AVC

Mon amie d’Aix a eu un AVC (Accident Vasculaire Cérébral) : une toute petite hémorragie dans le cerveau, mais à un endroit crucial. Pourtant, elle n’a aucun facteur aggravant, comme le tabagisme ou un sur-poids, ou de la tension artérielle. Une semaine après, elle a maintenant encore bien du mal à utiliser le côté gauche de son corps : besoin d’un déambulateur pour marcher, difficulté à utiliser sa main, encore des difficultés pour parler parfaitement et pour déglutir, grande fatigue dès qu’elle sollicite les membres atteints. C’est impressionnant… et triste. Je la plains, la pauvre. Mais elle ne souffre plus de maux-de-tête. Bientôt, elle ira faire de la kinésithérapie intensive. Et je lui souhaite de tout mon coeur de récupérer totalement de cet accident, que ce ne soit plus qu’un mauvais souvenir, un signal pour l’aider à penser plus à elle. Demain, après un traitement anti-allergie, elle pourra enfin passer les examens qui permettront de voir précisément l’état de son cerveau. J’imagine son angoisse… et sa crainte de ne pas récupérer totalement ses facultés physiques, de ne plus pouvoir faire son travail à forte responsabilité et qu’elle aime tant, de ne plus pouvoir aider autant ses filles, et la peur que cela se reproduise… Heureusement, ni sa mémoire ni son intelligence ne semblent atteints. Et, « guerrière » comme elle est, elle se battra pour reprendre ce qui lui a été – temporairement et indûment – enlevé. Elle a été très heureuse que je passe la voir et lui consacre presque trois heures chacun des trois jours où je suis passé la voir. Le temps passé à l’hôpital se traîne… Je sais comme il est pénible de rester ainsi, coincé, sans pouvoir faire grand chose, contraint à attendre, comme en prison, avec le moral qui joue du yo-yo, en attente de savoir ce que l’avenir nous réserve. Elle m’a dit que j’étais adorable de passer la voir. Je lui ai répondu que c’est elle, par sa gentillesse et sa bienveillance, qui donne envie à autrui d’être adorable avec elle. Ainsi, un de ses amis est venu de Toulouse pour la voir ! Les journées à l’hôpital sont plus courtes à discuter avec des amis. Je lui souhaite de se remettre totalement, de pouvoir reprendre sa vie passée, et – surtout – de prendre plus de temps pour elle et avec ses filles. Rendre visite aux amis qui souffrent, c’est – bien sûr – les aider à passer ce cap. Mais, face à ce malheur qui peut aussi nous arriver, nous sommes alors confrontés à la réalité de notre condition humaine, nous prenons conscience que notre vie et notre santé ne tiennent qu’à un fil, ténu. Occasion pour prendre conscience nous-mêmes de la chance que nous avons d’être en (relative, mais il y a toujours mieux et pire) bonne santé. Cette vie est absurde et souvent douloureuse ; mais bon sang que c’est bon d’être !
Son AVC me rappelle – bien sûr – celui de mon père (hémiplégie) puis celui de ma belle-mère (morte en 5 minutes, devant ma fille de 6 ans…).
Nous sommes vraiment une merveilleuse mais si fragile machine… avec une date de péremption.
Et il y a un moment, vers 50 ans, où l’on prend durement conscience de notre impermanence. Ce doit être un moteur pour nous pousser à mieux utiliser ce temps de vie qui nous est encore donné.
Et, pendant ce temps, une autre amie dit adieu à son père, mes demi-soeurs et frères disent adieu à leur mère, et je me prépare à voir s’évaporer puis partir ma mère. La Condition Humaine. Mais il y a pire encore…

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