Qu’est-ce que l’amour ?

J’ai toujours été embêté par l’amour… Je ne sais pas ce que c’est… Et, quand je ne sais pas ce qu’un mot veut dire, j’ai tendance à ne pas employer ce mot … au grand désarroi de certaines. Ou bien, pris dans un délire amoureux (une flambée, m’a dit ma psy), je déraille totalement, obsédé par l’être aimée : Trois fois en trois ans (j’ai pris un abonnement !). Mais, dans cette souffrance d’aimer sans retour, sans que ce soit réciproque, je préfère souffrir que ne rien ressentir pour quelqu’une…

Krishnamurti, dans son livre « Amour, Sexe et chasteté », dit la même chose, en mieux. Pour lui, quand jalousie et attachement sont là, l’amour est exclu. Et il dit : « J’ignore ce qu’est l’amour ». Dans l’attachement à une personne, il y a de la peur, de la jalousie, de l’angoisse, et un sentiment de dépendance. Parce que nous sommes seuls. Dans le reste de ce chapitre « Qu’est-ce que l’amour ? », il déroule le reste de son raisonnement, que je n’ai pas encore assimilé pour pouvoir essayer de le résumer ici. Mais je peux essayer de donner mon point de vue, qui n’est pas encore ma traduction de sa pensée, mais juste ma pensée juste effleurée par la sienne mais pré-existante à ma lecture de son texte.

L’amour. Un attachement envers une personne. Le sentiment d’avoir une « exclusivité » sur cette personne. Le sentiment (bizarre) de le/la posséder, de l’avoir enchaîné(e). Avec la jalousie qu’un autre le/la touche, l’embrasse et lui fasse l’amour. Avec la peur qu’un jour il/elle ne soit plus attaché(e) à moi, qu’il/elle soit attiré(e) par une/un autre, qui me le/la ravira, avec donc l’angoisse de me retrouver seul(e), de nouveau, seul(e) face à cette vie, qui s’écoule vers sa fin. La peur de l’ennui, de la perte des plaisirs et réconforts qu’il/elle m’apportait… La peur de devoir me débrouiller seul(e), de ne plus pouvoir m’appuyer sur un être cher, de ne plus avoir ce regard tendre sur moi et de pouvoir le rendre… La peur de l’angoisse de la solitude. La peur instinctive de me faner en me recroquevillant de douleur…

Pour moi : Aimer, c’est vouloir le bonheur pour l’autre, qu’il/elle soit avec soi, ou pas. Pas facile, hein ?! Avec un zeste d’épicurisme, ça passe assez bien… si les autres pratiquent aussi… Enfin, c’est ce que je pense quand je ne suis pas amoureux… ou, quand je suis amoureux d’une belle qui ne m’aime pas, c’est ce qui me permet de ne pas (trop) péter les plombs, je crois. Mais j’adhère à l’idée de Krishnamurti que la jalousie est le fruit pourri de l’attachement et du sentiment de possession de l’être aimé.

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4 Réponses to “Qu’est-ce que l’amour ?”

  1. miaasublime Says:

    Je me pose souvent la même question. Je crois avoir été amoureuse quelquefois (mais longtemps aussi) d’hommes qui n’éprouvaient certainement rien pour moi.
    Un jour j’ai cru avoir trouvé l’amour, du moins semblait-il réciproque. Et bizarrement, il n’était pas question de jalousie mais de confiance : la certitude que demain serait avec lui.
    Aujourd’hui, si on me parle d’amour, j’ai tendance à sourire : si c’est un sentiment universel, il me semble du moins que chacun doit en trouver sa propre définition. Pourvu que cette vision soit partagée avec l’être aimé…

  2. trex58 Says:

    Dans je ne sais plus quel livre, l’auteur comparait la durée des mariages issus de l’amour avec les mariages arrangés. Les seconds durent plus longtemps, bien plus longtemps… Pourquoi ? Si je me souviens bien, c’est parce que chacun des deux partenaires, contraint par sa famille à accepter l’autre, mais qui n’avait pas été choisi n’importe comment par les deux familles, et face à ce qui leur est imposé, se met, peu à peu, à découvrir l’autre, tranquillement, pas à pas, en construisant des liens de plus en plus forts autour de leur vie commune et des enfants. Bref : une association. Bien sûr, il y a eu aussi tous les mariages arrangés où la femme est trop jeune, ou mariée à un vieillard, ou contrainte à renoncer à une autre personne. Mais, globalement, l’auteur soutenait que, sans amour initial, simplement parce que, unis par leurs parents, ils devaient vivre ainsi, cela se passait plutôt mieux. Rappelons-nous aussi quelques statistiques : la 2ème union dure encore moins que la 1ère, et la 3ème encore moins que la seconde…

    Je me dis souvent que l’amour est une (belle) illusion, un mécanisme né de l’évolution et amplifié par les romans à l’eau de rose et par ce bonheur stéréotypé qu’on nous serine depuis l’enfance. Mais je me dis aussi que cela existe en vrai, mais bien plus rarement qu’on ne le voudrait : deux personnes qui se rencontrent et qui, sans tomber amoureux par manque ou par solitude, sans tomber dans la niaiserie, sans s’illusionner, en étant mature et clairs dans leurs choix, se trouvent bien avec l’autre, tous les deux, et veulent et font en sorte que cela dure, malgré l’usure, les vicissitudes, les soucis, les enfants, etc. Toute une intelligence pour continuer à avoir une relation riche et qui évolue, et que tous les deux réussissent à évoluer dans la même direction. Rare… Ou alors, bien moins rare et bien plus affreux, deux personnes qui se trouvent et qui, ensuite, par peur que la situation craque, n’osent plus rien faire : ils se figent dans leur relation, n’osant plus rien changer ni tenter, deux momies qui vieillissent ensemble (quelle horreur !).

    Mais, comme vous dites, chacun a sa propre définition de l’amour. Les hommes n’ont pas, en moyenne, la même que les femmes, il me semble… Mais, bon, c’est un sentiment variable selon les cultures et les époques. Ces femmes, dans ces cultures où le mariage n’existe pas, qui aiment-elles ? Comment peuvent-elle supporter de ne pas aimer un homme ni être aimées par lui ? peut-être, tout simplement, que les besoins de tendresse et d’affection dont nous avons tous besoin leur sont apportés par la fratrie avec laquelle elles vivent ?

    « La certitude que demain serait avec lui ». Il s’agit donc de confiance en l’avenir, d’espoir que ce qui est sera aussi demain. Simplement parce que nous savons que les liens que nous avons créés avec un(e) autre, il a fallu longtemps pour les créer… Il a fallu de nombreux moments importants, de nombreuses activités ensemble pour se confronter ensemble à des difficultés et bien se connaître et pour évoluer ensemble dans la même direction, pour se si bien connaître. Et il a fallu tellement d’heures pour se raconter, pour oser se dire à l’autre, lui dire ses secrets, ses espoirs, ses rêves, ses faiblesses, ses douleurs, ses peurs et ses hontes, avec toute la confiance qu’il faut avoir construite en l’autre pour oser s’abandonner ainsi. Enfin, il me semble… Alors, sachant combien il est difficile de recommencer à fournir un tel investissement émotionnel envers quelqu’un, sachant combien il est difficile de trouver quelqu’un, même s’il est bien différent du précédent, avec qui créer des liens intimes, alors, on a terriblement envie que cela continue, de ne pas perdre ce qu’il a été si dur et long de construire. Si demain n’est pas avec lui/elle, tout est à recommencer… et certains ne s’en sentent plus la force, doutent d’eux, avec les rides, avec la bedaine, avec les petits problèmes physiques, avec l’âge… Oui, je pensais bien vieillir avec mon épouse, toute difficile qu’était devenue notre relation (par la faute des deux mais surtout par la mienne), mais le crabe n’en a pas voulu ainsi… J’ai tout perdu, et il bien difficile de recréer un tel lien, même différent, de trouver une personne avec qui on a un sentiment, et avec qui c’est réciproque. Et, bien sûr, plus on cherche, moins on trouve, parce que chercher fausse d’emblée la situation. Mais, quand on est en manque, comment vivre avec cette douleur sans parfois péter les plombs et espérer désespérément que, cette fois, ce sera la bonne, et d’espérer, trop bien sûr, au lieu de laisser venir, de laisser le temps faire son oeuvre : créer des liens. Mais le temps me manque… ou : je suis toujours trop pressé, trop pro-actif…

    Oui, il me semble que, bien plus souvent que les hommes, les femmes tombent amoureuses sans que ce soit réciproque, ou pas de la même façon… À chacun sa définition de l’amour… Ou, plutôt, à chacun, en fonction de ce qu’il a hérité de son éducation, de voir différemment la relation amoureuse…

    Mais que je suis bavard… et pour dire bien des bêtises, je le crains.

  3. miaasublime Says:

    Les mariages arrangés duraient plus longtemps que les autres? Mais si on avait accepté de se subordonner aux choix parentaux, n’y avait-il pas alors une crainte plus forte avec le temps de casser cette union? N’était-il pas possible (sans vouloir dire fréquent) que certains arrangements libertins se passent au sein de ces couples, dont le fondement n’était pas nécessairement l’amour (donc pas question de jalousie, de confiance trahie), permettant ainsi à l’union de perdurer?

  4. trex58 Says:

    Oui, bien sûr, un mariage arrangé par les parents peut se transformer en deux personnes qui vivent leur vie sexuelle et amoureuse chacune de leur côté. Mais, aux époques où ces mariages arrangés se pratiquaient, cela n’était simplement pas possible… car tout se savait, dans ces petits villages qu’étaient nos villes. Enfin, cela devait être rare. Mais, dans certains milieux, juifs ou très catholiques ou très riches par exemple, l' »arrangement » des mariages continue…

    Pour que ce couple créé par la volonté des parents puissent vraiment se construire, avec le temps, il fallait bien que les parents réfléchissent et choisissent des candidats « acceptables » par les deux personnes. À cette époque, la vie était tellement difficile aussi que chacun souhaitait un petit bonheur simple… Ainsi, ma grand-mère s’était remariée, après le décès de son premier mari en 14-18, avec un cousin à lui, profondément marqué dans son esprit par les horreurs de la guerre… Mais, pour elle, mieux valait un mari avec le syndrome de la guerre du Golf plutôt que de rester seule pour faire face à ses difficultés (vignes détruites par le phylloxera, misère) et pour avoir une vie sexuelle et familiale « normale ».

    Mais, bon, je n’ai que des souvenirs vagues sur cette lecture. Il serait bon de retrouver un document confirmant ce que j’ai lu une fois.

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