Dissimuler

« Qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner » : Louis XI.

En amour, c’est pareil : même si l’envie de conquérir et de garder est animée par des sentiments vrais et profonds, il faut se garder de trop les étaler… À trop montrer que l’on tient à l’autre, on l’inquiète. Surtout s’il/elle est hésitant, ou simplement fluctuant, passant facilement de l’enthousiasme au repli sur soi puis de nouveau à l’enthousiasme. Surtout s’il/elle aime sa liberté et ne supporte pas le contact en continu de l’autre, fut-il apprécié, voire aimé. Une relation entre un homme et une femme, c’est comme un élastique entre eux deux ; si l’un tire trop, l’autre résiste ; et si l’un cesse de tirer, l’autre tombe… Un équilibre est à trouver, comme toujours ; dynamique, toujours changeant. Mais, lorsque le manque, la frustration, l’incompréhension, et le réveil de souvenirs de départs passés douloureux et de manques insupportables, sont là, il devient difficile de garder la tête froide et d’attendre, simplement, que le balancier sentimental de l’autre redevienne plus tendre envers soi.

Il fait un temps magnifique : pas de vent, un chaud soleil dans le ciel bleu, une fraîcheur matinale vite remplacée par la tiédeur du printemps si particulière, si agréable, où un air frais infiltre agréablement l’air tiède et presque chaud de l’après-midi. Et je suis seul… sans elle, qui souhaite passer ce week-end seule, à jardiner, et à travailler aussi. Et je souffre. Larmes de crocodile ? Non. Une boule qui remonte. Un sentiment d’être abandonné, repoussé, délaissé… alors que c’est juste pour un week-end. Mais, jusqu’au prochain week-end, cela fera douze jours sans la voir, car les coups de téléphone, ce n’est pas comme être près d’elle, pour câliner et embrasser. Je me sens frustré, blessé… alors que ce repli sur elle-même n’a pas grand-chose à voir avec moi sinon mon exubérance qui dépasse ce qu’elle peut gérer. Elle a fait le plein de moi. Et, pour me revoir, il lui faut attendre que ce trop-plein disparaisse et que le désir/besoin de me voir et de nous toucher lui revienne. Alors que mon désir de la voir, de la câliner et de la toucher, est continu, insatiable…, l’expression d’un désir puissant de vivre le présent, car le futur n’est pas garanti… ; ou comme quelqu’un qui n’a pas mangé à sa faim durant plusieurs années… Serai-je encore vivant le week-end prochain ? Fera-t-il encore un temps de printemps ou bien l’hiver reviendra-t-il gâcher les trois jours de liberté prochains ?

Bon sang. Lorsqu’on a retrouvé le goût oublié du plaisir d’être avec quelqu’une, il est bien difficile de s’en passer. Je suis accro… d’elle, bien sûr, mais aussi – bien sûr aussi – de LA femme : cet être incroyable que mes mains ne se lassent jamais de caresser, à la grande surprise de mon amie… Je ne pense à rien et, la caressant tendrement pour la redécouvrir à chaque fois, sans jamais me lasser, naissent des désirs, que ma douceur et ma tendresse et mon énergie presque d’adolescent transforment en vagues de plaisir chez elle. Plus de plaisir, m’a-t-elle dit, qu’elle n’a jamais connu. Jamais de tsunami aussi rapide à la submerger. Jamais deux monstrueux tsunamis dans la même journée. Et un mot qu’elle a glissé (inconsciemment ?) dans une phrase : « amoureuse ». De moi. Certes. Mais amoureuse de sa liberté aussi… hélas. Et je ne comprends pas comment, après tant de tendresse et de plaisirs que je lui ai donnés ou qu’elle a pris elle-même de mon corps offert pour son désir et son bon plaisir, elle peut supporter de rester plus d’une semaine sans retoucher à ma drogue… Mais, bon, je ne suis qu’un homme, et je ne comprendrai jamais rien aux femmes, je le crains… Sinon que, lorsque l’un a trop d’enthousiasme, l’autre peut s’inquiéter de ne pas ressentir un sentiment aussi fort, ou l’autre peut se sentir envahi au-delà de ce qu’il/elle se sent prêt/capable de lui abandonner de liberté. Être touché tendrement des yeux et du regard par l’autre : c’est doux et agréable, cela est si doux de compter pour quelqu’un ; mais il peut y avoir des limites… or mon enthousiasme, une fois démarré, n’a pas de limites… Mais je ne sais pas dissimuler… Je ne sais pas cacher… mon enthousiasme et mes désirs/besoins.

Mais, bon, retrouver sa maison, ses chats, s’occuper de son jardin, ce sont aussi de grands plaisirs, tout simples… qu’il serait bien doux de partager, si elle voulait bien.

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Une Réponse to “Dissimuler”

  1. Air fou Says:

    Cela me semble une situation plus qu’idéale et beaucoup plus porteuse de long terme.

    Heureux soyez-vous tous deux.

    Zède

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