Vérité ? Silence ? Sincérité ?

Invite: « … Je sais que le bonheur se cueille rarement dans le jardin ouvert du monde, il est plus dans celui caché de notre âme et que ce trésor là nous permet de rester debout, droit et paisible. Et si difficile que soit d’exprimer la vérité avec des mots, plutôt que de mentir, il vaut mieux serrer les lèvres et ne rien dire. Car que peut-on construire sur le mensonge ? Quels rapports pouvons-nous avoir les uns avec les autres si nous ne pouvons pas croire les uns en les autres. Même si c’est difficile, jour après jour, cet effort nous rend simple et vrai, et être soi, vraiment soi, n’est ce pas là, le plus beau cadeau de la vie ? »

Réponse: Il n’est pas possible d’exprimer la vérité avec des mots, parce qu’elle change constamment et qu’il n’y a pas de vérité absolue que nous puissions partager avec les autres. Elle existe, mais la décrire consisterait à décrire la position des particules élémentaires des objets qui la composent, ce qui ne dit rien de compréhensible.
Mais, on peut approcher la vérité, essayer de sortir de son esprit, avec des mots, ou d’autres moyens, ce qu’on voit et pense à un moment. Chaque tentative n’est, bien sûr, qu’un aveu de faiblesse, d’incapacité à dire clairement et totalement ce qu’on pense à un moment. Mais c’est le seul moyen à notre disposition pour approcher la vérité. Et, en exprimant ce qu’on pense, on se transforme soi-même. Le pire est de ne rien dire car, alors, on ne permet pas à sa pensée d’évoluer grâce au regard clair que l’on peut porter sur la cristallisation de ses pensées en pauvres mots : exprimer sa pensée en mots est le principal moyen pour la clarifier, pour la voir, et en voir toutes les faiblesses. Essayer de se rapprocher de la vérité, ce n’est pas mentir. L’essentiel n’est pas de ne pas mentir, mais d’essayer de ne pas faire de mal aux autres, même en voulant leur faire du bien ; exercice ô combien difficile… Qui suis-je ? Qui suis-je vraiment ? Je ne sais pas, on ne peut pas le dire, parce qu’y penser me change, et le contact des autres me change, et le temps qui vieillit mon corps me change. Et, heureusement, les épreuves nous font changer et progresser, pour vivre en conscience. Vivre, c’est aussi permettre à son corps-âme d’expérimenter ses possibles, dans le respect de l’autre, pour se révolter contre cette mort. Mieux vivre, à chaque instant. Exercice difficile… Baudelaire disait : « Enivrez-vous ! ». Mais l’excès, dans un sens comme dans l’autre, n’est pas bon. Et la mesure est aussi immobilisme et stagnation, or la vie est mouvement. Alors, plutôt que ne pas mentir en ne disant rien, essayons d’être sincère, de dire en essayant de ne pas mentir. L’exercice est difficile.

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