Elle…

Elle me reproche de me soumettre, de manquer d’estime-de-moi.
Simplement parce que, face à mon fils qui est encore en dépression et qui, je le sens parfois, est encore très mal, au point qu’il doit contenir parfois sa colère et serrer les poings devant moi, je ne suis pas assez dur à son goût, pas assez direct. Je le sais bien… Face à la difficulté de parler « vrai » avec mon fils, je me sens désarmé… Et je pratique trop l’ironie avec lui. Ce que je ne fais jamais (ou vraiment si peu) avec d’autres personnes. Mais, ce lien qui nous attache rend les choses bien plus compliquées…
Alors, puisqu’elle désire rester seule ce WE et puisqu’elle n’est pas venue, dois-je me soumettre ? Ou, torturé par le manque d’elle, dois-je obéir à mon désir : aller la voir en son château ?

En fait, après le choc de la mort de mon épouse, il me semble désormais futile de m’énerver. En fait, après avoir lu un peu de philosophie, il me semble que ma façon d’être et de vivre n’est pas forcément la meilleure qui soit. Alors, si on me critique, si ELLE me critique, cela ne me dérange pas. Au contraire, je suis heureux de recevoir un avis extérieur sur moi. Même si je connais bien quelques uns de mes défauts, se les entendre détailler, cela permet de bien mieux s’en rendre compte… Alors, cela doit l’énerver que ses remarques sur moi, même les plus acerbes lorsque sa nature sauvage est bien réveillée, ne m’énervent pas. Au contraire ; j’apprends sur moi. J’accepte les critiques sur moi, tranquillement, surtout venant d’elle. Qui suis-je donc pour penser que ce que je fais est parfait ? Parfait, moi ? ha ha ha !!!

S’adapter. Elle déteste ce mot. L’idée que je m’adapte à sa façon de vivre et d’être, TRÈS différente de la mienne actuellement, lui est pénible, voire insupportable. Elle a peur que je fasse des « efforts » conscients pour me changer. Elle a peur que je fasse semblant. Ce qui n’est pas le cas. Ce que je suis, comment je pense et vis, c’est la conséquence de 30 années de vie en couple puis seul dans la douleur et la solitude (relative…). Ce que je suis aujourd’hui, ce n’est pas tout à fait ce que j’étais il y a 30 ans. J’ai dévié… Alors, voir par elle ce que j’aurais peut-être pu devenir, ça m’intéresse. Revenir dans le chemin qu’elle a choisi, c’est une possibilité. La regarder vivre ainsi, cela me permet de me demander si je peux me défaire de mes habitudes. Et, si je m’adapte à elle, c’est simplement parce que ça me va, sans faire d’effort. À part les 15° dans sa chambre en hiver et le courant-d’air sur ma tête (dégarnie !). Et à part les deux chattes qui dorment dans son lit… Elle semble avoir peur que je fasse semblant d’être bien dans son environnement, que je me force. Ce n’est pas le cas.

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