Tree of Life

J’ai beaucoup aimé. Mais pas tout.

Je n’ai pas aimé ces images de l’espace et de la Nature. Elles étaient belles, mais il y manquait un liant. Soit un fondu-enchaîné entre les différentes images, soit une progression esthétique logique entre les images (structures ou couleurs proches entre deux sujets différents), soit une musique unique qui porte plus. Le « Lacrymosa » répété de nombreuses fois, ça lasse.

Je n’ai pas aimé, bien sûr, la religiosité débordante de ce film. Dieu, ça fait chier.

Mais j’ai aimé le reste.
D’abord, la façon de mettre-en-scène, d’une façon nouvelle (pour moi au moins). Je n’ai pas la culture et les mots d’un cinéaste pour décrire ce qui est particulier, mais cela a été efficace sur moi. Une grande douceur en général. Des scènes belles et bien construites. Peu de mots. Une vie ordinaire saisie et montrée de façon toute simple, mais très efficace.
Ensuite, le réalisme et le naturel du jeu des acteurs, les parents et les trois garçons.
Il y a aussi la façon de montrer les étapes de la vie des enfants.
Et puis, il y a de très belles images, qui pourraient faire de très belles photos. Des regards et des visages, surtout. Des situations aussi, où deux ou trois personnages se regardent mutuellement.
La façon dont ce père essaye maladroitement d’éduquer ses enfants pour qu’ils soient forts, pour qu’ils réussissent mieux que lui, tout en leur faisant du mal, tout en tuant leur amour pour lui en eux, tout en faisant naître de la haine.
Cette obéissance et cette passivité de la mère, désespérément obéissante au mari, avant de protester un peu tard. Et ses silences… Il y a si peu de paroles dans ce film. Et un environnement classique de banlieue américaine : des maisons en bois, sans cave, au milieu d’une ancienne forêt dont les arbres, qui ont connu les indiens libres, ont été préservés, ces jardins sans clôture, ces grandes rues où jouaient les enfants dans les années 50, quand il y avait peu de voitures et pas de danger pour les enfants, et cette vie autour de la religion et de la communauté ; tout cela est bien décrit, frappant de vérité.
La compréhension du père de ses erreurs passées envers sa famille vient tardivement, et ne nous permet pas de voir s’il n’est pas trop tard. Mais les premières scènes montrent que leur départ leur a permis d’évoluer dans l’échelle sociale : leur maison est plus grande.
Je n’ai pas reconnu Brad Pitt… tellement il s’est fondu dans son personnage.
Et j’ai énormément aimé le jeu de Jessica Chastaing, dans le rôle de la mère. Ainsi que son physique : ces cheveux roux, sa façon de bouger et de courir, son regard. Elle est magnifique et joue superbement cette mère. Ses regards, pleins de joie, ou mélancoliques ou tristes, sont criants de force et de vérité. Elle n’a que 30 ans, et joue dans 6 films qui sortent en 2011 ! J’avoue avoir un faible pour les rousses aux longs cheveux bouclés…
D’ailleurs, dans toute la famille, il n’y a que le personnage de Sean Penn qui ait un prénom : Jack. Les parents s’appellent O’Brien, me dit la fiche, mais pas de prénom. Peut-être que l’un des frères restant a un prénom : Steve, joué par Tye Sheridan, au magnifique visage. D’ailleurs, il court d’une façon bien plus belle et fluide que son grand frère Jack, qui le martyrise.

Mais il y a plein de choses que je n’ai pas comprises…
Nous ne connaissons le prénom que d’une seule personne sur les cinq de la famille.
Quel enfant est mort ? (à 19 ans). Dans quelles circonstances ? Mort à la guerre ?
Il y a un trou béant entre les 12-13 ans de Jack et l’arrivée du courrier fatal. Ainsi qu’entre l’enterrement et la vie de Sean Penn dans ses tours. D’ailleurs, lequel des trois enfants est-il ? La fiche du film me dit que c’est Jack, mais je n’ai pas vu le lien dans le film. À moins que ce ne soit la scène, dans la montagne, où le Jack adulte suit le Jack jeune adolescent ? Cela aurait aussi bien pu être Jack suivant son frère décédé.

Les images de fin sur la plage, où l’on voit la famille, à différents âges, veut probablement représenter les âmes des personnes mortes en attente de la Résurrection. C’est beau. Mais ça fait chier qu’encore, au XXIème siècle, on nous soûle et on nous abrutit encore avec de telles conneries.
Heureusement, le principal message, c’est qu’on ne peut être heureux que dans l’amour (j’ai oublié la phrase essentielle dite vers la fin…). Cela manque cruellement de profondeur et de détails… mais, s’il y a quelque chose à sauver du Christianisme (en-dehors de la révolution que cela a été), c’est bien ça : dans cette vie et ce monde absurde, où tous nous allons souffrir et mourir, nous n’avons qu’une seule solution : donner de la compassion et de la tendresse à autrui, comme nous aimerions en recevoir. En tant que primates, nous avons besoin de vivre dans un petit groupe aimant, familial. Et les Hommes ne peuvent bien grandir (théorie de l’attachement) que s’ils vivent un lien fort avec une personne aimante et prenant soin. Je sais que je me répète…

Et il y a des choses qui me surprennent.
Jack en vient à haïr son père, voire à désirer sa mort. Il est tenté par le mal. Pourtant son père, s’il est dur avec lui, n’est pas un monstre : pas de coups, pas d’inceste, pas de punitions excessives. Un père trop dur, perdu dans son désir de former ses enfants à être autonomes, et qui aime mal. Pas un monstre. Jack, par contre, n’est pas un ado facile, il n’accepte pas que les règles soient à sens unique : le respect envers le père. En cela, il défie l’ordre établi, les règles ancestrales, qui disent que les enfants doivent le respect envers les anciens, qui ont droit de vie et de mort sur leur progéniture. Jack veut rompre avec ce monde religieux, coincé, qui permet l’apparition de comportements mauvais sous le prétexte d’éduquer les enfants. Le père est émouvant, dans son rêve perdu de pianiste, dans ses essais malheureux pour devenir plus riche, dans son chômage alors que jamais il n’a été absent et n’est donc pas récompensé, dans sa tentative d’aider ses enfants à devenir plus forts que lui, à les pousser à le dépasser. Son passage par l’armée l’a déformé et a étouffé en lui, pour un temps trop long, la sensibilité et la douceur, représentée par la mère. Oui, ce monde de fin de religion était insupportable : le père comme Dieu le père, la mère soumise et confinée à s’occuper des enfants et de la maison, et les enfants devant obéissance à leur père. Cela m’a rappelé le film « Le ruban blanc », sur la période pré-hitlérienne en Allemagne, où la dureté de la religion rend les enfants fous.
Et il y a aussi la scène du sermon, qui redit qu’être beau et bon ne suffit pas pour être épargné par le malheur. Dieu frappe tout le monde, pour l’éprouver. Comme il frappait « A simple man » sans raison. Ce sermon est prémonitoire de ce qui va arriver. Bien qu’ayant aimé ses garçons, la mère reçoit la douleur insupportable de la perte de l’un de ses fils. Elle les aimait tous tout autant, leur avait-elle dit. Ce n’est jamais vrai, car on n’aime pas de la même façon des personnes différentes.

Et le sexe là-dedans ? Il fait cruellement défaut… À part l’attirance de Jack pour une fille de sa classe, à part le vol de la nuisette d’une voisine. Pourtant… le sexe est au coeur de la vie !

Un très beau film. Bizarre. Très bien interprété. À revoir pour mieux le digérer. Pour s’imprégner de la fragilité de nos vie et de nos bonheurs, pour mieux savoir en profiter quand ils sont là. Finalement, quelque part, je suis assez Chrétiens… des utopies du Ier siècle après CeluiQuiN’APasExisté.

ALLER LE VOIR !!!!!!

Jessica

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