Pris

Je suis pris.
Je suis en prison.
Je suis son prisonnier.
Malgré moi.
J’ai longtemps cherché à me prouver que ce n’était que du vent, qu’une illusion.
J’ai cherché et trouvé toutes les mauvaises raisons qui me poussent vers elle.
Mais, après avoir tout retranché, il est resté quelque chose, qui a résisté aux tempêtes, au désespoir, à la folie, aux flambées amoureuse, à la raison, à la sagesse, à la déraison, à d’autres belles sirènes.
Est resté ma petite folie ordinaire. Un sentiment. Vrai.
J’ai cherché ailleurs.
J’ai trouvé d’autres gardiennes dont je pourrais bien vouloir devenir le prisonnier aussi, si je romps les chaînes où elle m’enchaîne malgré elle.
Je dépends d’elle, qui ne veut rien, rude et sauvage, peut-être plus libre déjà, après tant de temps à jouer à cache-cache avec moi, après m’avoir rejeté et fui deux fois déjà, mais toujours me parlant aimablement lorsque nous nous rencontrons…
Bientôt la boucle sera bouclée : hiver, printemps, été, automne.
Une longue année d’espoirs et de désespoirs, d’illusions, de désillusions, de renaissance, d’acceptation, de rencontres fortuites, de rencontres que j’ai fomentées.
Tout ça pour une voix.
Tout ça pour un sourire.
Tout ça pour son regard.
Tout ça pour sa vivacité, son indépendance, sa force fragile, sa détermination.
Tout ça par attrait de l’inconnu, pour la découvrir et comprendre ce qui se trame en elle, pour créer un lien, réciproque.
Tout ça pour la beauté de son art.
Tout ça pour apprendre de son art et nourrir le mien.
Tout ça pour …
Comprendre ce qui se cache derrière ce visage parfois dur et fermé.
L’apprivoiser. Pour qu’elle me découvre.
Qu’après lui avoir montré le pire, ne reste que le meilleur.
Peut-être.
Mes chaînes me rongent les poignets.
Qui me libérera ? Elle, ou une autre douce geôlière ?
L’amour. L’amour de l’amour ? L’amour d’aimer se sentir si vivant lorsqu’on aime ?
Amour absurde.
Amour illusion.
Amour indispensable.
Amour souffrance et délice.
Amour ne dure pas ?
Amour, toujours.
Amour. Indispensable.
Amour qui nous épuise et nous vide.
Amour qui nous tient et nous porte et nous transporte et nous pousse à faire ce que jamais on n’aurait pensé pouvoir faire, ni même imaginé peut-être.
Il me faut un philtre d’amour.
Qu’importe. Quoi que je fasse, le temps passe et m’emporte.
Mieux vaut se brûler les ailes que se faner.
Justement, ces jours-ci, j’ai l’allure d’un poulet rôti… 😉
Et me voilà, encore, à attendre son bon vouloir, pour – enfin – parler pour de vrai, pour résoudre les noeuds, pour me libérer des ses rets.
Attendre…
Attendre ne m’est plus rien.
Attendre, c’est vivre, malgré tout.
Je vis.
Mais j’aimerais, enfin, la toucher et l’embrasser…
Jamais peut-être…
On verra bien. L’essentiel est d’être vrai.

Attendre me consume…

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