Archive for février 2011

Dimanche tranquille

2011/02/20

C’est juste un dimanche tranquille à la maison…
Levé tôt, car mon amie avait formation à 8h30, la journée se déroule calmement…
Ranger le petit-déjeuner… et se préparer pour la piscine.
1 km 300 . 1km de crawl tranquille suivi de 300m avec des petites palmes. Ce ne sont pas les mêmes mouvements, et pas la même énergie à produire. Mes muscles travaillent différemment. Quelques étirements avant de quitter la piscine qui, maintenant, est pleine comme un oeuf de familles, d’enfants.
Repas tranquille : radis noir, riz rouge de Thaïlande, restes du poulet d’hier, mâche d’un paysan, achetés au marché d’hier, et du pain, pas assez cuit hélas. Suivi rapidement d’une profonde et irrépressible envie de faire la sieste ! Envie à laquelle j’ai eu le courage de céder…
Hummmm 1h1/4 tranquille, moitié endormi, moitié ensommeillé. Hummmm c’était bon ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas cédé ainsi au plaisir de dormir dans l’après-midi, obéissant aux signaux de mon corps désireux de se reposer un peu. Très bon.
Puis un peu de Web : courrier, OVS, …
Et puis, comme le temps dehors était à la pluie et qu’il y avait un rayon de soleil grâce à une trouée dans les nuages au-dessus du Vercors, qui montre que la neige est revenue (et le froid aussi), je suis allé faire un tour du parc, m’attardant face au soleil, comme un lézard fatigué mais heureux. Hummmm c’était bon. Jo et Christine n’étaient pas chez eux. Il y a des violettes qui ont fleuri, et j’ai des bulbes qui ont poussé dans ma jardinière à l’abandon : le printemps approche !!
Maintenant ? Un thé, un livre, le canapé, un peu de lectures diverses, un peu de chocolat, quelques étirements encore, comme un gros (c’est juste pour l’image !) et vieux matou qui fait jouer ses muscles raidis et ses articulations. Mais, bon, je me sens bien dans mon corps. Vivement de pouvoir de nouveau marcher en montagne, à deux. Quels livres ? Celui sur le Tadelakt ? pour comprendre son métier ? Ou celui sur le Maroc ? pour préparer notre voyage d’avril ? On verra bien. Je ne suis pas pressé. Ou bien encore celui sur l’amour « Métamorphoses de l’amour », de Nicolas Grimaldi ? On verra bien. Et puis, si je ne fais rien, si je laisse le temps filer, bercé par mes acouphènes, quelle importance ? C’est bon, ce calme… très bon. Attendons qu’elle revienne, et que je vois quels souvenirs et douleurs sa formation aura soulevés en elle. Je l’écouterai (si elle a envie d’en parler), et je la câlinerai (si elle a envie de mes bras). On verra bien. Il est urgent de ne rien vouloir, sinon le calme.

Les gens heureux n’ont rien à dire, paraît-il. C’est quoi, être heureux ? Le suis-je vraiment ? Suis-je dans l’oeil d’un cyclone, entre deux tempêtes ? On verra bien. Le présent est éphémère, le passé est mort, et le futur n’existe pas.

Aujourd’hui, j’ai eu le courage de ne rien faire. C’était dur… mais j’ai bien envie de recommencer.

Anouar Brahem

2011/02/13

« ELLE » m’a fait connaître la musique d’Anouar Brahem. Son dernier CD est « Le voyage de Sahar », assez mélancolique. Mais je préfère « The astounding eyes of Rita« , plus gai et très calme, idéal pour se détendre ; magnifique.

Idir : Lettre à ma fille

2011/02/11

Merci à Mina de me faire connaître ce poème d’Idir, pour sa fille Tanina.

Comme tous les matins, tu es passé devant ce miroir
Ajusté ce voile sur tes cheveux, qui devra tenir jusqu’à ce soir
Tu m’as dit au revoir d’un regard, avant de quitter la maison
Le bus t’emmène à la fac, où tu te construis un horizon.

Je suis resté immobile, j’ai pensé très fort à toi
Réalisant la joie immense de te voir vivre sous mon toit
C’est vrai, je ne te l’ai jamais dit, ni trop fort, ni tout bas
Mais tu sais ma fille, chez nous, il y a des choses qu’on ne dit pas.

Je t’ai élevée de mon mieux, et j ai toujours fait attention
À perpétuer les règles, à respecter la tradition
Comme l’ont fait mes parents (crois-moi sans riposter)
Comme le font tous ces hommes que je croise à la mosquée.

Je t’ai élevée de mon mieux comme le font tous les nôtres
Mais était-ce pour ton bien ? Ou pour faire comme les autres ?
Tous ces doutes qui apparaissent et cette question affreuse :
C’est moi qui t’ai élevée, mais es-tu seulement « heureuse » ?

Je sais que je suis sévère, et nombreux sont les interdits :
Tu rentres tout de suite après l’école et ne sors jamais le samedi
Mais plus ça va et moins j’arrive à effacer cette pensée :
« Tu songes à quoi dans ta chambre, quand tes amis vont danser ? »

Tout le monde est fier de toi, tu as toujours été une bonne élève
Mais a-t-on vu assez souvent un vrai sourire sur tes lèvres ?
Tout ça je me le demande, mais jamais en face de toi
Tu sais ma fille, chez nous, il y a des choses qu’on ne dit pas…

Et si on décidait que tous les bien-pensants se taisent ?
Si pour un temps on oubliait ces convenances qui nous pèsent ?
Si pour une fois tu avais le droit de faire ce que tu veux
Si pour une fois tu allais danser en lâchant tes cheveux…

J’veux que qu’tu cries et que tu chantes à la face du monde !
Je veux qu’tu laisses s’épanouir tous ces plaisirs qui t’inondent
J’veux qu’tu sortes, j’veux qu’tu ries, j’veux qu’tu parles l’amour
J’veux qu’tu aies le droit d’avoir 20ans, au moins pour quelques jours…

Il m’a fallu du courage pour te livrer mes sentiments,
Mais si j’écris cette lettre c’est pour que tu saches, simplement,
Que je t’aime comme un fou, même si tu ne le vois pas,
Tu sais ma fille chez nous, il y a des choses qu’on ne dit pas.

Ce qu’aimer veut dire

2011/02/11

Voici un livre intéressant : « Les métamorphoses de l’amour », chez Grasset, du philosophe Nicolas Grimaldi.
Voici les passages qui m’ont le plus frappé dans son interview pour Le Point de la semaine passée.

L’amour est une révélation.
– La solitude n’est pas insurmontable. Alors que nous sommes dans une solitude naturelle, presque originaire, nous découvrons soudain que l’autre, comme nous, attend un autre pour rompre sa solitude.
– L’autre n’est pas fatalement une énigme. Il n’est pas nécessairement incompréhensible. Au contraire, il peut m’être si intime, et je peux lui être si intime, qu’il me semble l’avoir toujours connu et que lui me connaît mieux que je ne me connais moi-même.
– Il existe quelqu’un dont je n’ai pas spontanément à me méfier. L’état d’innocence semble retrouvé. Entre nous, rien ne fait d’ombre, pas d’arrière-pensées, la peur n’a pas lieu d’être. Pas plus que la pudeur. Ni la honte. Elle m’aime comme je suis, je la prends comme elle est…
– La volupté. Le plaisir sexuel est la seule expérience qui soit sa propre justification : il se suffit à lui-même. Parvenir à cette transe voluptueuse à deux fait de l’autre, si l’on peut dire, un co-célébrant. En résiliant chacun sa propre identité, en nous rendant plus attentif à l’autre que sensible à nous-même, nous accédons ensemble à des confins de l’absolu.
– D’une façon plus vraie, plus lucide, et plus pathétique, l’amour vrai n’est pas suscité par la découverte de la perfection mais, au contraire, par la disgrâce, l’infortune et la déchéance. Au lieu d’être rendus amoureux par ce que nous pouvons recevoir, nous le sommes aussi, et peut-être plus souvent, par ce que nous pourrions donner. L’amour aurait alors son origine non pas dans un narcissisme originaire, mais dans une générosité vitale spontanée. Il faut distinguer l’ordre de la représentation et l’ordre de la vie. L’ordre de la représentation est celui où nous sommes soucieux avant tout de l’image que les autres ont de nous, où règne la tentation de plaire, d’être envié et d’être convié. Tout autre est la vie, qui ne cesse de s’épandre et se diffuser comme une lumière ou un flux. Nous vivons d’autant plus que nous transfusons notre propre énergie dans une autre. Ou bien la femme aimée sera un avantage de plus pour me faire admirer, ou bien je suis tellement émerveillé de son existence que je voudrais contribuer à son accomplissement. L’ordre de la représentation n’est pas celui du bonheur mais celui de la rivalité, constante et toujours malheureuse. À ce malheur de la séparation il n’y a de bonheur que par l’amour. Lui seul, l’amour, peut nous procurer ce sentiment que toute distance, toute séparation, sont abolies et que nous vivons dans une nouvelle innocence.