisme dans son pays.

Apparemment, d’autres qui l’ont soutenue ont reçu des menaces :
Sorry to everyone, I’m not safe.
Some people found out about my true name. I guess Islamic cyber spies. So before I leave more traces, I need to abandon this blog. It’s not only because of myself, they will harm my family in the harshest way too. So please understand that although it was a waming experience for me, I have to stop it now. However, I will always remember that fight for liberty never ceases to bloom, its the ignorance of the winter that shall go.
Best of luck

Je remercie non-Dieu tous les matins d’être né dans un pays laïque.

Les neiges du Kilimandjaro

2011/11/27

Bien ! C’est un bon film. Bien joué. Un peu bisounours quand même… mais pas trop. C’est beau de voir ceux qui ont souffert s’occuper de la famille de celui qui est responsable (en partie) de leur traumatisme et qui va le payer par de la prison. Quelque part, ils essayent de réduire le malheur de ce monde, tout en faisant que la justice fasse son travail, sans trop de colère ni de haine.
Et puis, une réflexion sur ces ouvriers de gauche qui ont aspiré à posséder un peu, un minimum, sans devenir des bourgeois. Et le monde qui change et les jeunes qui n’arrivent pas, comme leurs aînés à leur âge, à supporter de n’avoir pas d’argent. Mais, avant, il était plus facile, pour celui qui avait du courage, de trouver du travail, même si pas bien payé.

Sinon, à un moment, Michel (Darroussin) se demande si eux, les anciens et syndicalistes, sont pour quelque chose dans le malheur (le manque de travail et le chômage) des jeunes, s’ils n’ont pas fait de mauvais choix. Puisque le film se passe à Marseille, il faut quand même savoir qu’à cause des dockers de Marseille et de leurs syndicats, le port de Marseille végète, dominé par d’autres ports européens. Idéalement placé pourtant, le trafic maritime l’évite parce que … c’est le bordel : grèves, prix exorbitants, main-mise d’une poignée de dictateurs sur la vie du port. Si je me souviens bien, un docker de Marseille touche plus de 3000€ net pour bien moins que les 35 heures et, pour un qui travaille, il y en a un qui attend en se reposant, payé bien sûr. Alors, oui, le chômage à Marseille est bien (si le papier que j’avais lu disait la vérité) dû à l’égoïsme de certains.

La beauté

2011/11/27

La beauté ne vient pas de la perfection, car celle-ci n’existe pas.
La beauté vient de celui qui regarde ou écoute.

Dites pourquoi. Vous avez 4 heures ! 😉

The Help

2011/11/20

« The Help », c’est le titre américain de « La couleur des sentiments », que je viens de voir, grâce à une amie qui m’a convié à me joindre à son groupe de 4 filles. Et elle a bien fait ! C’est un super film ! Et Emma Stone, la belle rousse bouclée qui joue le personnage principal, a … 23 ans. Bien sûr, le film se cantonne à des blancs assez riches, et évite de parler des blancs pauvres qui ne supportaient pas d’être plus pauvres que certains noirs. Bien sûr, le film ne parle pas des blancs qui frappaient ou violaient leurs domestiques, sans parler du pire. Mais, malgré tout, la satyre sociale est bien menée, avec des mauvais et bons blancs, voire même un mauvais noir (le mari de Minny, qu’on ne voit pas…). Et cette histoire de gâteau à la merde est à mourir de rire, alors que cette histoire de « toilettes » séparées pour les blancs et les noirs n’est qu’un aspect des idées de l’époque, où les blancs se sentaient « supérieurs ». Encore quelques années, et il y aura plus de noirs, ou jaunes, ou métis, aux USA que de blancs. Un film très bien joué, attachant, avec des personnages bien campés. Même la « mauvaise » Hilly est compréhensible : voulant être importante dans sa communauté, elle refuse toute compromission avec le monde « inférieur » des servantes (« The Help » people).

Sally Mann

2011/11/20

Sally Mann est une photographe américaine célèbre, et toujours vivante. On peut voir quelques unes de ses photos sur son site officiel : Sally Mann.
Elle vit dans un coin paumé, à la campagne, dans une ferme, avec son mari et a eu trois enfants : deux filles et un garçon.
Elle utilise essentiellement (et uniquement maintenant je pense) des techniques anciennes : des « chambres » photographiques immenses et des plaques de verre au collodion humide. La surface des plaques est telle que la résolution des tirages pourrait être incroyablement fine. Mais la technique de fixation de l’image donne une image … unique, souvent un peu « loupée », incomplète, avec des « accidents », mais avec une douceur particulière. Le collodion humide est une technique photographique primitive : on étale un produit sensible sur une plaque de verre, au pinceau, et on ne dispose que de quelques minutes pour prendre la photographie et fixer l’image : il faut donc disposer d’un « laboratoire » ambulant, comme autrefois.
Elle a pris en photos sa vie familiale. Et elle a choqué en prenant en photo ses enfants nus, sans aucune pudeur, simplement dans l’attitude naturelle qu’ils prenaient lors des vacances d’été. D’autre part, ses enfants, surtout ses filles et surtout l’une des deux, ont développé l’art de poser. En plus, vue la technique employée, le « modèle » doit se figer et le nombre de prises de vue est limité : cela entraîne des attitudes « particulières ». Elle a également pris en photo le corps de son mari, malade d’une maladie dégénérative. Elle a également pris des photos choquantes, comme celle du billet précédent. Et puis elle s’est mise à photographier son chien mort, puis ses restes une fois décomposés. Puis elle s’est mise à photographier les corps en décomposition d’un centre américain de police scientifique étudiant les étapes de la décomposition de corps laissés en pleine nature : « What remains ». Son oeuvre est … particulière, mais se vend très bien. Ainsi, la magnifique photo suivante (Emmett, Jessie and Virginia, 1989), que j’adore, a été vendu plus de 20.000$ :

SM

Et celle-ci (Candy Cigarette) a été vendu plus de 60.000 $ :

SM2

SM3

Sur cette photo, Jessica a CINQ ans !

SM4

Ses photos allient différentes qualités : un côté familial unique, des poses magnifiques, des regards directs et francs, des enfants aux beaux visages, un Noir&Blanc doux et subtil, des tirages souvent presqu’à la taille des négatifs, une technique de prise de vue rares et des tirages en nombre limités sur de beau papiers, et … le temps qui a passé, et des sujets qui ont choqué l’Amérique pudibonde : des enfants nus, un corps malade, des cadavres.

C’est C. qui me l’a fait découvrir. Mais, moi, je n’aime pas « What remains ». C. a également trois enfants : deux filles et un garçon également… Elle s’inspire de Sally Mann pour son travail, plutôt en Polaroid et sténopé N&B et diapo. La création consiste toujours à reprendre le travail d’autres, à s’en inspirer pour trouver son propre « monde ».

Mélenn au marais

2011/11/19

Revoici le marais de Seiglières, avec Mélenn.
Les roseaux, au premier plan, semblent blancs parce qu’ils sont couverts de givre. Mélenn était enthousiaste pour faire ces photos. Quel courage elle a !

Vénus sortant du givre !

Mélenn

Est-ce que cette photo vous plaît ou vous choque ?

Si elle vous choque, je vous propose celle-ci en comparaison (de Sally Mann. Je pense que c’est elle qui pose à gauche, avec sans doute l’une de ses filles au milieu) :

Three Graces

Intouchables

2011/11/18

La grâce.

Un très bon film. La salle a applaudi ce soir, et l’amie qui m’accompagnait aussi. Elle était bourrée (la salle ! pas mon amie).
Vraiment, réussir à faire rire avec un tel sujet, c’est pas croyable. Un jeu d’acteur incroyable.

« Intouchables » : c’est le nom qu’on donne en Inde aux rebuts de la société : la plus basse caste, celle qui, par exemple, ramasse les excréments humains dans les rues. Tétraplégique (même riche), ou noir, ce sont deux genre de personnes qui vivent à part de la société « normale », rejetés ou exclus parfois, mis à l’index. Pourtant, des études ont montré que la présence de handicapés dans une entreprise améliore la productivité, donnant sans doute plus d’humain dans les relations de travail.

Il faut savoir apprécier de pouvoir aller au cinéma seul, de pouvoir boire tout seul, etc, sans parler de tous les détails … pénibles et sordides dus à une tétraplégie. Cette souffrance d’avoir perdu une grande partie de ce qui semblait … « évident » a été bien montré, ainsi que le courage qu’il faut pour continuer à vivre et à apprécier la vie, ce qu’il reste de sa vie.

J’ai un collègue en fauteur roulant : il pourrait faire un one-man show de ses blagues.

Nu

2011/11/14

Nu

Journal…

2011/11/14

En rangeant mes chemises repassées dans l’armoire de ma chambre, j’ai repensé à ce cahier que j’avais caché sous la pile du fond. Ce journal où j’avais écrit ce qui se passait pendant la maladie de mon épouse, puis sa mort, et puis après, jusqu’à Noël. Il y a aussi quelques phrases qu’elle avait écrites lorsqu’elle essayait de se souvenir qu’elle était malade (elle avait perdu la mémoire à court terme). Comme elle ne mâchait pas ses mots, elle avait même écrit : « J’ai un K (cancer) du côlon. Je finis la 3ème semaine de chimio. J’ai la tête dans le c… » Je n’ai pas pu relire ce que j’avais écrit, il y a 5 ans déjà. Trop long, des pages et des pages. Et trop dur encore. Un jour, un autre jour, plus tard, j’y reviendrai. Pas maintenant. Les larmes sur le bonheur mort ne sont pas les mêmes que celles du manque de bonheur ou celles du regret des possibles bonheurs : elles n’ont pas le même goût, elles ne font pas mal de la même façon, et elles ne m’émeuvent pas de la même façon. Celles sur le passé mort sont froide, sans espoir, juste un réflexe. Celles sur le manque de futur sont plus profondes, elles me torturent vraiment, par mon désespoir et mon impuissance. Le passé est mort : on n’y peut rien changer et il ne sert à rien de le regretter. Mais le présent pourrait être différent, à deux ; et ça me manque.