Escalade…

Imaginez : La veille, vous avez décidé de faire une belle escalade, longue et difficile, qui vous prendra toute la journée. Vous passez la soirée à lire le guide et à connaître presque chaque centimètre de rocher de la voie que vous avez choisie d’emprunter. C’est l’automne, les jours ont bien raccourci mais il fait un temps doux et splendide, sans vent. Arrivé à l’aube devant la muraille, vous commencez à grimper, tranquillement et patiemment, observant chaque prise avant de l’utiliser, avançant peu à peu, collé contre la roche fraîche qui se réchauffe peu à peu car exposée plein sud. De temps en temps, vous faites des pauses, suspendu en plein ciel, toujours collé le nez contre la paroi maintenant tiède, mangeant les quelques et légères provisions emportées. Le soleil qui vous chauffait le côté droit du corps a – peu à peu – tourné et vous a successivement chauffé le dos puis maintenant le côté gauche du corps. Bientôt la fin de la courte journée arrive. Bientôt la fin de cette dure escalade. Les muscles sont fatigués, vos yeux n’en peuvent plus d’avoir scruté et étudié chaque centimètre carré de cette falaise, le corps est épuisé, mais vous êtes heureux. Au moment où vous atteignez le sommet de cette formidable falaise et que – enfin – vous retrouvez un sol plat pour vous mettre debout, vous vous retournez et regardez – enfin – le paysage au sud de la falaise : et vous prenez conscience alors du plus magnifique et formidable paysage que vous ayez jamais vu, d’une profondeur et d’une complexité incroyable, avec de nombreux plans qui se succèdent jusque dans le lointain, mélange de roches, de forêts, de lacs et de paysages champêtres entourant quelques villages tranquilles traversé par quelques rivières, fournissant à vos yeux et à votre esprit de quoi s’occuper sans s’ennuyer pendant toute une journée – fusse-t-elle une longue journée d’été – à découvrir toute cette beauté. Alors, brutalement, le soleil se couche et la nuit tombe et vous ne voyez plus rien, et vous rentrez par le chemin de retour éclairé par la pleine lune en vous maudissant pour avoir préféré la tension nerveuse du danger, vous imposant la contemplation de tous les grains de rochers de cette putain de falaise, à la calme contemplation d’une beauté infinie : vous êtes fou de rage contre vous-même et vous vous dites que vous avez gâché une journée extraordinaire. À ce moment-là, vous rattrapez un autre homme qui – lui aussi – redescend du sommet. Comme lui-aussi semble fou de rage, vous l’interrogez sur la raison de sa colère. Et il répond : « J’avais décidé hier de venir passer la journée à contempler ce paysage magnifique dont on parle comme étant l’un des plus beau sur Terre. Mais, franchement, passée la première heure, je me suis fait mortellement chier ! Et j’ai souffert le martyr de ce soleil de plomb sans aucune ombre ni fraîcheur. En plus, toute la journée j’ai entendu ahaner un abruti quelque part dans la montagne ! »

La vie, c’est pareil : quoique vous fassiez, la journée se termine trop vite et – malgré tous vos désirs de bien faire – vous n’êtes jamais content de ce que vous en avez fait… Alors, faut-il rester couché ? 😉

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