Kant et son Kangourou

Kant et son Kangourou sont sur un bateau.
Kant tombe à l’eau. Qui reste-t-il ?

Pour connaître la réponse éminemment profonde et subtile à cette question fortement philosophique… il vous faudra lire le formidable petit livre : « Kant et son Kangourou franchissent les portes du Paradis », de Thomas Cathcart et Daniel Klein. J’avais déjà lu et beaucoup aimé « Platon et son ornithorynque rentrent dans un bar » des deux mêmes zigottos. Dans ce premier livre, ils parcouraient le champ de la philosophie en l’illustrant de blagues, faisant ainsi un livre de « philo-blague » où Woody Allen et Pierre Desproges ont le même statut de philosophe qu’un rigolo comme Wittgenstein. Mais, de ce premier opus, j’avais surtout apprécié les blagues, souvent fines, et dont j’avais appris quelques perles pour épater la galerie.

Dans ce deuxième opus, les deux compagnons se lâchent, et j’ai beaucoup plus ri de leur texte que des blagues qui l’accompagnent. Car le sujet de ce 2ème opus porte véritablement à rire, car que faire, sinon rire, face à la Camarde, la Faucheuse, la Mort. Oui, le sujet unique et essentiel de ce livre formidable est : la Mort, qui nous attend tous, au coin du bois (bizarre comme image… les bois seraient plutôt ronds par essence, non ?). Car, en vérité, il n’y a que deux choses qui soient sûrement vraies sur Terre : les théorèmes mathématiques, et le fait que nous mourrons tous. Finalement, sur un sujet qui nous concerne tant et tous, je ne comprends pas qu’il n’y ait pas plus de livres ! Quant aux deux auteurs, s’ils ont mis tant d’ardeur à écrire ce livre, c’est parce que le sujet les concerne de près : ayant presque passé les 70 ans (139 ans à eux deux), diplômés tous deux de Harvard College en 1961, le premier théologien et le second créateur de blagues et de sketches, ils sont bien à même de sentir l’irréversibilité du temps qui passe et le goût désagréable que donne l’impression que le sablier de leur temps de vie est presque vide… Alors, dans ce livre, ils ne parlent pas que de la mort, ils parlent aussi de LEUR propre mort. Et ça les fait rigoler ! Et moi aussi ! Face à la mort, ayant fait le tour de tous les philosophes sérieux et moins sérieux, et en en ayant ridiculisé plusieurs qui – pourtant – sont étudiés par des centaines de milliers d’étudiants de par le monde, il n’y a qu’une seule réponse : en rire !!! En effet, pourquoi se préoccuper d’un état qui n’existe pas quand nous vivons et où nous n’existerons plus quand elle sera advenue ?!? je vous le demande bien ! D’ailleurs, ils parlent beaucoup de l’angoisse que beaucoup de gens ont en pensant à leur future mort… Je ne comprends pas bien, à moins que ce ne soit lié à leur environnement : une culture et un lectorat initial essentiellement américain, donc religieux connement jusqu’au bout du squelette. Moi, je n’angoisse pas de ma mort, comme le faisait Marc Twain. C’est plutôt les secondes ou minutes qui précéderont qui risquent d’être … pénibles, voire douloureuses. Mais, bon, un arrêt cardiaque en plein sommeil, cela ne me déplairait pas ! De tous les philosophes étudiés (et beaucoup ridiculisés), l’un des plus sérieux semble être Camus, avec sa question essentielle : face à la mort se pose la question du suicide. C’est vrai que, mourir par soi-même avant de mourir sans le vouloir, c’est une franche avancée !! Mais, bon, lorsque (vraiment !!!!) la vie ne vaut plus la peine d’être vécue parce qu’elle n’est plus que souffrances physiques et/où incapacité de ne rien faire de son corps (comme dans « Johnny got his gun ») ou de ses pensées, on peut effectivement y songer. Mais je trouve que des écrivains voire des philosophes célèbres ont craqué bien avant leur heure pour des raisons ridicules. Franchement, quand tout va mal, il y a encore de l’espoir ! 😉 Et félicitations à la traductrice ! qui a su transposer le texte américain dans notre belle langue !

Alors, pour illustrer rapidement le livre, deux citations de Heidegger :
– « Se rendre intelligible est le suicide de la philosophie » : ça donne envie de le lire !!!
– « Si je prends la mort dans ma vie, la reconnais et lui fais face droit dans les yeux, je me délivrerai moi-même de l’angoisse de la mort et de l’insignifiance de la vie – et seulement alors je serai libre de devenir moi-même. » : Ah ! Là, je l’aime mieux !
– Et puis, comme moi, il trouve qu’une vie éternelle serait insupportablement fade et insipide, chiante comme un match de foot de deuxième division. Mieux vaut une belle partie d’échec en blitz qu’une partie sans contrainte de temps… Le zeitnot est fondamental dans le sens de la vie : sans le bruit discret du sablier qui s’écoule, la vie a beaucoup moins de goût !

Sinon, pour finir, une blague :
Docteur : J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
Patient : Quelle est la bonne ?
Docteur : Les résultats de vos examens ont montré que vous n’avez plus que vingt-quatre heures à vivre.
Patient : C’est la bonne nouvelle ! Et la mauvaise ?
Docteur : J’ai oublié de vous téléphoner hier…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :