Suicide des enfants

Ce matin sur France Inter, très tôt (8h15), Boris Cyrulnic a parlé de son dernier livre, consacré au suicide des enfants (avant 13 ans) : 50 à 100 cas par an. D’après son étude, ce geste (plus une façon de « résoudre » un problème qu’un suicide, à cause de la vision différente de la mort qu’ont les enfants par rapport aux ados et aux adultes) ne peut arriver que lorsque l’enfant a manqué de soins au tout début de sa vie, souvent parce que la mère (à la fin de la grossesse) puis la mère et le père (après la naissance) ont souffert de stress et n’ont pas pu avoir un comportement « normal ». Les études neurologiques ont montré un sous-développement d’une partie du cerveau, réversible heureusement grâce à des doses de tendresse. Pour lui, la solution implique de permettre aux deux parents de consacrer du temps à l’enfant, juste avant puis après la naissance, pour qu’il reçoive les marques d’attention et de tendresse qui lui sont indispensables pour se développer correctement. Sans amour, nous ne sommes rien…

Publicités

6 Réponses to “Suicide des enfants”

  1. Encolie26 Says:

    Vivre avec ce gouffre en soi, ce trou noir que rien ne remplit jamais assez, énerver ses proches quand on demande des câlins devenu adulte, s’inquiéter des absences, des départs, se sentir comme un animal en danger quand une perte se profile…
    Merci maman de ce merveilleux cadeau que tu nous as fait .
    Ne pas avoir l’instinct d’aimer, on voit aussi cela chez les animaux. En général, ils tuent leur petits ou ceux-ci meurent très jeunes.

    Vivre en étant mort dedans…. un jour , on se met juste en adéquation, c’est tout.
    Je sais qu’ils ont des excuses, (Cyrulnic a une grande dose de compassion disponible)… de là à leur pardonner…
    Je n’ai jamais réussi à finir « les vilains petits canards » du même auteur. Je devrais peut-être ré-essayer aujourd’hui.
    Excuse-moi, le sujet est trop sensible. Juste ta dernière phrase me met à genoux.

  2. trex58 Says:

    Si nos parents ont mal fait, comme nous-aussi avons mal fait, ce n’est pas qu’ils ont des excuses, c’est parce qu’eux comme nous y avons été poussés par ce que nous avons mal vécu. Eux comme nous avons été des pantins de forces dont nous n’avions pas conscience. Il manque à notre société ces hommes/femmes au regard perçant et à l’âme bienveillante capables de voir le mal à l’oeuvre et de le dire et d’agir : anticiper/prévenir plutôt que guérir. Notre société préfère distribuer des médicaments du cerveau plutôt qu’aider les gens à être mieux dans leur peau et à le rester.
    En ce moment, je lis « Bouddha, mode d’emploi », écrit par un américain, et j’y trouve certaines des idées qui me trottent dans la tête.
    Boris Cyrulnic n’est qu’un exemple de livres intéressants à lire. Comme Françoise Dolto qui avait trop insisté pour « la cause des enfants », on se rendra compte plus tard peut-être que Cyrulnic a dit des bêtises. En attendant, il le faut le lire comme catalyseur de ses propres pensées.

    « Sans amour, on n’est rien… ». Alors, si on n’en reçoit pas assez, on peut essayer d’en donner ?! C’est un peu ce que j’ai fait aujourd’hui : j’ai eu la patience d’attendre cette amie, marchant lentement le matin parce que … pas du matin, pour le plaisir de leur donner le plaisir de découvrir ces paysages de montagne que j’aime.

    Il y a parfois des parents qui ne savent pas bien aimer, parce qu’eux-aussi ont été mal aimés par exemple, ou parce qu’ils sont en dépression (comme ma mère l’a été à la mort de mon père). Il faut alors savoir prendre l’amour ailleurs (comme je l’ai fait avec la mère de mes amis d’enfance). Et, instinctivement, on crée d’autres liens… Il y a des douleurs en soi qui remontent très loin, à la racine de notre être (comme ces larmes qui montent en moi parfois) : il est difficile de calmer ces douleurs, mais c’est possible : comprendre, accepter, pardonner, passer à autre chose. Mais, quand on n’a pas ce qu’on voudrait, on souffre de ce qu’on n’a pas eu. Le manque de bonheur présent fait ressortir le manque de bonheur passé. Pour calmer ces pensées, peut-être faut-il renouer avec son corps, revenir à des choses simples : prendre plaisir avec son corps (marcher, poterie, jardin, etc).

  3. cath Says:

    J’ai écouté la même émission, ils disaient aussi que Boris Cyrulnic est controversé et que les autres pédopsychiatres lui reprochent de culpabiliser les parents…

    J’aimais beaucoup l’approche de Dolto, parler à l’enfant et lui dire les choses mêmes difficiles, et surtout, surtout avoir confiance en lui, en sa capacité à être un adulte heureux même sans satisfaire ses parents.

    Certains enfants ont un bagage tellement douloureux, comment peuvent-ils s’en sortir sans l’aide de professionnels ? Et puis il y a nos douleurs, pas forcément atroces à dire, mais tellement diffciles à vivre. Ce sentiment terrible de ne pas avoir été aimé… ce manque d’amour, tu as raison, est un terrible handicap.

    Je crois en la capacité de l’homme à trouver sa voie vers le bonheur, malgré son bagage de souffrance. Il y a des gens qui donnent de l’amour… bien sûr, cela ne vient pas remplacer l’amour des parents qui a manqué. La vie est blanche et noire, mais jamais grise. On vit avec nos hauts et nos bas qui se cotoient en parallèle et on fait bien comme on peut avec tout ça !!

  4. trex58 Says:

    La résilience nous dit que l’important c’est d’avoir été aimé dans son enfance pour faire face aux épreuves. Mais ce n’est pas obligé d’avoir été aimé par ses parents. Quand, enfant, on ne trouve pas chez ses parents (et surtout sa mère) les attentions et la tendresse dont on a besoin, on arrive parfois à la trouver chez une tante, une voisine, une amie de la famille, voire une nourrice. D’ailleurs, dans le passé en France et dans certaines sociétés, les parents n’élevaient pas leurs enfants.
    Ces enfants au bagage si lourd, s’ils ont été aimés, ils peuvent s’en sortir, seuls. Mais, bien sûr, un peu d’aide peut accélérer le retour à un équilibre.

    Dolto, Cyrulnic, Naouri, et bien d’autres… Chacun a dit des bêtises. Entre Dolto et Cyrulnic, je pencherais plutôt pour le second. Mais, bon, j’ai lu si peu de chacun d’eux… Dolto me semblait trop idéaliste, trop confiante en la capacité de l’enfant de « bien » grandir, négligeant les faiblesses des enfants et leur facilité à tomber dans les pièges que leur tend notre société et leurs instincts, surtout à l’adolescence. Et puis, c’est fonction des cultures. En Asie, certains enfants comprennent très tôt ce qu’est la mort : ils la voient parmi leurs proches, et leur religion en parle souvent franchement. Alors que, chez nous, on la cache.

  5. jobougon Says:

    Ne se sentent coupables que ceux qui laissent entrer ce sentiment. Et puis chaque auteur, chercheur, enseignant, n’est jamais que voyant à travers son propre prisme, en fonction de sa propre histoire. A prendre ou à laisser. Nous-mêmes, ne faisons nous pas la part des choses de ce qui nous va ou pas ?
    A partir du moment où quelqu’un commence à poser ses idées comme de référence, il y aura toujours polémique saine. Bien heureusement d’ailleurs.

    • trex58 Says:

      Chacun voit le monde au travers de sa propre expérience : il n’y a pas de vérité commune connaissable par tous ceux qui regardent la même chose ; que des points-de-vue différents. Mais, à partir de ces points-de-vue différents, on peut en faire sa synthèse et construire son propre point-de-vue. À condition que ces idées soient compatibles… C’est comme faire discuter un mec de gauche avec un mec de droite : ça ne sert à rien. Comme de confronter deux croyants en des croyances différentes. Pour accepter de voir par les yeux de l’autre, il faut savoir accepter l’idée que ses propres idées ne sont pas parfaites, voire fausses… Bref, il faut savoir se construire sa vision du monde tout en se disant qu’elle n’est pas parfaite, qu’elle est temporaire, et même qu’elle peut être remise en cause. Difficile si on ne sait qu’empiler les idées (reçues) dans sa tête sans les mâcher soi-même à l’aune de son propre vécu. Reste que, justement, il faut avoir un peu vécu (et souffert) pour pouvoir bien mâcher. Et ce monde, avec télé et moult conneries, nous abrutit…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :