Couché sur l’herbe

Cet après-midi, après 4 heures de marche dans le Vercors et avant la dernière heure pour redescendre, je me suis offert une heure couché dans l’herbe, à l’ombre d’un tilleul, parmi les chalets du Sornin. Une heure à laisser vagabonder mes pensées, très calmes, presque vides, vidées par la fatigue. Une heure à regarder remonter les nuages du sud, annonciateurs de la pluie qui est arrivée maintenant. Et une heure aussi à regarder tourner les hirondelles là-haut, bien au-dessus de moi : ces demoiselles dansent encore un peu avant de se préparer à repartir en Afrique.
Le troupeau de brebis (et quelques chèvres) m’a rejoint. Je les avais laissées en haut, gardées par les deux patous, frère et soeur, à l’aboiement grave et puissant, et à la mâchoire impressionnante. Là, elles ont envahi les herbages autour des chalets, me délogeant. Le sac sur le dos, je les observe, qui m’observent. Certaines viennent assez près de moi, avant de fuir. D’autres fond des bonds étranges. Blanches, sales, noires, claudicantes, jeunes ou moins jeunes. Leurs yeux sont étranges.
Engins – Les Merciers – Pas de Bellecombe – Pas de l’Ours – Croix de Charande – La Molière – Plénouze – près du Gouffre Berger – La bergerie du Sornin – le minuscule hameau du Sornin – et retour. 7 heures dehors, au-dessus de Grenoble. De Plénouze, j’ai vu à la fois le Mont Mézenc et le Mont-Blanc. Enfin, en tournant la tête à 140° environ !
Au retour, Madame ma balance (qui déconne parfois) m’a honoré d’un 65,5, montrant surtout ma déshydratation.
Belle journée !

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26 Réponses to “Couché sur l’herbe”

  1. marlaguette Says:

    Tu donnes envie là !

  2. trex58 Says:

    C’est comme ça la vie à Grenoble : 4-5 mois d’hiver, mais on se rattrape le reste du temps ! Je t’invite à venir découvrir mes « jardins » ! Je fais presque toujours les mêmes balades (les yeux fermés) : elles sont à chaque fois différentes, et si proches de chez moi.
    Sinon, si le temps le permet chez toi, essaye : tu t’épuises dans une bonne marche, et puis tu te vautres dans l’herbe grasse, à l’ombre. Effet réparateur garanti !

  3. cath Says:

    Je connais bien l’endroit et ça me fait très envie aussi !

    Profiter, juste profiter, tu as bien raison, on a souvent du mal à s’arrêter un peu…

    Tu repars aujourd’hui ?

    • trex58 Says:

      Tu connais l’endroit ? Grenoble ? Le Vercors ? La Molière ?
      Peu de gens connaissent et font un tel tour. Un peu long… mais magique : à l’ouest on frôle des pistes de ski, à l’est on est au-dessus de Grenoble, et au milieu on se croirait au bout du monde perdu dans l’enchevêtrement sauvage des lappiers. En cet endroit, on ignore totalement qu’on est près d’une grande ville : une fois (il restait des congères) j’ai été surpris par la pluie, et une angoisse m’a prit dans ce lieu, seul. Il y a un endroit, près du Gouffre Berger, où les pluies ont cisaillé la pierre de calcaire : des failles de 20-40cm de large et de 2 à 3 mètres de profondeur s’étirent sur plusieurs mètres ; toute chute y est fatale, car des « ciseaux » de pierre dépassent. L’enfer.
      Mais, plus loin, il y a la douceur de ces chalets. Il y a une grande fontaine, creusée d’une pièce en 1851 dans une grande pierre, de vieux arbres, un chat qui loge là l’été, et une sorte de pelouse sauvage où il est bon s’allonger, et la vue sur Grenoble et le Moucherotte. Le paradis.
      Profiter. Oublier ses désirs non satisfaits, oublier ce qui nous manque. Et être bien dans l’instant, sans prothèse ni distraction numérique. C’était bon.
      Non, je ne suis pas reparti aujourd’hui : d’abord il pleut, ensuite mon fils est là aujourd’hui alors je « profite » de lui. Mais j’y retournerai. Il faudra qu’un jour j’aille faire le tour du Sornin en raquettes. Un jour…

  4. Encolie26 Says:

    Je m’attendais à plus de poésie mais tu saisis la beauté de l’instant . C’est positif.
    Ici en Belgique j’essaie de capter la beauté de chaque lever du jour. D’écharpes de brume enlaçant le pied des arbres à la lumière poudrée des aubes. L’automne est un enchantement visuel.
    Bon , je ne suis pas dans un coin à chèvres, c’est un animal que je trouve intéressant parce que son caractère est indépendant, rebelle… je m’y retrouve !

    • trex58 Says:

      La poésie, avec des rimes et un nombre de « pieds »… je ne m’y essaye plus guère, car je suis finalement assez mauvais à ce jeu et il me faut trop d’énergie et de concentration. En ce moment, je papillonne… je n’arrive pas à me fixer, à être tranquille, à m’éloigner d’Internet, dont je suis accro. Et j’ai ces putains d’acouphènes qui, sans me ruiner mes nuits de sommeil, me font toujours en musique de fond comme une cigale qui jamais n’a peur qu’on l’approche et s’arrête de nous défoncer les oreilles de son bruit insupportable (je n’aime pas le bruit des cigales !). Là, je suis dans un état second, comme ivre.

      L’automne… l’automne annonce l’hiver, les jours courts, le froid, la pluie, la neige… Je n’aime pas l’hiver. Je n’aime pas les jours courts. J’aime la lumière et la douceur. Je vais profiter de l’automne… Mais la neige va bientôt arriver et mes balades vont devoir attendre le printemps prochain. Dommage.

  5. cath Says:

    Je connais le Vercors, mais pas du côté de Grenoble, je ne sais pas si tu connais Font-d’Urle, les plateaux d’Ambel ?

    Tu emploies souvent le verbe profiter… c’est essentiel de profiter de ce qui est là, tout près…

    Allez, j’espère que tu as bien profité !

  6. trex58 Says:

    Non, je ne connais pas ce coin du Vercors, qui est à l’opposé de Grenoble. J’ai dû y passer une fois, il y a longtemps. Il me faudra découvrir un peu plus ce Vercors !

    Oui, profiter, profiter du moment présent. J’essaye, j’essaye. Ce n’est pas si évident.

    Ce WE, j’ai profité de la présence de mon fils, que je ne revois que dans 3 semaines. Nous n’avons pas fait grand chose ensemble, mais c’était bien : faire les courses, préparer deux repas, traîner en ville (FNAC, La Momie), regarder le match de Rugby, s’avachir mollement devant la télé et s’endormir, et voir l’expo de mon club-photo. Pas mal finalement ! Mais, toujours, ce qui est dur, c’est de se retrouver seul ensuite. Enfin, il me reste mes amis du Oueb ! 😉

  7. Cath Says:

    Oui, le Vercors est plein de surprises !

    Pour ma part, il faudra que j’aille à la rencontre du versant grenoblois.

    Des occupations d’hommes !! 😉

    Est-ce que les amis du Oueb sont vraiment des amis ? (enfin je parle des amis qui sont encore dans la virtualité bien sur).

    C’est juste une question comme ça…

  8. trex58 Says:

    Des « occupations d’hommes » ?? Hummm C’est vrai qu’on voit plus d’homme marcher en montagne que de femmes. Quoique… L’avantage de la marche en montagne, pour les femmes, c’est que cela ne demande pas une musculature extraordinaire : ça demande de l’endurance et de la patience. Nombre d’hommes préfèrent des sports plus … fun, genre VTT de descente.

    Les « amis du Oueb » ne sont pas comme les vrais amis, ceux qu’on voit et touche parfois, avec qui on partage des moments réels, bien sûr. Et, bien sûr, ils ne montrent d’eux qu’une part d’eux-même. Et les voir en vrai risquerait de briser une image qu’on s’est construite d’eux. Mais, malgré tout, si des personnes continuent à venir, depuis des mois voire plus, lire les billets d’un Blog, c’est qu’il y a une affinité, un intérêt. Quelque chose qui nous lie. Quelque chose, c’est mieux qu’un rien. Et ces « amis » essayent de parler vrai, tout en respectant les faiblesses et douleurs de celui/celle qu’ils lisent, me semble-t-il. Parfois, ils encouragent, d’autres fois ils grondent. Ils ne sont pas indifférents, comme pourrait l’être le visiteur de passage. À force de lire les billets d’un blog, ils connaissent assez bien l’auteur, dont ils apprécient … quelque chose qui les touche. Oui, c’est virtuel, et rien ne remplace l’ami(e) à qui on peut serrer la main ou qu’on peut embrasser ; mais c’est très humain, et nouveau comme relation humaine.

  9. marlaguette Says:

    Et porteur !!! Cette relation virtuelle, je la trouve tout aussi sincère que d’autres plus « concrètes »… mais sans doute cela va-t-il avec mon fonctionnement interne… une manière d’exister chez « l’autre » différemment.

    • trex58 Says:

      Oui. Je trouve aussi qu’il y a une grande sincérité. En tout cas, c’est ce que j’essaye de faire.

  10. cath Says:

    Je ne parlais pas de la marche comme occupation d’homme !!! Bien sur la marche est aussi appréciée par les femmes !

    Je voulais parler de ce que tu as partagé avec ton fils, match de rugby, etc…. !

    Bien que ne voulant pas rentrer dans les cases homme/femme, ça me fait rire de me dire aujourd’hui, c’est journée fille ou de parler d’activité d’hommes !!!

    Quant à l’amitié virtuelle, je trouve que la relation n’est pas suffisamment équilibrée pour parler d’amitié. En effet, la personne qui a un blog se livre beaucoup plus. Rien ne vaut un verre, un café partagé, même sans rien dire… Alors que ne rien dire sur un blog !!! ;-). Mais on y fait de belles rencontres !!

  11. trex58 Says:

    Ah bon !! Oui, certes, les femmes aiment aussi marcher en montagne. Mais pas forcément comme les hommes le font : seuls souvent, et avec un effort physique important, voire même (mais pas moi) en prenant quelques risques.

    Ah ! Le match de rugby ! J’avoue que, seul, je ne serais pas resté tout le match… Mais, avec lui, c’était bien !

    Entre le blogueur et les lecteurs et commentateurs, c’est sûr qu’il y a souvent une grande différence : les commentaires sont parfois très courts (ce qui n’est pas forcément mon cas). Et, avec des mots, on ne livre qu’une partie de soi ; même, on peut ne montrer parfois qu’une partie inventée ou tronquée de soi. Mais, en buvant un verre ensemble, on reste parfois sur sa faim pour connaître l’autre : il y a des taiseux et des calmes qui ne révèlent pas grand chose d’eux. Enfin, il y a plein de cas différents possibles !

  12. cath Says:

    Oui, plein de cas possibles, et c’est ce qui est intéressant !
    Je suis un peu gênée de ce mode de communication des blogs, gênée dans le sens où je suis un peu en mode « voyeur », tu vois ? En même temps j’en apprécie la liberté, et je suis étonnée de la richesse de ces échanges.

    La montagne seule, je n’ai jamais essayé, peut être qu’en effet la marche solo est plus masculine… va savoir !

    • trex58 Says:

      Je dis beaucoup de choses de ma vie, sans filtrer. Alors que Marla parle par métaphores, images, ne permettant pas – en général – de comprendre précisément ce qui lui arrive dans sa vie. D’autres blogueurs ne parlent que de choses qui concernent pas leur vie privée. D’autres encore font presque comme moi. Tout est possible. Si j’écris dans ce Blog, c’est que cela me fait du bien. Et, en bonus, il y a des gens sympas qui viennent discuter avec moi ! Des femmes surtout. J’ai l’impression que les hommes n’aiment pas se livrer comme je le fais.
      Mais, bon, cela participe de ma psychothérapie. Même si certaines lectrices sont très critiques sur ce que je dis: trop. M’en fous.

      La « marche solo » : cela permet d’aller à son rythme. Cela permet aussi de décider tout seul du lieu et du moment de la balade. Se coordonner sur le jour, l’heure, et le lieu, ce n’est pas évident… même si j’essaye d’inviter des amis parfois. Ainsi, je fais découvrir à un couple d’amis qui ont mon âge (à eux deux !) les balades autour de Grenoble. Car, si on n’est pas initié, il faut beaucoup de temps pour savoir se débrouiller et faire de longues et belles balades sans se mettre en danger. Mais j’aime bien faire des balades à plusieurs aussi ! Là, simplement, j’utilise les balades pour maigrir et me remuscler. Et, également, la marche en montagne permet de calmer son esprit, comme une « retraite ».

  13. marlaguette Says:

    Ma vie est un roman décousu… peut-être pas exposable aussi facilement… Un besoin de me livrer avec une retenue sans doute en lien avec une certaine pudeur…

    • trex58 Says:

      Chacun fait comme il le sent.
      Mais la pudeur a un lien avec la honte. Et la honte est un mécanisme social et religieux. Et la pudeur varie grandement selon les époques et les lieux, et l’âge. La honte est un mécanisme qui pousse l’individu à éviter de faire des choses contraires à la morale admise par la société dans laquelle il vit. Ainsi, la pudeur de notre époque nous pousse à ne pas montrer aux autres nos parties génitales, même en famille ; alors que, pour d’autres époques en France, ou pour d’autres sociétés, ça n’a aucune importance. Et ça aboutit à de vraies conneries, comme la pudeur de ne pas montrer ses poils, comme au Japon. Ainsi, ne boutonnant pas les deux derniers boutons de mes chemises, et mes poils poivre et sel de mon torse sortant de la sus-dite chemise, mon fils ne supporte pas la vue de cet étalage de poils et me reboutonne l’avant-dernier bouton…
      S’exposer avec retenue, c’est aussi éviter que certaines personnes (voisins, collègues, ou personnes mal intentionnées) en apprennent un peu trop sur sa vie privée, et donc qu’on souffrirait de savoir que les autres savent. Savent quoi, au juste ? Tout est déjà arrivé des milliers de fois à d’autres hommes et femmes. Rien de nouveau. Juste des assemblages différents d’événements fort communs. Mais, quand il s’agit de sa propre vie, c’est différent.
      Peut-être que pour moi, qui ai déjà étalé ma vie en long et en large à une dame, Anne-Marie, qui m’écoute sagement dans son cabinet, cela a libéré ma parole… mais, de tous temps, je n’ai pas caché grand chose de moi… sincère, naïf, sans masque. Et, donc, si je me livre, ce n’est pas pour le plaisir de nourrir d’affreux voyeurs, ni pour le besoin d’avoir des lecteurs et des commentaires. Non, j’ai besoin de dire certaines choses, crûment.
      Chacun fait comme il peut.

      Un « roman décousu » ? Il faut en faire un livre ! 😉
      Sans rire, dire sa vie, dire les moments difficiles, dire ses souffrances, cela permet de mieux les voir, de mieux les digérer. Enfin, il me semble. Et les dire à son carnet intime et secret, c’est bien différent de les dire à quelqu’un.
      Fais comme il te plaît !

  14. marlaguette Says:

    Peut être simplement pas envie de ressasser certains épisodes… Ce qui a été vécu, appartient au passé, et heureusement, mes amis du passé étaient là pour écouter, me soutenir, veiller sur moi sans jugement et pleins d’empathie…Je ne peux que les remercier… J’espère vivre la « queue de comète », et arriver à un « Happy end » !
    Le lien entre pudeur et honte…oui il y a un lien, mais la pudeur me semble plus en nuances…une manière peut être de lutter certainement contre un héritage culturel trempé de honte, qui ne m’appartient pas. Et cette pudeur, je la vis, je la respecte, je la transforme si je suis à l’aise avec mon interlocuteur…et ça c’est un vrai bonheur que de la partager doucement, lentement, tout en respect, jusqu’à son effacement…. j’aime bien…Une manière de donner sa confiance à l’autre….

    • trex58 Says:

      Oui, tu as raison : il y a un moment où, après en avoir longuement parlé, après l’avoir décortiqué de mille façons, on arrête (naturellement) de parler de certaines choses, car on a « épuisé » le sujet ou – plutôt – on est en paix avec.

      La pudeur vient de notre enfance. Si nos parent ont trop lourdement insisté sur certaines choses (comme, pour les filles, de faire très attention à ne pas montrer sa culotte sous la jupe), certaines choses deviennent très importantes, voire une obsession (comme l’épilation !).

      Oui, la pudeur est plus complexe que la honte.
      Ce que tu dis sur cette pudeur qui – doucement – s’évapore lorsque la confiance en l’autre grandit, c’est très vrai. Mais peut-être plus pour une femme que pour un homme. Les femmes sont peut-être plus enclines, par la nature cachée de leur sexe, à ne pas parler de tout ce qui les concernent. Alors que les hommes, par leur dynamisme physique et leur sexe qui se montre si facilement, ont moins de pudeur. Je ne sais pas… c’est compliqué !
      Ce que tu dis, c’est aussi la confiance qui se crée entre deux personnes et qui font se lever les masques, pour que chacun puisse montrer ce qu’il est vraiment, rassuré par l’amitié de l’autre. Entre amis, on n’a plus peur d’être blessé par l’autre. Et si l’ami parle de nos défauts, c’est seulement pour aider, ou compatir avec tendresse.
      Perdre de la pudeur avec l’autre, c’est retrouver un état de confiance, comme avec sa mère ; peut-être.

  15. marlaguette Says:

    Durant ces 3 dernières années… ce sont justement mes collègues de boulot qui m’ont soutenu… Ils m’ont accompagnée dans mes peines… et j’ai pu continuer de vivre ce que je devais vivre, et continuer de travailler consciencieusement, et rire un peu, ne pas m’étioler et c’est un peu grâce à eux que je peux sourire de ces moments si compliqués… Ils ont contribué à une sorte de survie de Marlaguette… Je crois que tu me cernes mal… Mais probablement à cause de mes mots muets…

    • trex58 Says:

      Tu as eu bien de la chance d’avoir été ainsi soutenue et aidée dans ta peine. Je n’ai pas eu cette chance… ou, plutôt, j’étais un sauvage avant et puis ma peine fut trop forte et faisait fuir. Un seul collègue, une fois pendant que j’étais au fond, m’a invité à une soirée avec ses amis et d’autres collègues. Mais il y a peut-être une plus grande solidarité entre femmes ? Ou une plus grande pudeur chez les hommes ?

      Oui, je te cerne mal. Je n’ai pas lu tous les billets de ton Blog précédent, et cela me manque peut-être pour te comprendre comme tu penses que je pourrais te comprendre en ayant tout lu. Je ne sais pas ce que tu as subi ; je veux dire que tu ne l’as jamais dit clairement je pense. Je devine une séparation, un divorce, un partage des enfants, un adolescent qui en souffre, la nécessité d’adapter son appartement à des moyens réduits, etc ; mais je n’ai aucune certitude. Et je suis très mauvais pour les devinettes ! trop habitué, avec les sciences, à m’être donné le contexte de ce que j’explore.

      Notre capacité à rebondir suite à une catastrophe dépend des liens affectifs que nous avons su établir avant, et de notre capacité à en créer d’autres, malgré notre douleur. La résilience.

  16. cath Says:

    Je ne suis pas d’accord, la pudeur, ce n’est pas la honte… La pudeur, c’est le respect de l’autre, c’est y aller sur la pointe des pieds, faire preuve d’empathie par rapport à ce que les autres peuvent entendre et voir.

    Pour la pudeur physique, il y a énormément de poids culturel et sans doute familial aussi.

    On n’est pas forcément honteux des choses qu’on n’ose pas montrer. Lorsqu’on devient honteux, on change de registre, on arrive dans une notion de bien, de mal, de faute, de peur du jugement.

  17. trex58 Says:

    J’ai trouvé le texte suivant qui parle (très bien je trouve) de la pudeur et de la honte. Je n’ai pas dit que la pudeur et la honte c’est la même chose. J’ai dit qu’il y a un lien entre elles. Comme le dit l’auteure ci-dessous, la honte vient si notre pudeur a été violée. Mais, comme tu le dis aussi, la pudeur, ce n’est pas que se protéger, c’est aussi protéger les autres, ou – plutôt – ne pas se dévoiler entièrement, garder des secrets à dévoiler doucement à l’ami. Avoir de la pudeur pour les autres, c’est garder un jardin secret qu’on peut partager avec l’ami(e) ou son amoureux(se).
    Mais, derrière tout ça, il y a la vie en société, et toute la complexité qui en est née. Et les règles religieuses, familiales, etc. Se libérer, c’est aussi avoir moins de pudeur, avoir moins de choses à cacher, être plus libre de parler.

    Il y a aussi la pudeur « mal placée », comme ces femmes qui n’osent pas sortir si elle n’ont pas les aisselles épilées, qui en ont honte. Ou bien cette folie aux USA qui interdit de montrer les pointes des seins. Ou la pudeur/gène des femmes de parler de leurs règles, ou la pudeur/gène de certains hommes d’avoir une érection (visible) en public. Ou plein de choses encore… C’est un sujet riche et complexe ! qui touche à notre moi profond.

    Oui, comme tu le dis (et comme je ne l’avais pas bien vu au début), la pudeur est certes liée à la honte, mais pas que cela. On peut ne pas parler de ses soucis ou de ses centres d’intérêt par pudeur, par crainte d’ennuyer l’autre.

    Il y a des mots, comme ces deux-là, que les enfants devraient approfondir à l’école…

    Pudeur ou honte ?

    Pudique, l’être humain se cache. D’abord physiquement, en voilant son corps ou des parties de son corps, en dissimulant ses défauts, en érigeant des distances entre lui et l’autre: ce faisant, il protège son corps qu’il sent vulnérable, il se protège lui-même des atteintes extérieures, il protège l’autre d’une possible gêne.
    Mais la pudeur n’est pas seulement dissimulation de ce qu’on voit. Elle est aussi mise en retrait de nos sentiments: nous l’utilisons pour garder notre jardin secret, cacher nos faiblesses ou nos victoires. «Tact de l’âme» selon Joseph Joubert1, elle exagère nos sentiments excessifs, nous permettant de vivre «dans le monde», selon les usages de nos sociétés.

    Pudeur et honte ont certes des manifestations physiques semblables. Mais on ne peut réduire le voile des sentiments qu’est la pudeur à la honte ou à la crainte, sans pour autant pouvoir les dissocier.

    L’échec de la pudeur, voilà ce qu’est la honte: elle naît de la pudeur même, voire d’un excès de pudeur. Elle se manifeste lorsque la pudeur a été outragée, lorsque le rempart que cette pudeur devait ériger devant notre peine, notre souffrance, notre joie, nos secrets a été battu en brèche, lorsqu’un événement a percé ce mur et touché au plus profond ce que nous préservions précieusement.

    Voisines, cousines, la pudeur et la honte sont pourtant deux sentiments totalement différents dans leur nature, dans leur ressenti, dans leurs conséquences même. Alors que la honte nous affecte, nous fait souffrir, nous rend vulnérables et pathétiques aux yeux de l’autre, la pudeur, elle, est une façon d’être, une façon de se présenter au monde, intime et personnelle, totalement intégrée et inconsciente, qui peut aussi nous faire paraître gracieux et attirant. A la différence de la honte, la pudeur ne paralyse pas, elle mesure, elle freine, elle retient, elle attire.

    La pudeur n’est pas crainte, elle n’est pas honte, elle n’est pas décence, elle est à mi-chemin. Notre pudeur nous est toute personnelle, elle fait partie de nos traits de caractère, de notre éducation, elle respecte notre propre code intime ainsi que le «code» de notre société. Elle reflète notre rapport à nous-même, à notre intimité, elle nous est spécifique. Elle nous protège, sans nous culpabiliser, elle est égard vis-à-vis de nous-mêmes et vis-à-vis de l’autre. Sans la pudeur, pas de société humaine !

    Géraldine Meftah

  18. Encolie26 Says:

    Quel beau sujet que cette différence entre Honte et pudeur. J’aime beaucoup la pudeur comme sentiment humain. Pour moi la honte est un échec relationnel, souvent le fruit malsain d’une éducation, souvent manipulée par les religions ( tu vois je te suis là dessus).
    La honte coupe l’individu du groupe, infériorise.
    La pudeur, je l’ai découverte en Afrique. On peut être complètement nu et très pudique. On peut être très habillée et impudique dans son comportement. Il me semble en effet que la pudeur est différente entre homme et femme à cause du sexe visible ou non, mais il y a aussi beaucoup de similitudes. Je l’ai bien expérimenté au moment de caresser quelqu’un. On rentre dans les 50cm fatidiques, on « touche » la pudeur de l’autre. Cela s’apprivoise. On sent bien que lorsque la confiance existe, on relâche sa vigilance de pudeur, on accepte de lever le voile. Je parle de physique mais aussi des sentiments, des valeurs profondes d’un individu. En cela lire ton blog est une forme d’impudeur, alors j’y vais doucement, pour avoir le temps de développer la confiance avant de lire. Personnellement, je trouve que c’est à ceux qui te lisent d’exercer de la pudeur, c’est-à-dire en te respectant. On peut ne pas être d’accord, avoir un coup de colère ou de compassion mais une certaine distance existe pour que l’on ne t’abîme pas. C’est peut-être pour cela que l’on trouve plus de commentaires de femmes que d’hommes sur ton blog.
    Autre aspect : les américains sont pudibonds (absence de pilosité, corps caché etc) là , c’est vraiment issu d’une honte religieuse et c’est terrifiant ! Poil visible = sexualité. Le sexe = saleté, animalité etc…
    Donc bonjour les poupées Barbies que nous sommes devenues depuis les années 70 grâce au dictat de mode venue des US… je lutte pour garder un semblant de pilosité sous les bras (sans rire !)
    Sans poil nous affichons moins une attractivité sexuelle, nous restons des adolescents pré-pubères parfaites à désirer mais pas à toucher. Ca m’énerve!
    Je ne sais pas si mes collègues de ce blog approuveront mais un homme qui a le haut de sa chemise ouverte lance un message clair de séduction inconscient ou pas et je ne trouve pas cela honteux ou dérangeant. Si je mets un décolleté c’est la même chose, je me fais plaisir et je sais que certains apprécieront.. Le tout est que je reste dans la limite de ma pudeur. Voilà qui dépend de chacun. Sans doute que tu heurtes la pudeur de ton fils qui lit le message inconscient de séduction… (pas mon papa quand même! :-).
    J’ai un vieux N° de la revue Autrement qui traite de cela , il faut que j’essaie de le retrouver.

  19. trex58 Says:

    Dans son livre sur la honte « Mourir de dire », Boris Cyrulnic donne deux exemples : lui-même qui a honte de sa pauvreté qui se voit par les trous à l’entre-jambe de son pantalon, et un ami maghrébin qui a honte de la richesse coupable de son père. Pauvre ou riche : tous deux honteux, alors qu’ils n’y sont pour rien.

    Sinon, il me semble que la honte sociale est justement un moyen pour garder les individus dans le droit chemin imposé par sa communauté : honte à celle qui regarde les hommes dans la rue, honte à celui qui discute avec l’ennemi, honte (et mort parfois) à celle qui couche hors mariage, etc.

    Effectivement, la même situation, en des lieux ou époques différentes, entraîne ou pas la honte : aucun problème pour une femme de se promener torse nu à la plage, mais impossible dans les rues de Paris, même en été.

    Et la distance minimale entre individus varient selon les pays : 20 ou 30 cm en Italie je crois, et 80 cm en Angleterre.

    Plus de femmes que d’hommes qui écrivent sur mon Blog ? Les femmes sont plus sensibles que les hommes, non ? et elles osent plus facilement parler de leurs souffrance et écouter celle des autres, non ?

    La honte pour une femme de ne pas être épilée… quelle horreur. Certes, l’Homme s’est dénudé peu à peu (pour mieux pouvoir transpirer, pense-t-on), mais certaines touffes de poils sont restées, aux endroits stratégiques ! Et puis, si les femmes se rasent entièrement, par quoi remplacerons-nous l’expression : « À poils ! » 😉

    Ah ! Donc, en laissant ouvert ce deuxième bouton, je montre clairement mon désir de séduire ?! intéressant ! et inconscient. J’aime juste ne pas avoir le cou serré par la chemise.

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