Regarde, écoute, sens, touche, vis

Regarde, qui que tu sois, regarde, dehors : le soleil est là, de retour. De nouveau tu peux sentir la douceur de ses rayons sur ta peau. Regarde le ciel, enfin bleu, enfin libre du noir nuageux, bleu sur la ville, et les nuages encore sur la montagne, qui te domine, de sa blancheur de calcaire qui par endroits dépasse. Regarde. Tes yeux voient. Tu vois. Quel bonheur…

Ecoute, qui que tu sois, écoute la musique. Ecoute les notes qui s’égrènent, écoute les sons, écoute les harmoniques qui te font vibrer, par leur pression acoustique qui titille délicatement tes émotions, écoute la tonalité triste de cette chanson et du piano puis de la guitare qui rythment une tristesse lancinante, notes qui te remuent, par un miracle incompréhensible, ces notes qui te malmènent, qui t’écrasent de leur mélancolie mais te donnent une si profonde sensation de vie, même dans la douleur. Ecoute, et vibre. Tu entends. Quel bonheur…

Ecoute ces mots, qui que tu sois, qui parlent à ton inconscient, ces mots qui évoquent tant de choses, du passé, pour le futur. Ecoute les mots du poète. Entends les oiseaux, qui se cherchent, qui se trouvent, qui se perdent, qui passent, occupés, perdus dans la folie du printemps, virevoltant. Entends. Tu entends. Quel bonheur…

Sens, qui que tu sois, respire, sens la menthe fraîche, sens les pommes épluchées qui cuisent, la cannelle, les fraises fraîches, les fleurs en bouquet dans ton vase de cristal, sens ce Médoc que tu goûtes tant et qui joue avec tes sens et ton esprit et te libère peu à peu, sens les asperges cuites, pense au chocolat que tu feras fondre entre ta langue et ton palais, mâche ce pain parfumé à la noisette, sens la douceur de l’air du printemps sur ta peau qui te caresse, sens, sens la vie. Tu respires et sens et goûtes. Quel bonheur…

Pense, qui que tu sois, imagine, souviens-toi, attends le futur, sois dans le présent, pense à elle, pense à elles, pense à eux. Tu penses, quelle merveille. Quel bonheur…

Tu es, qui que tu sois, tu es là, hic et nunc. Remplis-toi de ce présent, de ce que t’offrent tes sens.
Hier, qui que tu sois, tu la touchais, tu la caressais, au plus intime de son corps, tu la sentais, contre toi, bouger, se serrer, t’enserrer, pour mieux te sentir, sentir ta vigueur encore, pour mieux sentir la vie, cette vie qui s’écoule, doucement, si vite, trop vite, bien trop vite, jour après jour, jours remplis du travail ou du vide de l’ennui. Hier, tu pétrissais ses seins et ses fesses et tu jouais à lui donner du plaisir pour ton plaisir, tu jouissais d’elle et de sa jouissance, la peau humide, le souffle court, les sens … exaspérés, les hormones du plaisir te libérant un peu, te faisant oublier un instant le présent qui t’écrase parfois un peu trop, ton corps déjà meurtri et parfois douloureux te rappelant ta finitude et ta prochaine décrépitude – désagréable. Remémore-toi les odeurs, ta peau, sa peau, votre transpiration, l’odeur étrange de ton sperme et de ses fluides mélangés. Tu la touchais, tu la caressais. Quel bonheur…

Profites-en. Tout passe, tout est impermanence. Demain, ou après-demain, tu seras mort. Qui que tu sois.
Pas de tristesse, pas de raison de pleurer, de se plaindre ou de geindre. Tu sais que c’est ainsi, tu l’as accepté. Un jour viendra ou tu ne verras plus, tu ne sentiras plus, tu n’entendras plus, tu ne toucheras plus, tu ne respireras plus, tu n’entendras plus « Résidents de la République » et tu ne seras plus qu’atomes dispersés aux 4 vents, … tu ne seras plus. Tu as accepté, tu sais ce qui est et qui sera. C’est ainsi. Vis, vis du mieux que tu peux. Essaye… Révolte-toi contre l’absurde, par le rire et la vie ! Souris ! Ris ! La vie est belle ! 🙂

– Qui es tu ?
– Je ne sais pas, je ne sais plus… je suis ivre de mots, de vin rouge, et le sexe me manque, déjà… tant que ça marche. Et j’écoute AaRON égrener sa drôle de musique.

– Où vas-tu ?
– Comme tout le monde, tu le sais bien…
– Oui, mais à part la fin…
– Je vais… là où ma frousse me mène… pas bien loin en tout cas.

– Et tu es ?
– Ivre de vin, de mots, de connaissance, de musique, de poèmes, et pas assez de femme(s)…

– Tu exagères !
– Oui ! Et alors ? Où est le problème ? Je fais ce que je veux de ma vie, tant que je n’emmerde pas les autres… laisse-moi cuver en paix ! Pour une fois que je bois plus que de raison… Vas-t-en !

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