Lettre à Elle

Bonjour ….,

Dans les jours qui ont suivi celui où tu m’as annoncé que tu voulais arrêter notre relation, j’aurais dû t’envoyer un lien vers une chanson de ce genre. Cela m’aurait soulagé avec les mots d’une autre personne.
Je connaissais cette chanson, et je l’aimais. Mais je n’avais jamais pris la peine de lire le texte.
Bien sûr, je ne suis pas d’accord avec la dernière strophe, avec cette idée idiote qu’on ne peut plus vivre si on a perdu l’amour de quelqu’un, aussi cher pour soi qu’il/elle puisse être. Cette chanson évoque le pire pour montrer la douleur insupportable d’une séparation non voulue.
J’aurais dû aussi, comme les autres fois qu’une amie a rompu d’avec moi, t’écrire des poèmes. Mettre en poésie ma douleur, cela aurait été mieux que ce que je t’ai écrit. Mais la douleur en moi était si forte qu’un raz-de-marée m’avait emporté.

Oui, il est 6 heure du matin, et je suis réveillé. Comme souvent ces temps-ci.
Ce n’est pas pour toi. Mes acouphènes et le stress au boulot me mènent la vie dure en ce moment. Je dois même aller travailler cet après-midi et demain… avec un collègue.

Je serai bref.

Dans ma façon d’être avec toi, dans les mots idiots que j’ai jetés dans les mails que je t’ai envoyés quand j’étais à l’agonie que tu veuilles me quitter, j’ai touché à des points sensibles en toi. Et, quand tu te sens touchée à ces endroits-là, qui ravivent une profonde douleur enfouie en toi, tu ne connais qu’un seul moyen pour faire partir cette douleur et te sentir mieux de nouveau : t’isoler. Je ne l’avais pas compris. Ou, plutôt, j’étais moi-même perdu dans ma propre douleur de me sentir abandonné par toi, repoussé, rejeté, sans que je comprenne bien la raison, et je n’ai pas su te donner le calme dont tu as besoin. Je ne suis pas parfait, désolé. Ton rejet de moi si brutal, cela a – bien sûr – fait écho avec d’autres choses dans ma vie : mon enfance, la mort de mon épouse, et mes enfants qui sont encore coincés dans la douleur et la dépression et qui restent à distance de moi qui voudrait tant de nouveau recevoir les manifestations de leur amour. J’ai été abandonné plusieurs fois, et me sentir rejeté me fait extrêmement mal. Tout cela m’a empêché de faire la seule chose qui aurait peut-être été efficace et raisonnable : me taire et attendre que tu reviennes, une fois passée la vague de « trop de moi » qui t’a submergée. Mais, dans ces cas-là, ma raison et mon calme disparaissent, pour laisser place à mon désarroi et à ma peine.

En refusant mes attentions et mon amour, tu t’es protégée de cette douleur que j’ai fait remonter en toi, involontairement.
Mais tu aurais pu essayer de lutter contre cette douleur en t’appuyant sur la tendresse que je manifestais pour toi. Mais je ne suis pas en toi et je ne peux pas tout comprendre de toi. Et c’était probablement bien difficile pour toi.
Maintenant, tu aurais pu aussi profiter de mon envie de comprendre ce qui s’est passé, en toi et entre nous, pour essayer de sortir de toi cette douleur enfouie, pour t’en libérer enfin. J’aurais été heureux d’avoir pu t’aider à te libérer un peu plus. Tu peux encore le faire, si tu veux. Ou, sinon, tu devrais aller parler encore à un psychothérapeute, qui saura mieux que moi t’aider à exprimer ce qui te fait souffrir et te pousse à être si dure, avec moi, mais surtout avec toi. Parler de sa souffrance, cela aide à s’en libérer. Et, quand je t’ai demandé quand tu as pleuré pour la dernière fois, je voulais dire : quand t’es-tu laissée aller à exprimer ta douleur ? Peut-être que tu pleures parfois. Peut-être que je t’ai fait pleurer. Mais tu ne m’en as pas parlé. Et, comme tu l’as vu, je pleure, je sais pleurer. On me parle parfois de mon côté « féminin ». Je crois, tout simplement, que pleurer, comme rire, est le propre de l’homme : cela nous est indispensable pour notre équilibre.

Je sais : je me mêle encore de ce qui ne me regarde pas… Mais je ne le fais que pour les personnes qui comptent pour moi, pour les personnes en qui je sens une certaine beauté, ainsi que le désir et la capacité, et le courage, de regarder en soi-même pour être mieux. Pour les personnes que j’aime. C’est ce que j’essaye de faire pour moi. Et le regard aiguisé d’une autre personne, proche et aimante, m’est nécessaire.

Allez, je te souhaite un bon WE, malgré ce temps d’automne…

Bises

Tony

I’ve called you so many times today
And I guess it’s all true what your girlfriends say
That you don’t ever want to see me again
And your brother’s gonna kill me and he’s six feet ten
I guess you’d call it cowardice
But I’m not prepared to go on like this

I can’t, I can’t
I can’t stand losing
I can’t stand losing you

I see you’ve sent my letters back
And my LP records and they’re all scratched
I can’t see the point in another day
When nobody listens to a word I say
You can call it lack of confidence
But to carry on living doesn’t make no sense

I can’t, I can’t
I can’t stand losing
I can’t stand losing you

I guess this is our last goodbye
And you don’t care so I won’t cry
But you’ll be sorry when I’m dead
And all this guilt will be on your head
I guess you’d call it suicide
But I’m too foul to swallow my pride

I can’t, I can’t
I can’t stand losing
I can’t stand losing you

Je t’ai appelé à tant de reprises aujourd’hui
Et j’imagine que tout ce que disent tes copines est vrai
Que tu ne veux plus jamais me revoir
Et que ton frère va me tuer et qu’il mesure 2 mètres 10
Je pense que tu aurais appelé ça de la lâcheté
Mais je ne suis pas prêt à partir comme ça

Je ne peux pas supporter de te perdre

Je constate que tu m’as renvoyé mes lettres
Et mes 33 tours de même qu’ils sont tous rayés
Je ne parviens pas à trouver une raison de vivre un jour de plus
Quand personne n’écoute le moindre de mes mots
Tu peux appeler ça un manque de confiance
Mais continuer à vivre n’a plus aucun sens

Je ne peux pas supporter de te perdre

J’imagine qu’il s’agit de notre dernier au-revoir
Et tu t’en moques alors je ne pleurerai pas
Mais tu regretteras lorsque je serai mort
Et toute cette culpabilité hantera ton esprit
Je pense que tu appellerais ça un suicide
Mais tu m’as tellement poussé à bout que je ne peux ravaler mon orgueuil

Je ne peux pas supporter de te perdre

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9 Réponses to “Lettre à Elle”

  1. Une femme libre Says:

    Elle a répondu?

  2. trex58 Says:

    Non. Elle ne veut plus. Elle en a marre de mon insistance. « Tu me fatigues… » m’avait-elle dit alors que, rentrant d’Avignon, je passais dans son village et l’appelais.
    Et, dernièrement : « Je ne veux plus entendre parler de toi. »
    C’est clair. N’importe qui aurait compris qu’elle veut tourner la page.

    J’ai été, et je suis toujours, trop lourd…
    Je ne peux pas m’empêcher de gratter dans les cicatrices…

    Mais, bon, si elle ne veut plus répondre, et même si elle ne me lit plus, j’ai pu mettre des mots. Trop de mots dans tous les sens au début de son désir de distance, hélas…

    J’ai été trop amoureux… et pas assez patient… et pas assez à l’écoute de son besoin de calme et de solitude.

    Je l’ai perdue par peur de la perdre…

  3. Une femme libre Says:

    « Je l’ai perdue par peur de la perdre. » C’est si poétique, triste et littéraire. Jolie phrase, vraiment. Vous êtes certainement intense, Tony!

  4. trex58 Says:

    « intense » ? Oui, je crois. Mon amie, dans ce qu’elle m’a dit quand elle a rompu, m’a dit qu’il fallait que je continue à être comme je suis, que c’est bien… C’était avant que je n’insiste plus qu’elle ne le veuille.

    Mais je suis sacrément « con » aussi ! Si je m’étais fermé ma grande gueule et m’étais simplement saoûlé la gueule dans mon coin dans les 15 jours après Marrakech, elle aurait eu le temps de se calmer, et de revenir, peut-être.

    Dans ses explications pour rompre, elle a été inconstante sur la cause véritable, changeant à chaque fois.
    Il est certain que, pour elle, vivre véritablement en couple, c’est une torture : elle s’est trop habituée à être seule, pendant si longtemps, avec des hommes qui ne faisaient que passer et qui lui laissaient toute liberté. Et je pense qu’elle n’a jamais reçu autant d’attention de quiconque, peut-être bien même de sa mère, d’après ce qu’elle m’avait raconté de son histoire. C’était trop intense pour elle, au-delà de ce qu’elle avait jamais vécu. Pour le sexe aussi, elle a découvert que son plaisir pouvait être bien plus intense, rapide, et multiple dans une même journée qu’elle ne le pensait. Pour l’amour, je crois qu’elle n’avait jamais été aimée ainsi. Et, en plus, elle essayait d’arrêter de fumer…

  5. Tony Says:

    Elle a répondu. Je veux bien de l’aide de vous, femmes qui lisez ce Blog, pour comprendre ce qu’elle ne dit pas.

    « J’attaque mon chantier demain pour 3 semaines. Ensuite je pars en pour une semaine.

    Difficile de trouver un moment…

    Si tu veux me convaincre de quoi que se soit, sache que ce n’est pas possible.

    Je veux bien un jour essayer de te redire tout ce que j’ai déjà expliqué car j’ai bien dit pourquoi je ne veux plus.

    Je pense que c’est plutôt à toi de travailler sur ta façon de t’attacher à quelqu’un pour être heureux… »

    Elle affirme encore que c’est fini. Comment pourrait-elle dire autre chose sans se renier ? Mais elle m’a répondu, et elle ne refuse pas de me parler. Certes, elle dit qu’elle ne peut pas être convaincue de changer d’avis. Certes, elle redit bien « je ne veux plus ». Mais elle laisse la porte ouverte à une rencontre, si son « chantier » lui laisse le temps.
    Alors ? Elle m’avait demandé de ne plus lui écrire. Je n’ai pas obéi. Elle m’a même répondu, une longue lettre pour elle (le français n’est pas sa langue natale).
    Quant à sa façon de me parler de ma façon de m’attacher à quelqu’un, c’est peut-être pour ne pas parler de sa façon à avoir du mal à s’attacher à quelqu’un, sans « jeter le bébé avec l’eau du bain » dès qu’il y a quelque chose qui ne tourne plus rond.

    Bien sûr, je lui ai déjà répondu.
    On verra bien…

  6. Une femme libre Says:

    Lisez ce qu’elle dit et croyez-le au lieu de chercher ce qu’elle ne dit pas! Elle ne laisse pas la porte ouverte, non et c’est très clair. Une rencontre obligée pour vous expliquer encore ce que vous refusez de comprendre, sans plus.

    • Tony Says:

      Non, il n »y a pas de « porte ouverte », et c’est très clair. Mais, bah, tant qu’il y a de l’espoir… Non, je plaisante.
      C’est bizarre : moi, si quelqu’une me dit qu’elle ne veut plus entendre parler de moi et qu’elle ne veut plus que je lui écrive, et que je le fais quand même, et qu’elle réponde et suggère une rencontre, il me semble qu’il aurait pu y avoir eu pire : aucune réponse, redire encore une fois qu’elle ne veut plus entendre parler de moi. Bon, peut-être aussi ce ne sont que des mots pour laisser passer le temps, pour que je me calme, que je l’oublie… Dans un mois, je serai encore plus calme que maintenant, plus détaché encore. C’est peut-être bien ce qu’elle attend.
      Attendons, il fait beau ici.
      Merci pour le coup de pied dans le cul, le seau d’eau froide et la gifle dans la figure ! C’est nécessaire… C’est vrai qu’il faut savoir passer à autre chose, à quelqu’une d’autre… Mais, qui ? Ca me fatigue de chercher quelqu’une avec qui avoir des atomes crochus… Pffffff
      Merci, « cousine ».

  7. Une femme libre Says:

    Héhé! Je suis bonne pour la douche d’eau froide, je sais, mais le coup de pied et la gifle, pas du tout, aucune violence chez moi. Juste un peu d’eau froide pour vous rafraîchir. Il doit bien commencer à faire chaud dans votre coin, non? ;o)

    • Tony Says:

      D’accord pour la douche froide !
      Quant à la chaleur sur Grenoble, ce n’est pas vraiment ça… La semaine du jeudi de l’Ascension, nous avons eu l’été, le printemps, et l’automne en … 6 jours. Là, il fait de nouveau un peu bon. Non, ce n’est pas encore la canicule. Mais Grenoble a un climat particulier…

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