Archive for juin 2011

Week-End

2011/06/19

Voyons, qu’ai-je fait ce WE ?

Samedi.
Le matin : les courses et préparer le repas. L’après-midi, séance photo : une amie qui se fait offrir une séance de photos de sa fille pour la fête des mères (sa fille habite loin). Je fais tomber mon sac de photos par terre et certaines s’abîment : zut ! Le soir : je marche en ville à la recherche d’une glace, et un collègue et ami – qui rentrait du jardin avec épouse et enfants – m’invite à venir prendre l’apéro chez eux et, finalement, j’y passe la soirée, une très agréable soirée, à discuter, boire un peu, avec leurs enfants de 3 et 5 ans, très intéressants. En y réfléchissant un peu plus… il me semble bien que c’est plutôt son épouse qui m’a invité… Mon collègue doit me voir suffisamment au boulot ! Mais nous avons passé un bon moment à voir ses photos, tirage papier faits par lui-même. Son épouse, qui connaît mon histoire, a dû se dire que c’est sympa de m’inviter. Et puis, c’est aussi intéressant pour elle de voir de plus près le monstre avec qui travaille son mari ! Je plaisante, ils sont très gentils, 15 ans de moins que moi.

Dimanche.
Le matin, premier tri des 600 photos de la veille… J’ai encore déconné (vitesse trop basse, obstination à rester en 200 ASA, non-utilisation du flash) et j’ai pas mal de photos bougées… Bon, il en reste 200 belles et 50 très belles ! Reste à finir de les trier, en passer certaines en N&B ou Sélénium ou autre, et à faire un diaporama, et puis un CD. Pffffff Mais, bon, j’apprends ainsi, j’apprends. Et Ariane a de très belles attitudes : surtout celles de la fille qui a accepté de faire plaisir à sa mère et qui, au bout d’une heure à poser pour moi, commence à en avoir marre et à se demander ce qu’elle fait là ! Bah, on s’est bien marrés.
L’aprèm : j’ai replongé dans Meetic ; j’ai honte de moi… Et, vers 4 heures, je suis allé faire un tour en montagne pour faire des photos en sténopé de quelques lacs. Je comptais aller au lac Achard, mais à cette heure-ci il était sûrement déjà trop dans l’ombre. Alors : Seyglières, puis Freydières. Velvia 50 ISO (100 aurait suffi…). 8 diapositives ZeroImage 6×9. Histoire de compléter ma collection de photos de ces étangs. Le propriétaire du resto va même mettre une ou deux des photos en sténopé prises avec mon D90 sur son site. Et, au retour, j’ai voulu passer sur un autre « spot » que j’aime bien : l’arbre de Venon. En fait, il y en a deux : celui qui se voit depuis la vallée, et un autre plus petit et plus haut, tous les deux sur une butte verdoyante et herbeuse. Malheureusement, au moment où j’arrive au sommet du plus haut, je vois deux personnes, à contre-jour et assises sous l’arbre, en train de boire un verre. Je m’approche un peu, pensant pouvoir me mettre pas très loin, et je m’aperçois qu’ils sont nus, lui et elle, au moins jusqu’à la taille : ils bronzaient face au soleil se couchant derrière la pointe du Vercors, avec la vue sur le Vercors, Grenoble, et la Chartreuse. Bonne idée !

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De l’inconvénient d’être né…

2011/06/16

« De l’inconvénient d’être né… » est un livre d’Emil Cioran qui me paraît très intéressant, par une forme d’humour vis-à-vis de la vie et de la mort, qu’il prend à revers : par le commencement : être né.

 » […] le pire se situe-t-il à la fin et non au début de notre carrière ? [Non], le mal, le vrai mal est pourtant derrière, non devant nous. »

« Naître, source de toutes les infirmités et de tous les désastres. »

Hummmm Encore un livre qui va s’entasser sur tous ceux que j’ai achetés et qui attendent toujours que je les lise ?
Bah. Un de ces jours, je lirai de nouveau !
Mais je lis… des livres et revues de photographie, « Philosophie Magazine », …

Quand l’amour est là, je ne pense qu’à lui.
Quand l’amour me fuit, je ne pense qu’à lui.
Me voilà bien dans la peine ! ha ha ha !

Mais, pourquoi donc vouloir aimer ?
Pour partager nos néants et les rendre plus supportables.

Je vis, je meurs…

2011/06/15

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J’ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m’est et trop molle et trop dure.
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure ;
Mon bien s’en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

Louise Labé (1524 – 1566)

Très beau texte. Encore plus beau chanté par une chorale. La musique de Karol Beffa était pas mal.
Soirée sympa au Sappey-en-Chartreuse.
Mais elle ne m’a pas regardé…
Et je n’ai pas vu non plus l’éclipse de Lune, caché par la pointe de la Chartreuse ou par les nuages, je ne sais pas…

Week-End … studieux

2011/06/14

Ce Week-End de 3 jours a passé… très vite. Normal, samedi j’ai travaillé de 15h à minuit, et lundi de 15h à 20h. Si le bâtiment n’était pas interdit le dimanche (jour sacré ?), j’aurais bien dû travailler ce jour-là aussi… À la place, petite rando en montagne, dans le Vercors, avec mon Nikon autour du cou. Quelques bonnes photos. Mais pas beaucoup. Et puis, j’ai été attaqué par un troupeau de génisses ! C’est marrant comme, avec leur longue langue faites pour attraper l’herbe elles sont capables de plein de choses… comme attraper l’un de mes bâtons de marche et essayer de se tirer avec ! Ou bien vouloir goûter mon repas, ou manger ma veste, ou me sucer la main… Enfin, c’était une très belle journée. Juste un peu mal à la hanche gauche… souvenir d’une séance de gym trop dure pour certains muscles.
Travailler, aller marcher : deux façons pour ne pas penser…

Lettre à Elle

2011/06/11

Bonjour ….,

Dans les jours qui ont suivi celui où tu m’as annoncé que tu voulais arrêter notre relation, j’aurais dû t’envoyer un lien vers une chanson de ce genre. Cela m’aurait soulagé avec les mots d’une autre personne.
Je connaissais cette chanson, et je l’aimais. Mais je n’avais jamais pris la peine de lire le texte.
Bien sûr, je ne suis pas d’accord avec la dernière strophe, avec cette idée idiote qu’on ne peut plus vivre si on a perdu l’amour de quelqu’un, aussi cher pour soi qu’il/elle puisse être. Cette chanson évoque le pire pour montrer la douleur insupportable d’une séparation non voulue.
J’aurais dû aussi, comme les autres fois qu’une amie a rompu d’avec moi, t’écrire des poèmes. Mettre en poésie ma douleur, cela aurait été mieux que ce que je t’ai écrit. Mais la douleur en moi était si forte qu’un raz-de-marée m’avait emporté.

Oui, il est 6 heure du matin, et je suis réveillé. Comme souvent ces temps-ci.
Ce n’est pas pour toi. Mes acouphènes et le stress au boulot me mènent la vie dure en ce moment. Je dois même aller travailler cet après-midi et demain… avec un collègue.

Je serai bref.

Dans ma façon d’être avec toi, dans les mots idiots que j’ai jetés dans les mails que je t’ai envoyés quand j’étais à l’agonie que tu veuilles me quitter, j’ai touché à des points sensibles en toi. Et, quand tu te sens touchée à ces endroits-là, qui ravivent une profonde douleur enfouie en toi, tu ne connais qu’un seul moyen pour faire partir cette douleur et te sentir mieux de nouveau : t’isoler. Je ne l’avais pas compris. Ou, plutôt, j’étais moi-même perdu dans ma propre douleur de me sentir abandonné par toi, repoussé, rejeté, sans que je comprenne bien la raison, et je n’ai pas su te donner le calme dont tu as besoin. Je ne suis pas parfait, désolé. Ton rejet de moi si brutal, cela a – bien sûr – fait écho avec d’autres choses dans ma vie : mon enfance, la mort de mon épouse, et mes enfants qui sont encore coincés dans la douleur et la dépression et qui restent à distance de moi qui voudrait tant de nouveau recevoir les manifestations de leur amour. J’ai été abandonné plusieurs fois, et me sentir rejeté me fait extrêmement mal. Tout cela m’a empêché de faire la seule chose qui aurait peut-être été efficace et raisonnable : me taire et attendre que tu reviennes, une fois passée la vague de « trop de moi » qui t’a submergée. Mais, dans ces cas-là, ma raison et mon calme disparaissent, pour laisser place à mon désarroi et à ma peine.

En refusant mes attentions et mon amour, tu t’es protégée de cette douleur que j’ai fait remonter en toi, involontairement.
Mais tu aurais pu essayer de lutter contre cette douleur en t’appuyant sur la tendresse que je manifestais pour toi. Mais je ne suis pas en toi et je ne peux pas tout comprendre de toi. Et c’était probablement bien difficile pour toi.
Maintenant, tu aurais pu aussi profiter de mon envie de comprendre ce qui s’est passé, en toi et entre nous, pour essayer de sortir de toi cette douleur enfouie, pour t’en libérer enfin. J’aurais été heureux d’avoir pu t’aider à te libérer un peu plus. Tu peux encore le faire, si tu veux. Ou, sinon, tu devrais aller parler encore à un psychothérapeute, qui saura mieux que moi t’aider à exprimer ce qui te fait souffrir et te pousse à être si dure, avec moi, mais surtout avec toi. Parler de sa souffrance, cela aide à s’en libérer. Et, quand je t’ai demandé quand tu as pleuré pour la dernière fois, je voulais dire : quand t’es-tu laissée aller à exprimer ta douleur ? Peut-être que tu pleures parfois. Peut-être que je t’ai fait pleurer. Mais tu ne m’en as pas parlé. Et, comme tu l’as vu, je pleure, je sais pleurer. On me parle parfois de mon côté « féminin ». Je crois, tout simplement, que pleurer, comme rire, est le propre de l’homme : cela nous est indispensable pour notre équilibre.

Je sais : je me mêle encore de ce qui ne me regarde pas… Mais je ne le fais que pour les personnes qui comptent pour moi, pour les personnes en qui je sens une certaine beauté, ainsi que le désir et la capacité, et le courage, de regarder en soi-même pour être mieux. Pour les personnes que j’aime. C’est ce que j’essaye de faire pour moi. Et le regard aiguisé d’une autre personne, proche et aimante, m’est nécessaire.

Allez, je te souhaite un bon WE, malgré ce temps d’automne…

Bises

Tony

I’ve called you so many times today
And I guess it’s all true what your girlfriends say
That you don’t ever want to see me again
And your brother’s gonna kill me and he’s six feet ten
I guess you’d call it cowardice
But I’m not prepared to go on like this

I can’t, I can’t
I can’t stand losing
I can’t stand losing you

I see you’ve sent my letters back
And my LP records and they’re all scratched
I can’t see the point in another day
When nobody listens to a word I say
You can call it lack of confidence
But to carry on living doesn’t make no sense

I can’t, I can’t
I can’t stand losing
I can’t stand losing you

I guess this is our last goodbye
And you don’t care so I won’t cry
But you’ll be sorry when I’m dead
And all this guilt will be on your head
I guess you’d call it suicide
But I’m too foul to swallow my pride

I can’t, I can’t
I can’t stand losing
I can’t stand losing you

Je t’ai appelé à tant de reprises aujourd’hui
Et j’imagine que tout ce que disent tes copines est vrai
Que tu ne veux plus jamais me revoir
Et que ton frère va me tuer et qu’il mesure 2 mètres 10
Je pense que tu aurais appelé ça de la lâcheté
Mais je ne suis pas prêt à partir comme ça

Je ne peux pas supporter de te perdre

Je constate que tu m’as renvoyé mes lettres
Et mes 33 tours de même qu’ils sont tous rayés
Je ne parviens pas à trouver une raison de vivre un jour de plus
Quand personne n’écoute le moindre de mes mots
Tu peux appeler ça un manque de confiance
Mais continuer à vivre n’a plus aucun sens

Je ne peux pas supporter de te perdre

J’imagine qu’il s’agit de notre dernier au-revoir
Et tu t’en moques alors je ne pleurerai pas
Mais tu regretteras lorsque je serai mort
Et toute cette culpabilité hantera ton esprit
Je pense que tu appellerais ça un suicide
Mais tu m’as tellement poussé à bout que je ne peux ravaler mon orgueuil

Je ne peux pas supporter de te perdre

Auriane

2011/06/03

Voici Auriane, 19 ans, apprentie modèle.

Auriane

C’est une première séance.

Chloé

2011/06/03

Voici Chloé… 15 ans.

Chloé

Cette photo n’est que l’une des cent (au moins) magnifiques photos que j’ai faites avec elle. Incroyable, la présence et la personnalité qu’elle dégage… peut-être plus encore que sa mère.

Julien, autiste

2011/06/02

Voici Julien, un petit garçon de 5 ans, autiste.
Difficile de communiquer avec lui, car il ne parle pas et apprend tout juste à « signer ». Difficile aussi de le prendre en photo, tellement il bouge, et tellement les expressions vont et viennent sur son visage. Il a de nombreuses très belles expressions, comme un enfant « normal ». Simplement, il faut savoir les attraper parmi tous les moments où son regard est … « différent » et dirigé loin de l’objectif, et tellement il bouge !!
Il est très attachant.

Julien

Une association m’a demandé de les aider à réaliser des photos d’un groupe d’enfants autistes, pour une exposition et un calendrier, afin de récolter de l’argent pour payer les psychologues qui les aident à se développer.
Je suis content de les aider. Côtoyer ces enfants est une chance, me permettant de comprendre le petit rien qui leur manque pour être tout à fait « normaux ». Il va me falloir apprendre sur ce sujet.

Tree of Life

2011/06/02

J’ai beaucoup aimé. Mais pas tout.

Je n’ai pas aimé ces images de l’espace et de la Nature. Elles étaient belles, mais il y manquait un liant. Soit un fondu-enchaîné entre les différentes images, soit une progression esthétique logique entre les images (structures ou couleurs proches entre deux sujets différents), soit une musique unique qui porte plus. Le « Lacrymosa » répété de nombreuses fois, ça lasse.

Je n’ai pas aimé, bien sûr, la religiosité débordante de ce film. Dieu, ça fait chier.

Mais j’ai aimé le reste.
D’abord, la façon de mettre-en-scène, d’une façon nouvelle (pour moi au moins). Je n’ai pas la culture et les mots d’un cinéaste pour décrire ce qui est particulier, mais cela a été efficace sur moi. Une grande douceur en général. Des scènes belles et bien construites. Peu de mots. Une vie ordinaire saisie et montrée de façon toute simple, mais très efficace.
Ensuite, le réalisme et le naturel du jeu des acteurs, les parents et les trois garçons.
Il y a aussi la façon de montrer les étapes de la vie des enfants.
Et puis, il y a de très belles images, qui pourraient faire de très belles photos. Des regards et des visages, surtout. Des situations aussi, où deux ou trois personnages se regardent mutuellement.
La façon dont ce père essaye maladroitement d’éduquer ses enfants pour qu’ils soient forts, pour qu’ils réussissent mieux que lui, tout en leur faisant du mal, tout en tuant leur amour pour lui en eux, tout en faisant naître de la haine.
Cette obéissance et cette passivité de la mère, désespérément obéissante au mari, avant de protester un peu tard. Et ses silences… Il y a si peu de paroles dans ce film. Et un environnement classique de banlieue américaine : des maisons en bois, sans cave, au milieu d’une ancienne forêt dont les arbres, qui ont connu les indiens libres, ont été préservés, ces jardins sans clôture, ces grandes rues où jouaient les enfants dans les années 50, quand il y avait peu de voitures et pas de danger pour les enfants, et cette vie autour de la religion et de la communauté ; tout cela est bien décrit, frappant de vérité.
La compréhension du père de ses erreurs passées envers sa famille vient tardivement, et ne nous permet pas de voir s’il n’est pas trop tard. Mais les premières scènes montrent que leur départ leur a permis d’évoluer dans l’échelle sociale : leur maison est plus grande.
Je n’ai pas reconnu Brad Pitt… tellement il s’est fondu dans son personnage.
Et j’ai énormément aimé le jeu de Jessica Chastaing, dans le rôle de la mère. Ainsi que son physique : ces cheveux roux, sa façon de bouger et de courir, son regard. Elle est magnifique et joue superbement cette mère. Ses regards, pleins de joie, ou mélancoliques ou tristes, sont criants de force et de vérité. Elle n’a que 30 ans, et joue dans 6 films qui sortent en 2011 ! J’avoue avoir un faible pour les rousses aux longs cheveux bouclés…
D’ailleurs, dans toute la famille, il n’y a que le personnage de Sean Penn qui ait un prénom : Jack. Les parents s’appellent O’Brien, me dit la fiche, mais pas de prénom. Peut-être que l’un des frères restant a un prénom : Steve, joué par Tye Sheridan, au magnifique visage. D’ailleurs, il court d’une façon bien plus belle et fluide que son grand frère Jack, qui le martyrise.

Mais il y a plein de choses que je n’ai pas comprises…
Nous ne connaissons le prénom que d’une seule personne sur les cinq de la famille.
Quel enfant est mort ? (à 19 ans). Dans quelles circonstances ? Mort à la guerre ?
Il y a un trou béant entre les 12-13 ans de Jack et l’arrivée du courrier fatal. Ainsi qu’entre l’enterrement et la vie de Sean Penn dans ses tours. D’ailleurs, lequel des trois enfants est-il ? La fiche du film me dit que c’est Jack, mais je n’ai pas vu le lien dans le film. À moins que ce ne soit la scène, dans la montagne, où le Jack adulte suit le Jack jeune adolescent ? Cela aurait aussi bien pu être Jack suivant son frère décédé.

Les images de fin sur la plage, où l’on voit la famille, à différents âges, veut probablement représenter les âmes des personnes mortes en attente de la Résurrection. C’est beau. Mais ça fait chier qu’encore, au XXIème siècle, on nous soûle et on nous abrutit encore avec de telles conneries.
Heureusement, le principal message, c’est qu’on ne peut être heureux que dans l’amour (j’ai oublié la phrase essentielle dite vers la fin…). Cela manque cruellement de profondeur et de détails… mais, s’il y a quelque chose à sauver du Christianisme (en-dehors de la révolution que cela a été), c’est bien ça : dans cette vie et ce monde absurde, où tous nous allons souffrir et mourir, nous n’avons qu’une seule solution : donner de la compassion et de la tendresse à autrui, comme nous aimerions en recevoir. En tant que primates, nous avons besoin de vivre dans un petit groupe aimant, familial. Et les Hommes ne peuvent bien grandir (théorie de l’attachement) que s’ils vivent un lien fort avec une personne aimante et prenant soin. Je sais que je me répète…

Et il y a des choses qui me surprennent.
Jack en vient à haïr son père, voire à désirer sa mort. Il est tenté par le mal. Pourtant son père, s’il est dur avec lui, n’est pas un monstre : pas de coups, pas d’inceste, pas de punitions excessives. Un père trop dur, perdu dans son désir de former ses enfants à être autonomes, et qui aime mal. Pas un monstre. Jack, par contre, n’est pas un ado facile, il n’accepte pas que les règles soient à sens unique : le respect envers le père. En cela, il défie l’ordre établi, les règles ancestrales, qui disent que les enfants doivent le respect envers les anciens, qui ont droit de vie et de mort sur leur progéniture. Jack veut rompre avec ce monde religieux, coincé, qui permet l’apparition de comportements mauvais sous le prétexte d’éduquer les enfants. Le père est émouvant, dans son rêve perdu de pianiste, dans ses essais malheureux pour devenir plus riche, dans son chômage alors que jamais il n’a été absent et n’est donc pas récompensé, dans sa tentative d’aider ses enfants à devenir plus forts que lui, à les pousser à le dépasser. Son passage par l’armée l’a déformé et a étouffé en lui, pour un temps trop long, la sensibilité et la douceur, représentée par la mère. Oui, ce monde de fin de religion était insupportable : le père comme Dieu le père, la mère soumise et confinée à s’occuper des enfants et de la maison, et les enfants devant obéissance à leur père. Cela m’a rappelé le film « Le ruban blanc », sur la période pré-hitlérienne en Allemagne, où la dureté de la religion rend les enfants fous.
Et il y a aussi la scène du sermon, qui redit qu’être beau et bon ne suffit pas pour être épargné par le malheur. Dieu frappe tout le monde, pour l’éprouver. Comme il frappait « A simple man » sans raison. Ce sermon est prémonitoire de ce qui va arriver. Bien qu’ayant aimé ses garçons, la mère reçoit la douleur insupportable de la perte de l’un de ses fils. Elle les aimait tous tout autant, leur avait-elle dit. Ce n’est jamais vrai, car on n’aime pas de la même façon des personnes différentes.

Et le sexe là-dedans ? Il fait cruellement défaut… À part l’attirance de Jack pour une fille de sa classe, à part le vol de la nuisette d’une voisine. Pourtant… le sexe est au coeur de la vie !

Un très beau film. Bizarre. Très bien interprété. À revoir pour mieux le digérer. Pour s’imprégner de la fragilité de nos vie et de nos bonheurs, pour mieux savoir en profiter quand ils sont là. Finalement, quelque part, je suis assez Chrétiens… des utopies du Ier siècle après CeluiQuiN’APasExisté.

ALLER LE VOIR !!!!!!

Jessica