Boris Vian

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt et de plaisir l’interview de la femme de Boris Vian : Michelle. J’ai retenu surtout ces remarques sur la famille de Boris : « Cette famille m’a d’abord semblé merveilleuse: on parlait beaucoup à table, très librement, et en faisant constamment des jeux de mots enfantins. Puis je me suis aperçue que c’était une fausse liberté. On ne parlait que de petites choses, jamais de la politique, de la guerre ou de ce qui aurait demandé une opinion. etc » Ensuite, elle dit combien ceci était difficile pour Boris. Et je suppose que son besoin d’air et de vie venait de cet enfermement. Elle dit aussi que, à cette époque-là, comme il n’y avait rien à faire, « tout le monde » écrivait des poèmes, pour s’amuser. C’est vrai que, si Vian avant 18 ans aujourd’hui, il serait en train de jouer en réseau sur son PC tout en téléchargeant une dizaine de feuilletons américains… Finalement, l’ennui, ça a du bon !

Ca fait longtemps que je n’ai pas lu de Vian. Je ne m’en souviens plus guère… à part ce recueil de poèmes : « Cantilènes en gelée », dont l’un, « Mer de chine » je crois me souvenir, est un très mauvais souvenir… J’aurais mieux fait de ne pas acheter ce recueil. Enfin, il y a prescription… Elle a dû oublier. Pour rompre, je le lui avais envoyé. Elle me l’avait renvoyé déchiré en petits morceaux. Hummmm Je n’aime pas être loin de ceux que j’aime. Cinq heures de train, plus une 1/2 heure de mobylette, c’était trop pour moi, à 20 ans. La voir une fois tous les deux ou trois mois, cela m’était insupportable. Toujours mon impatience et la solitude… Alors… de désespoir, j’avais détruit son amour naissant. Toujours le désespoir… Zut ! On peut reculer l’aiguille des montres d’une heure dans le temps, mais pas plus… dommage. Il y a des choses que je ferais autrement… aujourd’hui. Et il y a des imbéciles qui disent que, s’ils pouvaient revenir en arrière, ils ne changeraient rien ! Imbéciles heureux, qui n’ont pas été confrontés à des choix… difficiles. si l’on regarde son passé, il y a plein de petites choses qu’on aurait pu faire autrement, et on serait devenu tout autre. Que serais-je devenu si j’étais resté à Clermont-Fd ? Elle aurait fini par me laisser l’embrasser et lui caresser les seins… probablement. Petits seins de bakélite, cheveux de jai, peau de bronze, yeux en amande, caractère de cochon, corps menu à rendre fou, dents blanches, sourires incroyables, belle à en mourir. Je l’aurais épousée, probablement. Mais, admis à ce concours, je suis allé continuer mes études ailleurs… Ainsi va la vie. La vie d’étudiant (pas beaucoup d’argent, une veste de mauvais cuir, deux ou trois jeans, une mobylette puis une Simca 1000), ça ne permettait pas beaucoup de fantaisies, à cette époque, surtout dans ce trou paumé. Bon sang, ce que ça fait con d’écrire « À cette époque » !

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