L’amour…

L’amour, qu’est-ce que c’est ?
Je crains de ne jamais savoir répondre à cette question… la plus complexe qui soit…

Marcher la main dans la main dans la rue, peut-être… tout simplement ?
Un élan inexplicable et incompréhensible vers l’autre… sûrement.
De la douceur et de la tendresse… bien sûr. Mais pas toujours.
Bref, un océan de mystère… bien trop compliqué pour l’imbécile que je suis.
Ou bien, je n’ai pas les bonnes lunettes pour le voir… et mon coeur – pour le moment – est trop froid.
Ou bien… ou bien il faut arrêter de se poser des questions… juste essayer de vivre…
Je vais essayer… sans garantie.

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17 Réponses to “L’amour…”

  1. miaasublime Says:

    Croyez vous vraiment qu’il existe une réponse universelle à cette question?
    J’en doute

  2. trex58 Says:

    Non, bien sûr. Mais on peut essayer de faire une analyse des différentes (et nombreuses) façons d’aimer, les bonnes et les mauvaises. J’ai un livre sur les « mauvaises » : toutes les raisons qui nous poussent à aimer par manque, par besoin de l’autre pour être bien dans sa peau : une béquille.
    Mais, bon, quand on est bien dans sa peau, peut-on tomber amoureux ? Certainement, mais c’est peut-être bien plus difficile… De toute façon, nous sommes TOUS, plus ou moins, mal dans notre peau de chagrin…

    Ce petit billet était juste là pour dire que je suis, en ce moment, un peu perdu avec l’amour… après avoir été fou, et amoureux (fou surtout). Je crains que ce ne soit qu’une illusion… mais, bon, je ne suis pas un expert. J’ai, comme tout le monde, quelques expériences en ce domaine, malheureuses bien sûr, pour moi, et pour quelques femmes.

    Je crois qu’une bonne image pour l’amour à deux consiste à dire que c’est une petite gare en rase campagne : il est bien rare que deux trains, venant à l’opposé, s’y arrêtent en même temps… Bref, l’un et l’autre ne sont pas forcément en phase… C’est bien le malheur : les élans qui nous portent vers quelqu’un sont rares, et il est encore plus rare que ce soit réciproque, non ? Bon, en fait, je n’en sais rien… C’est un sujet qui me désespère…

  3. Une femme libre Says:

    Les hommes que je connais qui disent aimer leur femme, l’admirer et ne jamais vouloir la quitter sont aussi ceux qui me proposent de coucher avec eux.

  4. miaasublime Says:

    Peut-être qu’il n’y a pas un amour, mais des amours, qui se vivent différemment de l’un à l’autre, puisqu’avec le temps, l’amour se transforme, puisqu’il y a des sens uniques, des rond points dont on fait éternellement le tour.
    L’amour est un vaste sujet de philosophie, donc on cherche encore mais la vérité est ailleurs.

    @une femme libre : l’amour nous aide à construire une partie de notre vie, à engendrer, à grandir et quand un enfant devient grand il n’a plus envie de détruire la plus grande tour de cubes qu’il ai jamais faite : bref, on ne veut pas perdre l’amour de l’autre. Mais être fidèle, c’est différent : renoncer aux autres plaisirs de la chair sous prétexte qu’on doit à l’autre l’exclusivité : c’est un concept, une éthique de vie ou un sacrifice dont l’autre doit être vachement digne. Ce concept n’est a priori clairement pas partagé par les couples échangistes, mais beaucoup d’entre nous n’osent peut-être afficher une sexualité « hors norme » (la norme étant le mariage et la fdélité)…

  5. trex58 Says:

    Il est bien tard… et je reviendrai sur votre réponse. Juste un commentaire : ma voisine a une collègue (26 ans) qui, pendant un an, a « pratiqué » deux hommes, aux charmes différents, sans aucun trouble moral, même sachant qu’ils se connaissaient bien et qu’ils devaient bien le savoir. Bref, nous avons en tête des idées préconçue et … quand on enlève ces schémas « classiques », tout est possible. La « norme » n’a pas de sens. Et tout est possible si chacun des participants a une vision claire de ce qui se passe et l’accepte, vraiment, sans en souffrir, sans – surtout – « posséder » l’autre. Mais une telle liberté n’a qu’un temps… À un moment donné, on a envie d’être à deux. En fait, on parle d' »amour », mais je crains que ce ne soit une tromperie cachant notre besoin fondamental de ne pas être seul, et je crains que ce soit aussi une inclination à laquelle nous poussent les instincts que l’Evolution a mis en nous, sur des centaines de milliers de générations.

  6. miaasublime Says:

    Je suis d’accord avec vous, c’est une situation difficilement vivable sur le long terme. Pour ma part, je crois qu’une certaine Jalousie pourrait s’inviter au bal.

  7. trex58 Says:

    Si vous parlez d’être d’accord pour dire qu’une femme qui se partage entre deux hommes qui se connaissent et qui sont au courant ce n’est pas viable sur le long terme… je dirais plutôt que c’est rare mais possible. Apollinaire a accepté une telle situation pendant pas mal de temps. Mais, bon, cela dépend de ce qu’on veut dire par « long terme ». Dans « Whatever works », Woody Allen met en scène une femme qui couche et aime deux hommes en même temps, dans le même lit… Mais, bon, ce n’est qu’un film.
    Quant à la Jalousie, n’est-ce pas la manifestation d’un sentiment de propriété sur l’autre ? Pourquoi exige-t-on la fidélité de la part de l’autre ? Pourquoi ne pourrait-on pas aimer deux personnes en même temps ? La Nature montre bien plus d’invention et de liberté que cela… Même chez les couples animaux dits « fidèles », il apparaît qu’il y a souvent tromperie ! Car c’est un mécanisme fondamental mis en place par l’Evolution : les femelles choisissent des mâles aptes à nourrir, surveiller, protéger, voire éduquer les petits. Mais, en cachette, elles sont attirées par les gènes de mâles vigoureux et … sexuellement attirants, mais pas vraiment fidèles ! mais elles s’en foutent. Bref, instinctivement, les femelles cherchent un couple stable avec un partenaire ayant certaines qualités tout en se permettant des aventures donnant à leurs petits de meilleurs gènes ! Sans rire, nous avons hérité de cela ! Il y a des choses qui se passent en nous, et dont nous n’avons pas conscience, qui nous font choisir nos partenaires ou conjoint sans nous demander notre avis ! L’amour, c’est une tromperie de la Nature ! 😉
    Alors, la Jalousie, pour le mâle, c’est juste une conséquence de l’instinct en lui qui le pousse à s’assurer que ses petits sont bien de lui ! Ah, j’ai de drôles de lectures ! « Why sex is fun » de Jared Diamond.
    Un jour, si j’ai le courage, je posterai un billet résumant l’histoire supposée de la sexualité humaine : longue verge sans os pénien, ovulation cachée, sein, etc. Enfin, ce dont je me souviens…

  8. Une femme libre Says:

    La jalousie, c’est physique et ça fait mal. Partager la personne que l’on aime, c’est utopique ou masochiste.

  9. trex58 Says:

    Si l’on aime quelqu’un, la seule chose qui compte, c’est que celui/celle-ci soit heureux/se, ou – plutôt – qu’il/elle souffre le moins possible puisque le bonheur est un état instable. Alors, peut-être bien qu’on peut aimer de façons différentes ? Je n’en sais rien… mais il y a tant d’idées judéo-chrétiennes qui nous ont été transmises par nos parents et notre culture… que nous avons du mal à penser le monde autrement que par le filtre du couple. J’aime mes enfants et je les partage bien avec leur compagnon/compagne. Bon, c’est différent…
    La jalousie, c’est savoir qu’un/une autre partage des choses intimes avec celle/celui qui nous est cher/chère. Sur un autre forum, je vois déjà que des jeunes (et des moins jeunes) conçoivent que l’amour peut être séparé du sexe : en couple, ils acceptent pourtant que l’un ou l’autre ait des plans Q avec d’autres, dans la mesure où cela se limite à du Q…
    Je me sens incapable de partager quelqu’une, mais j’imagine que c’est possible, à condition que l’amour ne soit plus considéré autant comme une promesse réciproque de fidélité. Moins d’Amour et de possession, moins de jalousie… Sujet complexe…

  10. Une femme libre Says:

    Aimer ses enfants et aimer son conjoint, c’est bien différent. Le conjoint, quand on l’aime moins, quand c’est moins viscéral, quand on l’aime avec sa tête plus qu’avec ses trippes, là, oui peut-être que c’est possible de faire des arrangements, de fermer les yeux, d’accepter l’inacceptable. Mais moi, quand j’aime, je ne peux imaginer que le pénis de mon amant en comble une autre, il est à moi ce pénis, je l’aime, je l’adore, je le vénère, j’en ai besoin. Et j’aime la voix de cet homme, et savoir qu’il dit les mêmes mots à une autre, qu’il gémit avec elle aussi me cause une douleur intense, absolument physique. Je ne dis pas que ma façon d’aimer est la seule ni la meilleure et une telle intensité n’est pas facile à vivre, j’en conviens, mais c’est la mienne.

    • trex58 Says:

      Oui, bonne remarque, « Femme Libre » : lorsque, dans un couple, le manque de confiance ou l’usure s’installe (avec arrêt des relations sexuelles), il reste les enfants et tout ce temps heureux passé ensemble ; et, pour certains, une connivence intellectuelle ou le partage de goûts forts sur une activité ou l’art. Il est peut-être bien alors possible de ne pas vouloir perdre cet homme avec qui on a partagé tant de moments ou avec qui on partage encore des centres d’intérêts et avec qui on a encore une relation intense mais limitée à certains points mais plus sexuelle, mais vouloir ce qu’on n’a plu et qui nous est indispensable : le plaisir d’une relation neuve avec un corps et une personnalité à découvrir. Peut-être…
      Et ce que vous dites est vrai : savoir que « son » homme comble une autre femme peut être une souffrance. Mais, il en a « comblé » d’autres avant…

      D’après ce que j’ai lu, après une période de promiscuité sexuelle, les ancêtres primate des Hommes se sont probablement organisés – temporairement – en polygynie (un mâle protégeant plusieurs femelles, qui ont choisi le mâle librement), avant de venir à la forme actuelle : monogamie. Mais cette monogamie n’est pas universelle : les femmes Naxi ne se marient pas ! et ne vivent donc pas avec un homme. Elles prennent des amants, l’espace d’une nuit, et vivent leur besoin de protection et d’amour mutuels avec leur fratrie. Bref, les Hommes peuvent s’organiser autrement… Mais, il faut – pour cela – avoir reçu cette culture en héritage… sinon, la jalousie est toujours là… La « possession » de l’autre. Le refus de lui laisser sa liberté. La peur de le perdre. La peur de la concurrence. Le besoin de stabilité et de ne plus séduire mais jouir de la relation.

      Et donc, oui, votre façon d’aimer n’est pas forcément la meilleure… mais c’est la vôtre. Et, autrement, vous en soufreriez.

  11. Armande Simplette Says:

    J’ai lu un article (malheureusement je ne sais plus où) qui disait que la femme est attirée par les hommes qui génétiquement sont les plus compatibles avec elle pour reproduire la race. Comme chez les autres mammifères puisqu’il semble que les femelles acceptent l’accouplement avec les mâles susceptibles de générer des « bébés » sains. C’est pas très romantique, je vous l’accorde. Finalement, ça n’a rien à avoir avec l’amour mais avec la survivance de l’espèce.

    Je ne veux pas dire que l’amour n’existe pas. Mais il y a peut-être autant de conceptions de l’amour que de personnes. Peut-être que la définition que moi je m’en fais est différente de la vôtre, de celle de Femmelibre, de celle du voisin.

    Quant à la jalousie, une de mes copines psy disait que c’est une manifestation d’un amour-propre qui souffre plutôt que de l’amour. La rivalité entrainerait des remises en question pénibles sur soi-même. D’après elle, ce qui souffre c’est l’égo qui suppporte mal de se faire supplanter… d’où les questionnements « qu’est ce qu’elle a de mieux que moi cette grosse pouffe » et autres…

    Aimer deux personne à la fois, un très beau film « Marie-Jo et ses deux amours ».

    • trex58 Says:

      Oui, ce phénomène d’attirance non consciente est assez bien compris maintenant : des signaux (visuels ou olfactifs) sont reçus par notre cerveau mais n’arrivent pas à notre conscience. Ainsi, les hommes trouvent attirantes (et c’est universel) des femmes dont le rapport tour de taille sur tour de hanche approche 0.7. Sans qu’ils utilisent un centimètre, bien sûr ! Et on est aussi attiré instinctivement par un corps et un visage symétriques, sans défaut, etc. montrant que les gènes de la personnes sont sains et lui ont permis de rester en bon état physique. Et notre cerveau est capable de sentir certaines odeurs et d’en déduire la compatibilité de la personne avec notre propre code génétique (ni trop proche, ni trop éloigné) pour donner des enfants sains et ayant donc de grandes chances de survivre et de transmettre nos gènes. Et tout cela en une seconde et sans nous en rendre compte… Bref, nous ne choisissons pas vraiment…

      Quant à l’amour… peut-être faudrait-il parler de notre besoin profond d’être en communion avec quelqu’un d’autre, de pouvoir partager des secrets et des actes intimes avec lui, de se sentir compris, d’avoir de l’importance pour l’autre et réciproquement : le besoin fondamental de ne pas être seul dans la vie et face aux autres, avec quelqu’un qui compte bien plus que les autres, celui sur qui on peut s’appuyer (et réciproquement) : deux êtres pour faire face à cette vie « absurde », pour avancer à deux face à la mort, afin d’avoir l’impression de ne pas vivre pour rien, d’avoir une raison pour vivre… Et ce besoin peut se cristalliser dans l’Amour avec besoin de fidélité. Ou il peut se répartir sur différentes personnes, proches (fratrie, parents, enfants). Le couple, dans beaucoup de civilisations, est une « association » entre deux personnes dont la culture les a amenées à avoir des compétences complémentaires pour élever des enfants, et où la sexualité est juste un « bonus » permettant aux hormones de créer l’attachement. Et puis, à force de se fréquenter, on sait « lire » dans l’autre : il y a beaucoup moins besoin de discuter : on sait assez bien – voire très bien – comment l’autre va réagir à telle situation, sans le besoin de parler pour le comprendre. Bref, l’amour, le couple, c’est compliqué…

      Quant à la jalousie, s’il y a bien sûr le complexe de se sentir moins bien que la concurrente, il y a aussi la peur de revenir à l’état antérieur : seul, et de perdre tout ce qui est agréablement stable : pouvoir parler en confiance à quelqu’un, pouvoir se laisser aller totalement lors du coït. Alors que, avec une nouvelle personne, malgré le plaisir de la découverte, il y a une appréhension peut-être à se laisser aller, à se dévoiler entièrement ? Sauf si c’est le coup de foudre, l’effet de la passion. Mais, qu’est-ce que la passion ?

      Oui, tout ceci est bien compliqué… et nous dépasse un peu.

      « Marie-Jo et ses deux amours » ? Oui, j’ai vu ce film. Mais, comme tous les films, il ne permet pas vraiment de montrer toute la complexité de ce qui se passe dans l’esprit d’une personne. Seul un roman le peut. Le mari de Marie-Jo se sent un pouvoir sur sa femme… pouvoir qu’elle acceptait jusqu’au moment où, les enfants assez grands, elle est libre pour être « réceptive » à l’attraction d’autres hommes. Mais, en tuant son mari, elle fait immensément souffrir ses enfants ; et donc les conséquences de son geste sont globalement négatives. Penser plutôt au film « Sur la route de Madison » où Francesca renonce à son amour pour le bien de ses enfants. Francesca est dans la voie de la « Sélection naturelle » : elle est attiré par un homme libre mais garde son homme pour élever ses enfants ! Marie-jo, au contraire, met en péril la survie de ses gènes par le trouble profond que subissent ses enfants.
      Mais Marie-Jo n’aimait pas 2 hommes à la fois ! Elle voulait partir, quitter le père de ses enfants, qui utilise tous les moyens possibles (il est riche et influent) pour que la romance de son épouse échoue. Elle est bien victime d’un homme qui n’accepte pas que son « bien » décide de le quitter pour un autre. Et, si son mari souffre tant, c’est que c’est pour lui un échec, un échec face à tous les gens « importants » qu’il côtoie et dont il est dépendant psychologiquement : il ne supporte pas que son « image » parfaite soit abîmée par son épouse. Cela rappelle les crimes d’honneur, où un frère voire un père tue la fille qui couche (ou même simplement regarde !) un homme qui n’a pas été choisi par sa famille. Bref, toujours ce déséquilibre entre les hommes et les femmes… Libérez-vous, merde ! Y’en a marre du judéo-christianisme ! 😉

  12. Armande Simplette Says:

    Toujours selon les mêmes études, la première année du couple se fonde sur la découverte sexuelle intense de l’autre. Là résiderait son principal intérêt. Ensuite, l’intérêt tombe un peu et c’est la période où normalement on établit (ou pas) les liens affectifs, la connivence, la complicité, l’entraide. Cette seconde période dure quelques années et c’est pourquoi nombre de couples se séparent après 7 ans… la fameuse crise des 7 ans ne serait donc pas une invention. Les couples qui survivent, survivent donc sur tout un réseau affectif tissé soigneusement et qui représente, peut-être, ce que l’on nomme communément « amour ».

    La passion, je dirais que c’est un sentiment rare qui habite entièrement celui qui le vit, qui ôte toute pudeur et inhibition. Mais, je crois, qu’à terme, il n’est pas viable.

    Il doit y avoir deux films du même titre, je crois. Dans le mien, la Marie-Jo conduit un taxi ambulance dans Marseille, son mari est un travailleur manuel qui fait de la rénovation domiciliaire et son amant est une sorte de gardien de phare. Mais elle les aime tous les deux. Elle est mise devant le choix parce que les deux homme se la « disputent » mais quand elle est avec l’un, elle pense à l’autre et inversement. Bien sur, cela fait mal à sa fille qui ne comprend pas et juge du haut de son intransigeante vingtaine. Et à la fin, elle en choisit un des deux mais de la manière la plus absolue qui soit. C’est un film avec Ariane Ascaride.

    Si vous saviez combien il est difficile de libérer d’une éducation bien pensante!!! 🙂

  13. trex58 Says:

    @Armande Simplette: Marie-Jo et ses deux amours : JE ME SUIS TROMPé de film ! Désolé… Je suis allé trop vite… Et je ne retrouve plus le film… Voilà, c’est tout à fait humain : une femme, deux homme, le midi, et hop !, mon cerveau a fait trop rapidement un lien… avec le film que j’ai vu l’an passé je crois, et je me suis mis à parler d’un autre film… Il faut que je retrouve le titre du film auquel je pensais !

    Sinon, oui, d’après ce que j’ai lu aussi, les enfants de nos lointains ancêtres commençant à être vraiment sortis d’affaire et autonomes quelque part entre 4 et 8 ans (en fonction de la centaine de milliers de générations qu’on remonte), la Nature a sélectionné un mécanisme qui crée de l’attachement, pour que le couple reste uni pour élever les enfants : une panoplie d’hormones nous font nous sentir « bien » avec l’autre. Et puis, une fois ensemble et que, comme vous dites, nous avons entrelacé nos affects et nos vies (occupations, amis, répartition des rôles (maison, enfant), etc), et que rien ne vient perturber une vie d’ailleurs souvent fort occupée… le couple survit. Finalement, être libre et pouvoir découvrir d’autres hommes/femmes, c’est bien sympathique… mais c’est pas facile. On s’habitue au ron-ron du couple et on craint la complexité et la difficulté d’autres relations. Et il y a la peur de perdre une situation dans laquelle on est bien, et on a peur de souffrir de se retrouver seul(e)… Être seul(e), sans personne à qui se confier ou contre qui se blottir… ce n’est pas facile ; surtout lorsqu’on y a longtemps goûté…

    L’amour, la passion : oh, je crois qu’il faudrait un fort gros bouquin mélangeant toutes sortes de domaines de recherche pour bien en parler ! Sur son site http://michel-terestchenko.blogspot.com/2010/04/pour-une-ethique-de-la-bienveillance.html M Terestchenko parle aussi de « bienveillance », quelque chose de moins fort que l’amour. Le problème est bien, avec l’amour, que nous pensons trop de façon dichotomique : il/elle m’aime ou pas ?!? Ce qui veut dire que l’autre attend des manifestations (fidélité, etc…) de l’amour alors que l’autre est simplement bienveillant…
    Quant à la passion, c’est proche de la folie, non ? proche du rêve éveillé, quand on n’est plus capable de voir vraiment et qu’on ne veut voir chez l’autre que ce qu’on veut voir. Mais, bon, j’ai un peu connu ça… et, quand on ne tombe pas dans la folie, cela donne une énergie « phénhormonale » incroyable, capable de soulever les montagnes ! Mais le soufflet finit par retomber…

    Se « libérer d’une éducation bien-pensante ». « Bien-pensante » : vous voulez dire le truc qui est lié à : religion, bourgeoisie, bien/mal, morale chrétienne, Prince Charmant, femme au foyer, amour/toujours, mariage, position du missionnaire, etc ? Oui, j’imagine… car je n’ai rien eu de tout ça, ou presque. Moi, j’ai plutôt eu une non-éducation ! résultant en une personne mal préparée à la vie en communauté, et donc maladroite. Mais, bon, dans cette deuxième vie, j’essaye d’apprendre ce qui me manque… Et donc : oui, une fois qu’on a intégré dans sa façon de penser des idées bien « carrées », voire bien « coincées », il n’est pas facile de s’en libérer… C’est bien là le dilemme de tout éducateur : Si on ne met rien dans la tête d’un enfant, il pousse comme un liane et va vers n’importe quelle lumière, bonne ou nuisible… Et, si on met des idées bien claires mais trop « fermées », il risque de s’y enfermer, d’y rester piéger, de rester attaché à la lettre plutôt qu’à l’esprit. Les enfants absorbent comme des éponges, avant de se rebeller et de rejeter. Peut-être bien que, à un moment donné, il faudrait leur donner les moyens d’analyser et de se poser des questions, avant qu’ils ne rejettent leur éducation et ne prennent, par un méchant plaisir de désir d’autonomie envers les parents, l’exact contre-pied de ce que les parents (et l’école et la société) ont voulu leur faire intégrer… Mais, alors, où serait la cohésion d’une société où chacun remet en cause les fondements de celle-ci ? Donc, la liberté de penser individuelle va peut-être bien à l’encontre de la cohésion de la société dans laquelle on vit…

    Alors, quelle éducation « bien-pensante » avez-vous eue ?

  14. Armande Simplette Says:

    Une éducation judéo-chrétienne bon teint. Je suis née quelque part dans les années cinquante. C’était le temps où on allait encore au catéchisme histoire d’avoir rapidement à l’esprit la notion de péché. C’était encore l’époque des tabous et de ce qui est moralement acceptable. Le bien, le mal, les filles qui couchaient avant le mariage étaient des filles de mauvaise vie, l’avortement était pire qu’un blasphème, la femme pouvait avoir un emploi (pas une carrière, ça c’était un domaine exclusivement masculin) mais celui-ci devait encore céder le pas à la maternité, voire dans certains cas s’abandonner pour cause de mariage. L’homme était encore le pourvoyeur et la femme la vestale du foyer. C’est ainsi que nos mères avaient été élevées. Plus ou moins hypocritement d’ailleurs parce que des femmes adultères et les filles qui fautaient, ça se fait depuis la nuit des temps. Mais bon, elles avaient été élevées comme ça et c’est le modèle qu’elles dupliquaient. Ma génération s’est retrouvée plus ou moins coincée entre deux écoles de pensée. La traditionnelle de nos mères et l’autre, l’école montante de la libération sexuelle de la femme, de son autonomie, de son droit à disposer de son corps. Pour beaucoup d’entre nous, nos mères ne se risquaient pas à nous parler de sexualité. Ou alors en termes tellement voilés que ça en devenait hermétique et incompréhensible. Les journaux féminins des années 70 nous parlaient eux de la découverte de notre point G… alors que certaines d’entre nous ne maîtrisaient pas encore la théorie basique de l’acte. Les mêmes journaux nous soumettaient que nous pouvions aussi faire de longues études, faire des carrières, remettre à plus tard la famille, les bébés, alors que pour nombre d’entre nous le mariage était encore une fin en soi. Certaines filles de ma génération ont revu leurs valeurs, ont jeté aux moulins leur vertu et toute la pudibonderie qui allait avec et d’autres sont restées fidèles au modèle maternel. La plupart de mes amies sont des quinquagénaires et il ressort de nos longues et nombreuses palabres que certaines rejettent aujourd’hui les derniers vestiges du modèle traditionnel. Souvent d’ailleurs parce qu’il n’a pas été garant de succès.

    Je crois, en effet, que la passion est assez proche de la folie. Il me semble que celui (ou celle) qui l’éprouve en perd sa capacité de jugement, voire même son bon sens. C’est un sentiment extrême et je crois que ceux (ou celles!!) qui l’ont vécu (et vaincu) se sont fait de beaux souvenirs pour les soirs d’hiver. Je pense aussi que la passion n’a pas de réel avenir puisque justement trop extrême.

    Avez-vous vu le Marie-Jo auquel je faisait référence? J’ai longtemps cru que d’aimer deux hommes à la fois ça ne se pouvait pas, que c’était une version pudique qui cachait sous le vernis de l’amour le déséquilibre d’une union que l’on ne voulait pas achever et le complément à ladite relation que l’on allait chercher ailleurs. C’est ce film-là qui m’a fait changer d’avis. Il y a quelque chose de tellement juste et de tellement poignant dans le personnage de la femme que ça m’a convaincue que c’était bel et bien possible.

  15. trex58 Says:

    Je suis né aussi dans les années 50. Et la vie de ma mère montre bien que ne pas agir « sagement » comme une femme « normale » pour l’époque cela entraîne bien des problèmes. Je suis né enfant adultérin, mais reconnu plus tard. Ma 1/2 soeur a eu moins de chance et en a souffert longtemps…

    Car le problème fondamental de la femme, c’est la grossesse, puis l’éducation de l’enfant. Lorsque le « père » n’assume pas ses responsabilités, lorsqu’on gagne peu, lorsque les structures d’accueil sont inexistantes, lorsqu’on est fâchée ou loin de ses parents, lorsqu’on a peu ou pas d’amis, avoir des enfants hors du mariage n’était pas une sinécure… Or, à ces époque-là, pas de pilule et bien peu de préservatif. Donc, le risque d’être enceinte était grand, avec des conséquences possibles terribles : avortements clandestins, stérilité, mort…

    Alors, il était difficile pour une femme d’être hors du mariage. Mais, dans le mariage, pourquoi devait-elle être dans l’esclavage, dans l’infériorité ? pourquoi devait-elle être ignorante des choses du sexe, ne pas connaître et avoir droit à la jouissance, ne pas pouvoir avoir un compte en banque ou voter au début du XXième siècle ? etc… L’Eglise Catholique ! Elle était bien là pour conserver à chacun sa position… dans le respect de traditions où l’homme est supérieur à la femme (Eve qui sort de la côte d’Adam…).

    Dans une relation où l’une se sent prisonnière et l’autre se sent dominant, même si l’un et l’autre le savaient et l’acceptaient, il y a le risque que ce statu quo explose un jour… surtout à notre époque où les femmes peuvent plus facilement qu’avant être indépendantes. Alors, si l’homme et la femme sont véritablement égaux en droit (à part la grossesse…), chacun fait plus attention à faire ce qu’il faut pour garder l’autre, s’il l’aime. Lorsque le couple n’est pas garanti par un contrat (devant Dieu !), on y fait peut-être plus attention, on s’interroge… au lieu de vivre tranquillement selon un schéma déséquilibré pré-établi.

    Oui, peut-être que ma position de défenseur de la liberté des femmes (au moins en paroles…) vient de l’exemple de la vie de ma mère… Mais elle en a payé un sacré prix.

    Quant à la passion… je l’ai connue et j’étais fou. Mais que c’était bon ! sur le moment… Après, quand on se rend compte, il est dur de s’en remettre et d’accepter qu’on aimait un rêve… même s’il était charmant. Mieux vaut un calme et clair attachement pour quelqu’un avec qui on peut partager la vie pendant longtemps, peut-être… Mais, bon, on ne choisit pas, on est choisi !

    Non, je n’ai pas vu ce film « Marie-Jo »… Je loupe souvent les bons films !

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