4 ans

Vendredi, c’était l’anniversaire de la mort de mon épouse. 4 ans. Un bail… Une nouvelle vie a commencé pour moi… Mal partie, mais ça va mieux. On verra bien où ça me mènera.
Ai-je de la nostalgie ? Non, c’est fini…
Est-ce que je pense à elle ? Oui, bien sûr, mais rarement. Mais, parfois, je fais des rêves où elle est encore là… On n’oublie pas si facilement que ça 26 années de vie commune…
Maintenant, elle doit manquer encore beaucoup à mes enfants…
Le manque, entre un conjoint et les enfants, n’est pas comparable… Son intensité varie dans le temps, différemment… Mais, pour tous, il faut bien faire avec le manque… et avancer, encore, et encore.
Demain c’est la Toussaint. Et la Fête des morts, c’est le 2, jour de l’an celte. Fête catholique, non chrétienne. À la date opposée au 1er mai. Athée, je ne vais pas sur les tombes aux dates recommandées. J’y vais… quand je suis sur place. Et ça fait au moins 2 ans que je n’y suis pas allé, à 250km d’ici. De toute façon, on peut penser à quelqu’un (enfin, aux souvenirs d’une personne) en n’importe quel lieu. Et, dans ce caveau, il n’y a plus que des atomes, en vrac. « Des atomes, fais ce que tu veux » disait Baschung à sa future veuve… On dit parfois qu’une personne décédée vit encore un peu si l’on pense régulièrement à elle… Non, une fois mort, on n’est plus. Et penser à elle volontairement ne sert à rien, sinon à se faire du mal. Mais prendre conscience de ce que sa personnalité a laissé comme traces dans la pensée de ses proches, c’est lui donner sa place, c’est se concentrer sur l’influence de chacun sur la vie des autres, en bien ou en mal. C’est se rendre compte des interactions entre nous tous et se rendre compte que nous, primates humains, ne pouvons pas vivre sans les autres, sans de la bienveillance, de la tendresse, et de l’amour. D’où ma douleur, toujours profonde, d’en avoir pris conscience trop tard pour elle. Elle aurait aimé ma re-transformation, renouant avec ce que j’étais jeune et y ajoutant plus de profondeur (trop, peut-être…). Bon, « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », disait cet humoriste méconnu qu’était Nietzsche (sacré Fred, va ! toujours le mot pour rire !). Et, si la force qu’on tire de ces épreuves est proportionnelle à la souffrance reçue, putain ! je vais devenir sacrément fort ! 😉
Sur ce, je vous laisse, mon km de crawl m’attend !!

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2 Réponses to “4 ans”

  1. Une femme libre Says:

    Un deuil de sa compagne de vie, ça ne se règle pas si facilement. J’ai rencontré cet été à mon séminaire sur la Chine un veuf de 62 ans. Sa femme est morte depuis neuf ans, il n’en est pas encore totalement remis. A eu des aventures, mais rien de sérieux. Ne s’imagine pas encore avec une autre femme. Habite le même appartement décoré par sa femme et n’a rien changé. Évidemment, chaque personne réagit différemment à une telle épreuve. Il n’y a pas de règle. Mais quatre ans de deuil, c’est bien peu quand on a passé 26 années ensemble.

  2. trex58 Says:

    Oui, je sais que cela prend du temps…

    Je ne sais pas si cet homme a, comme moi, plongé tout au fond de la piscine, pendant 8 mois. Et c’est la renaissance de mon amour pour mon premier amour qui m’a donné la force de remonter à la surface. C’était fou et sérieux. J’étais prêt à tout quitter pour elle, si elle avait voulu de moi… Cette folie et passion incroyable, irraisonnées, que j’ai parfois, cela me fait faire des choses… exagérées, mais libératoires. J’ai plongé dans la philosophie, dans une psychothérapie, dans la poésie, dans plein de choses (à mon petit niveau… bien sûr).

    J’habite toujours le même appartement décoré par ma femme et j’ai changé bien peu de choses. Cela ne me gène ni ne me bloque. Par contre, il y a une chose que je n’ai toujours pas faite : dormir une nuit avec une femme (dans le même lit, s’entend !).

    Une fois qu’on a vu la mort à l’oeuvre, on est pressé de vivre… Chaque instant compte. Je discute avec et rencontre autant de femmes que je peux, en parallèle. L’une d’elles sera la bonne. Quant aux autres, elles deviennent des amies.

    4 ans de 48 à 52 ans, c’est très long… quand on sent que le temps va manquer… Je me dépêche… trop. Mais cette énergie, qui me consume, me fait avancer. Mieux vaut faire des erreurs que ne rien faire. Enfin… pas trop grosses les bêtises, quand même !!

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