Passion simple

Cath avait parlé de ce livre, d’Annie Ernaux, décrivant la passion d’une femme pour un homme. Je viens de le lire, dans la journée. 77 pages. Quelques unes dans le lit ce matin, bien plus au soleil au Jardin de Ville cet après-midi, et le reste dans mon lit ce soir. Je suis un peu déçu. De ne pas savoir comment a commencé cette passion, pourquoi il (A.) lui est devenu si important, c’est-à-dire à quels manques ou désespoir il a répondu, pourquoi elle avait besoin de lui et de cette passion à ce moment-là dans sa vie, quelle fêlure attendait cet homme. Mais, comme elle le dit, elle ne voulait pas expliquer, mais seulement exposer. Car il lui semblait qu’expliquer aurait été reconnaître une erreur ou un désordre dont il aurait fallu qu’elle se justifie. Je suis également un peu déçu par l’absence de description de ce qui était l’essentiel pour elle : les séances de sexe avec lui. Car il n’y avait rien d’autre d’important en lui pour elle, que le sexe.
Une femme a vécu un peu (beaucoup je crois) cela pour moi, l’an passé. Ariane. C’est elle qui venait chez moi. Et elle était folle du plaisir que je savais lui donner, par ma patience et ma tendresse. Elle a beaucoup pleuré, face à ma simple tendresse et à ma simple bienveillance pour elle, qui étaient les prémices de l’amour peut-être ; car je pensais à une autre… qui s’en foutait. Et elle était mariée. Il faudra que je raconte cette histoire. J’en ai déjà peut-être parlé, je ne sais plus… Il faudra peut-être que j’écrive un livre, avec plusieurs chapitres, un par femme. Peut-être. La passion… Il y a quand même des choses qu’elle dit et qui ressemblent à ce que j’ai vu ou moi-même ressenti, plusieurs fois. Oui, je suis peut-être en manque de ressentir la même folie en moi, qui me donnait des ailes, mais m’empêchait de voir la réalité, c’est-à-dire la non-réciprocité souvent ou la difficulté pour elle à accepter ce « trop » de moi.
Nous, les hommes, pouvons « donner » notre corps à une femme, si elle le désire tant. L’inverse est moins courant.

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7 Réponses to “Passion simple”

  1. cath Says:

    Déjà !!! quelle rapidité ! Ce qui m’avait frappé dans ce livre c’est la description des « rouages » de la passion. Comment on arrive à ne plus avoir en tête que l’objet de notre passion, comment on est habité littéralement, en dehors de toute objectivité, et comment la raison a bien du mal à retrouver sa place dans notre vie…

    Mais la passion, c’est aussi ce dont tu parles, cet élan de folie qui nous donne des ailes, qui nous fait sentir qu’on est prêt à tout pour la personne qu’on aime. Ah que tout cela est compliqué !!

    • trex58 Says:

      Rapide ? Oh, ce livre est écrit très simplement : facile à lire. Je n’ai pas vraiment vu de « description des rouages de la passion ». J’ai vu les dégâts chez elle, j’ai vu comment elle était comme une droguée de cette liaison, en attente non pas de le voir, mais de faire l’amour avec lui. Mais je n’ai pas vu une description des causes de cette passion : pourquoi ce besoin si fort de faire l’amour ? pourquoi lui et pas un autre ? comment était sa façon de lui faire l’amour, violente ou tendre ? sortait-elle d’une longue abstinence après avoir subi un homme qui se soulageait en elle sans lui donner de plaisir (et donc sans avoir de tendresse ni d’attention pour elle) ? et était-elle donc avide de se rassasier de ce qu’elle n’avait jamais connu et qui la rendait ivre de plaisir ? ou bien sa solitude se nourrissait-elle des caresses de cet homme ? était-elle tombée dans un vide dans lequel il est tombé par hasard et au « bon » moment ?
      Donc, on ne voit pas les rouages ou les causes de sa passion, mais comment elle est envoûtée, hypnotisée par … par un manque en elle ? Je connais bien cela, pour l’avoir vécu, sans même pouvoir la toucher.

      Oui, cette passion nous pousse, nous porte ! J’ai en partie fait beaucoup de photo en un an pour LUI plaire, enfin pour essayer de lui montrer que je pouvais faire de belles choses, pas comme elle bien sûr c’est impossible, mais autrement. Peine perdue, bien sûr. Mais cela m’avait porté. J’étais prêt à tout pour elle… mais, quand la femme qu’on trouve « lumineuse » vous trouve pénible et lourd, c’est sans espoir… et le désespoir rend fou et fait perdre la raison. J’avais (presque) perdu la raison… Ma raison est revenue, mais je m’ennuie d’être bien raisonnable. Il me manque ce rêve d’un bonheur possible avec cette femme idéalisée.

  2. cath Says:

    Oui, il est vrai que le livre se lit vite.

    Ce que je voulais dire dans « comprendre les rouages » c’est que justement, on comprend qu’on tombe en passion sans savoir pourquoi, que la passion rentre en nous insidieusement, sans passer par la case cerveau… On ne peut qu’en constater les conséquences… Penses-tu être tombé dans la passion pour des raisons précises ? Y en a t’il toujours ?

    C’est ennuyeux d’être bien raisonnable, c’est vrai !

    Alors soyons fous, si cette folie ne nous fait pas trop de mal…

    • trex58 Says:

      Je pense que la passion est la cristallisation d’espoirs et de rêves sur une personne idéalisée qui, pour des raisons physiques inconscientes (phérormones, expression, allures, etc) correspond à « celui/celle qu’on attendait ».
      La passion passe bien sûr par le cerveau… mais pas par la raison : « L’amour a ses raisons que la raison ignore ». La passion est au-delà de l’amour. La passion empêche de réfléchir : c’est une drogue. Et, comme on sait que se raisonner et voir que celui/celle qu’on adore nous privera de ces sensations extraordinaires, de ces bouffées d’hormones qui nous dirigent et sont si bonnes, on étouffe ses pensées raisonnantes. On met sa raison en veilleuse et on se laisse emporter. Bien sûr, parfois, ça finit bien. Mais pas souvent… Un château de rêve construit sur du sable. Celui qui est pris par une passion amoureuse est un drogué.

      Pourquoi suis-je tombé, trois fois, dans la passion ? À cause d’un manque. À cause du besoin viscéral de retrouver le bonheur d’aimer et d’être aimé. À cause de la prise de conscience, après beaucoup d’erreurs et de gaspillage des bonheurs que j’avais à portée de la main, que l’amour est l’essentiel. J’ai aimé deux fois follement une même femme, à presque 30 ans de distance… Elle m’avait aimé, un peu. J’ai aimé follement une femme pour qui je ne suis rien. Et j’ai aimé follement une autre femme qui m’a aimé aussi mais qui ne m’a pas supporté ou n’a pas su attendre que je me réhydrate de tout l’amour dont j’avais manqué. Et, là, je récupère… parce que c’est épuisant, et décourageant, d’aimer et d’échouer. Trop vouloir tue la réciprocité.

      Mais, bon, « It’s better to burn than to fade to grey ». Mieux vaut se brûler que de rester dans la grisaille.
      Soyons fou, si nous ne faisons pas de mal aux autres.

      Vas lire mes quelques poèmes.

    • trex58 Says:

      Oui, si tu veux avoir une idée des états de folie que j’ai pu atteindre, vas lire mes (vieux) poèmes.

      • cath Says:

        J’ai lu tes poèmes, je ne te trouve pas fou mais vivant…

      • trex58 Says:

        Ah ! Merci ! Tu me rassures ! 😉 D’autant plus que c’était il y a maintenant plus de 16 mois, pour le dernier poème. Je n’en ai plus le goût. J’ai remplacé par la photo. C’est plus vivant : on va vers les autres, on peut leur faire plaisir. C’est plus compliqué aussi…

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