T’as pas honte ?!!

Cet aprèm, j’étais aux « 2ème rencontres internationales pluridisciplinaires sur l’éthique et l’éthique appliquée ». Sujet : la honte. J’y étais avec une collègue qui, après son master d’origine en géologie, puis sa reconversion en informatique, est en Master 2 en psychologie (drôle de parcours, hein ! en plus de ses 3 filles). J’y allais surtout pour écouter Monsieur Serge Tisseron, qui vient de sortir un nouveau livre sur les « secrets de famille ». Mais, hélas, il n’était pas là. Et je n’ai pas trouvé son livre à la FNAC… Dommage. Enfin, j’ai quand même écouté 3 conférences.

La première m’a un peu saoulé… probablement à cause du nombre de fois à la minute où les mots Freud et freudien ont été prononcés. Enfin, elle semblait convaincue de ce qu’elle disait… mais j’ai eu une impression certaine d’un « machin » assez théorique et – surtout – très lien à notre culture judéo-chrétienne, et Freud bien sûr. J’ai eu envie de lui demander si elle avait étudié l’influence des différences ethniques, culturelles et religieuses pour avoir une idée de ce qui, dans la honte, est commun à tous les humains et particulier à chaque culture. Mais je lui ai seulement demandé si elle avait une idée des origines de la honte dans l’évolution de notre espèce (le rôle de la honte dans une société humaine primitive) et si nos cousins les grands singes partageaient avec nous, en plus de l’empathie et de la compassion (Franz de Waal), ce sentiment de honte. J’avoue que ma question n’avait rien à voir avec la choucroute qu’elle nous avait servie avant… mais, vue ses réponses (Freud et la Genèse de la Bible, Adam et Eve, la nudité, …), c’était clair qu’elle ne s’était jamais posée la question. Ou, plutôt, comme Freud n’en a jamais parlé, ça n’a jamais dû lui venir à l’idée de se poser la question et de lire autre chose que les bouquins du barbu.

Le deuxième a parlé d’une étude sur l’impact de la guerre chez les enfants, faite en Palestine et en Israël. Il a peu parlé de la honte en fait. Ce qui m’a frappé, c’est l’idée que les Palestiniens, conseillés par les soviétiques, ont travaillé à renverser le rôle de bourreau et de victime. Après la Shoah, les Juifs étaient des victimes. Après que les Israéliens aient combattu les enfants jeteurs de cailloux avec force tanks et mitrailleuses, les palestiniens sont devenus les victimes, et les Israéliens les bourreaux. Sinon, pour la honte, deux choses. 1) Les palestiniens ont donc utilisé les enfants pour la guerre, les garçons bien sûr. Mais, comme ça n’a servi à rien, ces enfants ont grandi sans voir gagner leur camp : ils en ont généré une honte, qui a transformé beaucoup d’entre eux en voyous, ou en martyres (seule façon d’oublier leur honte). 2) Dans les territoires occupés par des extrémistes religieux juifs, l’Etat d’Israël a décidé d’en évacuer certains. Les parents, attendant un geste divin les protégeant, se sont laissés faire, comme des moutons. Et leurs enfants, élevés dans la folie de leur situation d’envahisseurs religieux, en ont conçu de la honte. Finalement, j’aurais bien aimé dire au conférencier que, si la religion des parents est la cause des souffrances mentales de leurs enfants, le mieux serait que tout le monde devienne athée… mais je n’ai pas osé.

Quant aux deux derniers, Alain Ferrant et Albert Ciccone, c’était sublime ! Je suis incapable de résumer leur intervention, tellement c’était riche, précis, et humain. Ils ont, par exemple, parlé de la honte des soignants, lorsqu’ils n’arrivent pas à guérir… Et plein d’autres choses. Faudrait que je trouve le texte de leur conférence… Ils ont parlé du lien avec la pudeur, de la proximité entre culpabilité et honte. Plein de nuances qu’il vaut mieux lire après les avoir entendues.

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4 Réponses to “T’as pas honte ?!!”

  1. Igor Thiriez Says:

    Mais savez-vous que Freud a guéri l’humanité de la honte? Comment? En allant jusqu’à nous décomplexer de tout éventuel désir incestueux dirigé vers nos parents (seulement du sexe opposé, attention).

    • trex58 Says:

      Freud a « élaboré » ses théories il y a 100 ans, à partir de son expérience, de son intelligence et imagination fécondes, mais – hélas – avec bien peu de preuves. De plus, à son époque, dans un monde judéo-chrétien coincé, il a seulement travaillé sur un type particulier de société humaine. Pour moi, Freud a bousculé le monde de la psychanalyse, mais il faut savoir le digérer, et l’oublier, afin de faire renaître cette science à partir de toutes les connaissances accumulées depuis. Freud est mort. Comme Dieu. Passons à l’étape suivante.

    • trex58 Says:

      Bon. J’ai été un peu abrupte… désolé. Mais cette conférencière qui avait les mot Freud et freudien toutes les minutes dans la bouche, ça m’a exaspéré. Freud, c’est comme Newton pour la physique : révolutionnaire à l’époque ; mais, depuis, il y a eu plein d’autres, dont Poincarré, Einstein, et bien d’autres, et ce n’est pas fini. D’autant plus que la psychologie, ce n’est pas, comme la physique, basé sur des expériences reproductibles : c’est changeant, en fonction de la culture et de la personne.
      Bref, Freud a lancé une formidable machine. Mais il faudrait qu’on arrête de le citer ! Surtout qu’il avait été mal traduit… Et ceux qui citent Freud à tort et à travers n’ont pas forcément la capacité de le resituer par rapport à tout ce que nous avons appris depuis.

  2. Igor Thiriez Says:

    Aucun problème… Mon intervention n’était pas sérieuse.

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