Vercors… encore : Corrençon

Ca y est : le beau temps est (enfin) de retour. Ce lundi, par une belle journée, j’ai refait l’un de mes deux grands tours favoris, à 3/4h de Grenoble en voiture : Partir de Corrençon (dernier village du Nord Vercors avant le début du Parc) et monter au Pas d’Ernadan, en passant par la prairie d’Arbounousse. 5 heures 1/2 de marche. Mille mètres de dénivelée, il me semble… Un tour facile, mais toujours aussi beau, avec pas mal de névés encore, dans la forêt ou dans le dernier chemin vers le Pas.

Quelques rappels sur ce qu’il faut prendre avec soi en balade entre 1100 et 1700m, en fin mai. De bonnes chaussures ! Sans rire, 200 € la paire ça fait du 2€ la balade, pour 10 balades par an et pendant 10 ans. Trouver la bonne taille est fondamental… Et trouver des chaussettes doubles qui évitent les frottements. Un short solide. Des tee-shirts qui évacuent la transpiration, avec un de rechange. Un chapeau couvrant largement la tête. Des lunettes de soleil. De la crème solaire avant de partir (mains, visage, nuque). Des bâtons de marche ! indispensables pour marcher plus vite, grimper mieux, et être mieux assuré dans les chemins caillouteux ou difficiles. Une ou deux polaires dans le sac au cas où, et une veste imperméable et respirante. Deux litres d’eau en mai ; presque 3 en été pour une telle balade. Un bon sac-à-dos, léger et répartissant bien le poids. Avec : boussole, carte IGN, lampe de poche, cachets anti-douleur, sparadrap anti-ampoules, chaussettes de rechange, petites guêtres au printemps pour les névés, repas léger (et prévoir toujours un petit surplus, au cas où…). Alors, la veille : préparer le sac, vérifier le niveau d’essence, regarder la météo. Et se lever tôt le matin ! Car la première partie d’une balade (l’ascension) doit se faire AVANT de manger. Sinon, c’est pas possible… Je me souviens d’ailleurs avoir fait cette balade trop tard, une fois, et m’être engagé dans la montée raide (1h1/2) après manger, en plein cagnard de 2-3h, et assailli par les taons : l’horreur ! Enfin, ne pas hésiter à renoncer à ce qu’on a prévu de faire si l’on sent que le temps tourne à l’orage ou si l’on en a déjà plein les jambes : c’est lorsqu’on est fatigué qu’on se casse la figure.

La balade fait un large tour au début avec moins de 500m de dénivelée par la prairie d’Arbounousse : aucune vue, on se croit perdu au milieu des résineux maigrichons et des feuillus. Ensuite, on peut donc monter au Pas d’Ernadan, qui offre une vue sur les Alpes, par l’ouverture en V entre deux sommets. Et on peut monter facilement au sommet au sud.

Se garer au golf de Corrençon. Cette balade n’est pas compliquée… mais on croise pas mal de chemins et … rien n’est indiqué : ni la prairie, ni le Pas ; alors il faut prendre une carte IGN (du coin…). Descendre vers le sud comme pour prendre le GR, mais prendre à droite le premier chemin après le dernier trou du golf, au tout début donc. Le chemin monte doucement et serpente. À la « Fleur du Roy », repérer la fleur de lys sculptée à droite, et prendre le vieux chemin en face, au lieu du neuf à gauche. De toute façon, ils se rejoignent en haut. Ensuite, au prochain croisement, prendre le chemin vers le sud et marcher, marcher, marcher… À un moment donné, au bas d’une pente à droite, on trouve une autre fleur de lys. Le piège est que la bifurcation vers la prairie d’Arbounousse n’est pas indiquée : simplement, à un moment, le chemin reprend à l’ouest, voire un peu nord-ouest : vous avez dépassé la bifurcation, plein sud. Là, le chemin devient étroit, mais il suffit de le suivre. Peu à peu, le paysage s’ouvre plus et on arrive dans la grande prairie d’Arbounousse, avec une bergerie, après environ 2h de marche : une grande zone rase entourée de bois sur les collines autour. Au centre se trouve un grand bloc de calcaire : pratique pour se protéger du vent du Nord ou chercher l’ombre sous les sapins et couchés dans l’herbe. Si vous êtes en retard ou voulez juste faire le « petit » tour (4-5 h selon vos capacités), mangez ici. Sinon, prendre le GR qui se trouve à l’est et le suivre. Orienté Est au début, il passera peu à peu en Nord-Est puis Nord. Au bout d’une heure environ, arrivés à une petite prairie sur la gauche et une grande falaise sur la droite, vous vous trouvez à la cabane de Carette, qui ne se voit pas du chemin… Elle est à droite, vers l’Est. On peut s’y asseoir à l’ombre. La visite des 2 pièces est rapide ! Et attention aux orties ! Le chemin passe devant et monte vers l’Est, en longeant la falaise. Par moments, on se croirait dans un escalier… Le chemin louvoie, puis passe au Sud-Est, donc exposé en plein cagnard, et sous une petite falaise bien chauffée par le soleil : cette 1/2 heure de montée est à faire avant 1h de l’aprèm, sinon… Et c’est raide ! Arrivés en haut, il y a une zone en creux, avec des traces d’autres cabanes en pierre ; mais, lorsque la saison est bien avancée, les plantes cachent tout. Le chemin du retour est à gauche, au nord. Et le Pas est en face. On y grimpe facilement : c’est direct. Chercher les marmottes ! En haut, on devine à l’ouest en-dessous la prairie d’Arbounousse et, si le temps est magnifique, on peut voir le Mont Mézenc, dans le Massif Central : facile à reconnaître : 2 pointes avec un pont entre les deux, la plus haute au sud il me semble. Au Pas, on devine un chemin qui vient de la verte et lointaine vallée dessous : il me semblait que ce chemin était bien trop raide pour être pratiqué… mais j’ai vu un jour 2 marcheurs surgir de nulle part. En plus, le chemin passe par un trou dans le calcaire : une fois, j’ai même vu un choucard (sorte de corneille des montagnes au bec jaune, très peu peureux) plonger – les ailes repliées – dans le courant d’air ascendant passant par le trou et … resurgir de l’autre côté ! Depuis le Pas, on peut monter facilement au sommet au sud, qui culmine à presque 2000m. Facile, mais un peu raide, et puis on croit être arrivé deux fois… avant d’arriver au vrai sommet, où une magnifique pelouse orientée plein ouest attend le courageux pour le récompenser. Il me semble qu’on voit le Mont Blanc au loin, derrière les Alpes. En tout cas, belle vue sur Belledone et le Taillefer, et les Ecrins je crois. Ne pas s’approcher… car l’abime fait bien… 500m de paroi verticale. À l’automne, dans un jour calme, on peut entendre passer en sifflant les martinets, à pleine vitesse. Retour par le même chemin jusqu’au creux. 1h de montée et 1/2h de descente environ. Ensuite, on rentre sur Corrençon par un magnifique chemin qui serpente dans la forêt au début avant d’avancer presque tout droit jusqu’aux trous du golf, à l’est du GR donc. Une longe heure et demie de descente : les jambes déjà bien fatiguées, on languit d’arriver, et le chemin du retour semble/est très long…

Voilà, avec une pause pour manger et profiter du paysage, cela fait au moins 6h1/2 de marche et 8h passées en montagne. Parti tôt, et rentré tôt. Car le temps change souvent là-haut et l’orage arrive en fin d’aprèm, vers 5-6h souvent. Et soit vous partez à plusieurs, soit vous ne vous engagez dans le chemin du pas d’Arnadan que s’il fait beau, histoire d’être sûr d’être secouru en cas de chute.

Lundi, je ne suis pas allé au sommet… Un peu dur pour la 2ème balade de l’année, surtout avec ces névés un peu partout. Mais il faisait un temps splendide ! Et aujourd’hui je n’ai presque plus mal aux jambes ! 😉
Sinon, rien de tel que de marcher ainsi pour se vider la tête… Seul on va plus vite, mais à plusieurs c’est bien plus agréable.

Bonne balade !

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