Les seins de glace

En faisant mes courses ce matin, alors qu’il fait un presque temps de novembre, j’ai entendu quelqu’un dire que la cause de ce temps bien froid vient des seins de glace. Chaque année – paraît-il – à la même époque, les femmes de France et de Navarre ont les seins qui se refroidissent, voire même au point de prendre glace… mais là, ce sont des racontars, faut pas exagérer de trop et me prendre pour plus con que je ne suis déjà. Bon, je connaissais les marées rouges, qui envahissent la France tous les 28 jours pour le plus grand bonheur des marchants de papier buvard, ainsi que les ballons gonflés à l’azote en neuf mois par le miracle du saint qui s’y est pris à deux fois pour y arriver, mais j’ignorais ce phénomène… et pourquoi donc ne dépasse-t-il pas nos frontières ? Il paraît que ce serait à cause des seins de Mamert sous la lune rousse ; encore des billevesées pleines de vent au lieu d’urine, car ma mère n’y est pour rien, la pauvre. Alors, si j’aime les seins fermes et dressés, je ne pense pas qu’un sein tiède voire même glacé soit bien agréable à caresser… D’ailleurs, est-il encore seulement sensible ? Je crains que non… ce qui en enlève tout le charme et nuit à notre désir de glisser notre main dans son nid. Pauvres femmes… passer de mâle en pis congelés. Et pauvres de nous autres, mâles mal en point, devant attendre que cette dure (mais heureusement courte) période du calendrier soit passée pour pouvoir de nouveau caresser, palper, pétrir, et sucer ces fruits qui balancent là-haut dans les plis des tissus transparents en haut de l’échelle – afin de pouvoir de nouveau entendre la mer et la mère gémir dans son antre purpurin que j’aime tant visiter. Mais j’imagine que le pire est réservé aux Sénans, qui en ont Raz la mer d’Iroise de voir les seins de leurs compagnes durcir et se refroidir à cette saison, alors qu’ils auraient bien besoin de se réchauffer les mains après plusieurs jours de pêche en mer et d’onanisme forcené. Je pense d’ailleurs que c’est pour cela que, comme les Pascuans (le Rap a nui là-bas aussi d’ailleurs, comme à moi et aux Moaïs) avec leurs têtes de noeud dressées face à la mer pour se faire gifler par les vagues en punition de leur grandes et petites oreilles que leurs femmes tiraient trop ou pas assez et avec leur belle écriture rongorongo hiéroglyphique faite de vulves et de pénis joliment alternés, ils ont érigé un monument à la gloire de leur érection inutile et priapique : le Phare de Sein, dressé à l’extrémité occidentale de cette île bizarre en forme de soutien-gorge dégrafé (Joël au balconnet, Jacques aux nichons ?), aux plages plus belles et plus sauvages que celles de Nice où Mireille psychopathait, et moderne successeur des antiques menhirs dressés vers le ciel (pour l’enculer ?) par nos ancêtres certes rustres mais fort bien membrés. Mais, bon, finalement, si – pendant trois jours – la température de vos pauvres miches baisse de quelques degrés et que vous êtes en quête d’une bonne âme (et de mains chaudes et douces et caressantes) pour les réchauffer, et à défaut d’un expert boulanger sous le sein, n’hésitez-pas à faire appel à mes services, car je suis expert en pelote et si j’aime aussi l’essaim c’est moi qui pique car je suis en ru-che. J’avoue donc être un mammophile invertébré et désaxé, né au pays des mamelles géantes des puys de Dôme que j’aimais escalader dans ma jeunesse, subjugué par leurs courbes incroyables montant vers l’extase du sommet et du thermomètre à la statuaire grecque, et adepte fanatique du Champagne bu dans l’empreinte du galbe de votre sein (et pour vos flûtes, Mesdames, c’était quoi ?). Et j’adore ce monde moderne où l’on dépense cinq fois plus d’argent pour les implants mammaires et le Viagra que pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer, de sorte que dans trente ans il y aura plein de femmes à gros nichons insensibles (de vrais seins de glace… tristes et débandant) et pleins d’hommes pourvus de superbes érections, mais tous incapables de se rappeler à quoi ça sert !! Quant à moi, dont la mémoire (et le reste aussi) fonctionne toujours très bien – je vous rassure, et toujours à propos des seins, je les aime ferme, doux et sensibles, et à la taille de mes mains – ni plus ni moins, avec une belle framboise au sommet, pour l’entrée ; quant au dessert, si j’ai goûté la fraise mais pas ce genre de chocolat, je vous laisse deviner ce qui me plaît et dont je ne me lasse point et qui – lorsque je suis en manque – me fait dire et écrire plein de bêtises. Bonne entendeuse, salut ! Alors, en ce jour d’Ascension (encore un jeudi ! zut) où l’envie d’escalade et d’autres jeux de grimpette me taraude, j’aimerais bien – moi aussi – monter au 7ème ciel, en bonne compagnie, après la non-quarantaine dont il est d’usage après un non-voyage en Île de non-Pâques. Enfin, pour conclure, je lance un appel aux Saintes : n’y touchez pas ! Appelez-moi plutôt pour me permettre encore d’exercer mon art de prestidigitateur… et donc vous déglacer, c’est-à-dire vous faire fondre comme neige au soleil sous l’effet magique de mes doigts, en attendant de voir peut-être un jour la rare et mystérieuse fontaine se mettre à couler jaillir en récompense de ma persévérance…

Aucune bouteille de vin n’a souffert lors de la rédaction de ce morceau d’anthologie. (hélas…)

Publicités

9 Réponses to “Les seins de glace”

  1. miaasublime Says:

    Voilà un texte qui ne me laisse pas … de glace!

  2. trex58 Says:

    Allez donc lire : https://trex58.files.wordpress.com/2009/01/femmesjevousaime2.pdf pour, après avoir fondu, bouillir un peu plus… Des rimes, comme votre « rugby », mais avec des alexandrins… 😉

  3. miaasublime Says:

    J’y cours, merci

  4. miaasublime Says:

    Qu’y a-t-il de plus agréable que de se cultiver en lisant du cul? Merci pour ce très beau texte.
    Je vous quitte, j’ai du vocabulaire à enrichir…

  5. trex58 Says:

    Du « cul » ?! Quand même ! Oser dire cela de mon chef-d’oeuvre ! 😉 Bon, il manque tout le début… Un jour, je le finirai, tranquillement.
    Pour le vocabulaire, j’en dois une partie à Gérard Zwang : « Eloge du con », livre très intéressant, même si l’auteur a un certain parti pris… classique.

  6. miaasublime Says:

    Oh, mais je ne voulais pas vous vexer, d’où ma pirouette pour vous quitter. Seulement je manquais d’inspiration et j’aimais bien la répétition entre ces deux termes longtemps pour moi antagonistes (désolée pour mes réflexes peut être archaïques mais pour moi culture est compatible avec QI, le reste étant trop cucul!)

  7. trex58 Says:

    Mais vous ne m’avez pas vexé ! Je plaisantais !
    Culture et cul vont très bien ensemble.
    Et je vois bien les inégalités et défauts dans ce texte, dont la composition s’est étalée dans le temps… Au moins 1 heure de travail par ligne !! 🙂 D’où ma difficulté à m’y remettre. Et puis, recommençant à pratiquer, après une (trop) longue abstinence, j’ai peut-être moins besoin d’écrire dessus ! 😉

    D’ailleurs, à propos toujours de cul et de culture, pour les hommes, il n’y a que deux choses importantes : les femmes et la poésie. Bien sûr, dans les femmes, il y a l’amour et le sexe… mais on écrit rarement des poésies parlant de sexualité. Et le faire avec respect et beauté et tendresse n’est pas facile… Et puis, ce genre de texte choque certaines personnes… Le faire, oui ; mais pas en parler !

  8. miaasublime Says:

    Disons que toutes les manières ne se valent pas. J’aime assez peu les mots crus sur lesquels on mets toujours, trop vite, la même image.
    Votre texte a pour atout de susciter l’imaginaire et c’est très bien.

  9. trex58 Says:

    Oui, les mots rares, mais adéquats, ou avec une belle musique, ou bien associés avec d’autres, ou une belle image simple, cela donne de la matière et de la beauté à quelque chose qui, sinon, serait bien trivial… Car, depuis des millions de générations, c’est bien toujours la même chose !

    Il y a un recueil de Verlaine de poèmes érotiques. Mais c’est lassant… Il y avait les « 11000 verges » d’Apollinaire je crois, mais j’en ai un souvenir un peu triste… Et j’avais hésité à acheter un recueil de poèmes érotique à la FNAC il y a un mois et … il n’y ait plus ! Zut !

    Oui, pour le sexe, soit en parler par des images, soit employer des mots et des phrases qui transfigurent les choses…
    Mais il me manque toujours le début de mon poème !!! On a l’impression que je ne pense qu’à la conclusion : Non ! Les seins, les fesses, le ventre, les cuisses, les jambes, les mains, le regard, le visage, les yeux… il y a plein de belles choses à dire encore. Un de ces jours, quand j’aurais l’inspiration et que j’arriverai à rester éloigné toute une journée de ce PC. Mais avec mon livre de rime et mon dico à portée !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :