Archive for avril 2010

Burqa

2010/04/27

dark39, jeune algérienne musulmane, a publié sur son Blog un billet à propos de l' »affaire » de la burqa, portée par une femme qui conduisait et dont le « mari » aurait trois autres « épouses ».

dark39 donne d’abord la définition de ce qu’est une « burqa », à ne pas confondre avec les autres vêtements qu’utilisent les femmes musulmanes pour cacher leurs « atouts ». En passant, je rappelle qu’en France, il n’y a pas si longtemps, les femmes portaient un foulard pour cacher leurs cheveux… Ensuite, elle rappelle le faible nombre de femmes en France qui portent un tel type de vêtement par rapport au nombre de musulmans. Ensuite, elle rappelle ce que dit le Coran et les différentes pratiques selon les différentes « tendances » de l’Islam. Elle rappelle ensuite les travaux de l’Assemblée Nationale pour définir une loi, limitée aux services publics, et la demande de certains députés d’étendre cette interdiction aux lieux publics ; débats relancés par cette femme prise à conduire avec un champ de vision bien limité…

Alors, dark39 ne comprend pas pourquoi le « voile intégral” est vu comme une “atteinte à la dignité des femmes“ et voit plutôt dans le refus de la burqa par la République Française une peur de l’Islam.
Sa conclusion : « Laisser des gens libres de le rester et surtout foutez la paix aux musulmans. »

Que dire ?

La laïcité française laisse le droit à chacun de pratiquer sa religion, sans ostentation… Bien sûr, la tradition catholique de la France fait que la religion catholique est omniprésente : chaque village a une église, voire plusieurs ; et il y a des croix partout, partout, partout… Ce qui est très pénible pour les musulmans et pour … les athées, comme moi. Alors, est-ce que porter la burqa est plus ostentatoire qu’un prêtre qui se balade dans la rue avec sa tenue de travail, soutane noire comme il se doit, voire une soeur, avec son attifement ridicule ? Pas vraiment… Même si une soeur montre son visage, son accoutrement est bien conçu pour … camoufler ses formes et tout ce qui fait qu’elle est une femme. À part la grille ou la fente dans le masque, il n’y a pas grande différence… Mais un prêtre, ou une soeur, sont des religieux, costumés pour leur travail. Une femme qui vit et travaille en-dehors de son « église » exhibe bien son choix religieux sans excuse.

dark39 rappelle à quels hommes une femme peut montrer ses « atout », d’après le Coran. Elle oublie de dire que Mohammed est l’initiateur de cette pratique parce qu’il en avait marre que ses visiteurs reluquent ses … très jeunes épouses, car l’animal le coquin (pour faire plaisir à dark39) les aimait jeunes. Normal, il a dû se farcir une vieille pendant de longues années avant … de toucher sa fortune et pouvoir se laisser aller à ses goûts de chair fraîche.

La « dignité des femmes » : lorsqu’une femme doit (même si elle dit le faire par choix personnel) camoufler ses « atouts » (visage, cheveux, seins, hanches, fesses, jambes, épaules, …) aux hommes, elle avoue qu’elle est un objet de désir pour les hommes et que ceux-ci, si on ne cache pas l’objet de leur désir à leur vue, sont tentés par ce qu’ils voient. Bref, selon le Coran, les femmes doivent cacher leurs appâts parce que les hommes sont faibles et dégueulasses : ils sauteraient sur toute femme qui passe et montrant un peu trop de son corps… Elles doivent aussi se cacher parce que leur mari a peur : cet objet sexuel qu’il a acheté (et qu’il peut répudier s’il en a marre de ses cris ou si elle fait trop de simagrées pour se coucher quand il en a envie) n’a pas le droit de décider de sa propre vie, et il a constamment peur qu’un autre la prenne et la souille. Pourtant, lui ne se gène pas forcément, lorsqu’il va voir des prostituées… Mais c’est évident : les homme sont polygynes et les femmes ne doivent « appartenir » qu’à un seul homme… Alors, lorsque je vois une femme déguisée en Belphégor, je suis triste pour elle, qui accepte ou est contrainte d’être un objet sexuel pour un salopard qui se permet peut-être d’avoir plusieurs femmes tout en leur interdisant d’avoir plusieurs hommes… Mais, bon, le Coran est clair : une femme, ça ne vaut pas même la moitié d’un homme…

Alors, une femme en burqa n’est pas libre, même si elle dit ou croit l’être. Elle est prisonnière d’idées moisies et insupportables.

Mais l’essentiel est dans la dernière phrase : « surtout foutez la paix aux musulmans ». Oui, bien sûr, lorsqu’on « croit » en quelque chose, il est impossible de comprendre pourquoi l’autre ne croit pas… Et on a aussi très peur inconsciemment de se rendre compte qu’on est – et tout le monde autour, et toute la famille, et les parents et les frères et soeurs – dans l’erreur, dans la folie d’une croyance idiote : comment avouer qu’on a compris la bêtise de croire… Mais, je suis désolé, il ne faut pas que les français « foutent la paix » aux musulmans ni qu’ils « foutent la paix » à ce pape débile qui persiste dans sa connerie (célibat des prêtres, préservatifs interdits, prêtres pédophiles pardonnés, et j’en passe). La France oubliait doucement la folie du catholicisme et, en encore une ou deux générations, aurait glissé vers un athéisme plus fort et plus accepté. Alors, l’arrivée de tant de croyants (Tora, Bible, Coran : même absurdité), face à l’ostracisme d’une population française plus bête que la moyenne mondiale, risque bien de casser cette évolution, et de nous faire perdre quelques générations avant d’être – ENFIN ! – libérés de cette pensée religieuse qui pue et n’a qu’une envie : reprendre les rennes de notre société et nous dicter ce qu’il faut ou ne pas faire.

Donc : non au niqab, non à la burqa, non à la soutane des prêtres et non à la robe (rigolote) des soeurs ! Et tous en jeans (même avec des trous rapiécés, pourtant bien ridicules…).

Oui, la République Française a peur de l’Islam : peur de régresser et de perdre plusieurs générations avant de se libérer de ces conneries dépassées.

Quant à moi, je suis favorable à une loi interdisant à quiconque de camoufler son visage dans la rue… sans parler de religion.

Ménopause

2010/04/25

Dans son livre « Why sex is fun » (mal traduit par : « Pourquoi l’amour est un plaisir »), Jared Diamond propose des hypothèses intéressantes sur la raison de la ménopause (arrêt de la capacité de reproduction longtemps avant la mort naturelle) chez les femmes. La ménopause est rare dans la Nature. Chez l’Homme, Diamond voit 3 causes principales.
– D’abord, le « coût » et le risque d’un enfantement. Plus une femme est âgée, plus les risques de mourir lors de la grossesse ou de l’accouchement sont grands. De plus, l’allaitement entraîne une consommation énergétique effrénée de la part de la mère, qui l’épuise, surtout si elle est âgée. Enfin, il faut 10 à 15 ans pour amener un petit humain à l’autonomie : si la mère ne peut plus s’en occuper, le petit dépérit.
– Ensuite, libérée des contraintes de l’enfantement et de l’éducation, les grand-mères sont disponibles pour aider leurs filles à s’occuper de leurs petits-enfants. Une grand-mère d’une tribu de chasseurs-cueilleurs est bien plus efficace qu’une adolescente (maladroite) ou qu’une mère (prise par ses enfants) à cueillir et produire de la nourriture. Être ménopausée lui permet d’aider sa lignée, donnant donc plus de chances à ses propres gènes de se perpétuer, via ses filles.
– Enfin, la complexité de la vie au sein de la Nature requiert des Humains une grande connaissance de celle-ci : ce qui est consommable ou pas. Lors des phénomènes rares (cyclone, sécheresse, …), la connaissance de plantes ou fruits qui peuvent être consommés en remplacement de ceux habituellement consommés mais introuvables permet à la tribu de survivre : les anciens sont donc des « banques de données » importantes, comme des assurances contre les changements brutaux. Et il faut toute une vie pour accumuler cette connaissance.

Donc, la ménopause est un phénomène qui aide à la survie des gènes d’une personne qui, pourtant !, ne se reproduit plus. Et, en plus, la sélection naturelle a préservé des lignées où la mémoire des informations est conservée même si la personne est très âgée.

Col de l’Arc – Pic St-Michel

2010/04/25

Première balade de l’année en montagne, dans le Vercors ! Col de l’Arc puis pic St-Michel. Avec vue sur Grenoble.
700m de dénivelée. Sommet à 1996m. Facile !! C’est ici.
Facile… quand il n’y a pas de neige. Là, il restait des névés. Il y a toujours le risque de partir en glissade… Brrr Pour redescendre, j’ai mi les crampons. Pratique !
Sinon, pas grand monde là-haut le matin… Les grands sportifs, à 10h, étaient déjà en train de redescendre. Et les autres montaient faire un tour après le repas (quelle horreur).
Au sommet : doux, et pas de vent ! Hélas, pas mal de brume cachant les deux autres massifs : Belledone et Chartreuse.
Balade sympa et facile. Bonne remise en jambe. Quelques choucas, des « touristes » sans bâtons de marche et en baskets…
Ca y est : c’est reparti !

Voyage et étapes

2010/04/24

Tout voyage est constitué d’étapes, obligatoires.
Et rappelons-nous que le but du voyage n’est qu’un prétexte au voyage, et que seul compte comment le voyage nous change.
La vie est un voyage…

Affreux…

2010/04/24

Je ne supporte pas cette chanson « Quatre murs et un toit » de Bénabar… Elle me fait pleurer, à chaque fois. Elle m’est insupportable… La représentation du bonheur simple et de son impermanence… Et ce que cela veut dire de promesses perdues, définitivement… pour moi. Les larmes coulent sur mes joues… Au moins ai-je pu, enfin, l’affronter, l’écouter volontairement plutôt que l’entendre par surprise à la radio en voiture et – la reconnaissant – changer de station au plus vite. Le temps qui passe et qui dévore tout… Avec un rythme et une tonalité qui mélangent un semblant de gaieté avec une vraie tristesse. Rhaaaaa !! Quelle est affreuse, cette chanson… et si efficace pour ranimer ma mélancolie, et ma tristesse… Merci, Bénabar, malgré mes larmes… Cette chanson est magnifique. Le bonheur (idéalisé et simplifié, bien sûr) de la famille… perdue. Il faut accepter de raviver sa tristesse et sa mélancolie, et pleurer – encore, pour mieux s’en guérir et … songer de nouveau au bonheur. Lequel ?
« Les enfants… à table ! »………..et personne qui répond…

Un terrain vague, de vagues clôtures, un couple divague sur la maison future.
On s’endette pour trente ans, ce pavillon sera le nôtre, et celui de nos enfants corrige la femme enceinte.
Les travaux sont finis, du moins le gros œuvre, ça sent le plâtre et l’enduit et la poussière toute neuve.

Le plâtre et l’enduit et la poussière toute neuve.

Des ampoules à nu pendent des murs, du plafond, le bébé est né, il joue dans le salon.
On ajoute à l’étage une chambre de plus, un petit frère est prévu pour l’automne.
Dans le jardin les arbres aussi grandissent, on pourra y faire un jour une cabane.

On pourra y faire un jour une cabane.

Les enfants ont poussé, ils sont trois maintenant, on remplit sans se douter le grenier doucement.
Le grand habite le garage pour être indépendant, la cabane, c’est dommage, est à l’abandon.
Monsieur rêverait de creuser une cave à vins, Madame préfèrerait une deuxième salle de bain.

Ça sera une deuxième salle de bain.

Les enfants vont et viennent chargés de linge sale, ça devient un hôtel la maison familiale.
On a fait un bureau dans la p’tite pièce d’en haut, et des chambres d’amis, les enfants sont partis.
Ils ont quitté le nid sans le savoir vraiment, petit à petit, vêtement par vêtement.

Petit à petit, vêtement par vêtement.

Ils habitent à Paris des apparts sans espace, alors qu’ici il y’a trop de place.
On va poser tu sais des stores électriques, c’est un peu laid c’est vrai, mais c’est plus pratique.
La maison somnole comme un chat fatigué, dans son ventre ronronne la machine à laver.

Dans son ventre ronronne la machine à laver.

Les petits-enfants espérés apparaissent ; dans le frigo, on remet des glaces.
La cabane du jardin trouve une deuxième jeunesse, c’est le consulat que rouvrent les gosses.
Le grenier sans bataille livre ses trésors, ses panoplies de cow-boys aux petits ambassadeurs,
qui colonisent pour la dernière fois la modeste terre promise, quatre murs et un toit.

Cette maison est en vente comme vous le savez, je suis, je me présente, agent immobilier.
Je dois vous prévenir si vous voulez l’acheter, je préfère vous le dire cette maison est hantée.
Ne souriez pas Monsieur, n’ayez crainte Madame, c’est hanté c’est vrai mais de gentils fantômes.
De monstres et de dragons que les gamins savent voir, de pleurs et de bagarres, et de copieux quatre-heures,
“finis tes devoirs”, “il est trop lourd mon cartable”, “laisse tranquille ton frère”, “les enfants : à table !”.

Écoutez la musique, est-ce que vous l’entendez ?

« Le bonheur, désespérément »

2010/04/23

Je viens de finir le petit livre « Le bonheur, désespérément » d’André Comte-Sponville. C’est un livre formidable !! Sur un sujet si important, mais si difficile, ACS apporte une grande lumière, avec une façon d’expliquer simple et claire. En le lisant, on voit clairement sa pensée (qui est celle d’une longue tradition) et toutes les nuances. Il me faudrait relire les passages que j’ai notés pour essayer d’en faire une synthèse qui ne dénature pas sa pensée… et je n’ai pas le temps ; alors je donne des extraits :

Citation du Mahâbhârata : « Seul est heureux celui qui a perdu tout espoir ; car l’espoir est la plus grande torture qui soit, et le désespoir le plus grand bonheur. »
Ici, pour ACS, « désespoir » signifie : arrêter d’espérer/rêver obtenir le bonheur dans le futur, plutôt que de le prendre dans le présent. Plutôt essayer de le construire, en ne confondant pas ce qui dépend de notre volonté et ce qui ne dépend pas de notre volonté, de notre pouvoir de changer les choses.

« Il ne s’agit pas de vivre dans l’instant : il s’agit de vivre au présent, on n’a pas le choix, mais dans un présent qui dure, qui inclut un rapport présent au passé (la mémoire, la fidélité, la gratitude) et un rapport présent à l’avenir (le projet, le programme, la prévision, la confiance, le fantasme, l’imagination, l’utopie, si vous voulez, à condition de ne pas prendre ses rêves pour la réalité). La sagesse n’est ni amnésie ni aboulie. Cesser d’espérer, ou espérer moins, ce n’est pas cesser de se souvenir ni renoncer à imaginer et à vouloir ! »

« Nous ne cessons d’être séparés du bonheur par l’espérance même qui le poursuit. »

« Espérer, c’est désirer sans jouir »
« Espérer, c’est désirer sans savoir »
« Espérer, c’est désirer sans pouvoir »
« Qu’est-ce que l’espérance ? C’est un désir qui porte sur ce qu’on n’a pas (un manque), dont on ignore s’il est ou s’il sera satisfait, enfin dont la satisfaction ne dépend pas de nous : espérer, c’est désirer sans jouir, sans savoir, sans pouvoir. »

Spinoza : « Plus nous nous efforçons de vivre sous la conduite de la raison, plus nous faisons effort pour nous rendre moins dépendants de l’espoir. »

Sénèque : « Quand tu auras désappris à espérer, je t’apprendrai à vouloir/agir. »

« Le contraire d’espérer, c’est savoir, pouvoir et jouir. C’est aussi ce qu’on appelle le bonheur… »

Pour ACS, « désespérer, c’est arrêter d’espérer vainement » et ce n’est pas « l’extrême du malheur ou l’accablement dépressif ». « Désespoir = absence d’espoir ».

Chamfort : « L’espérance n’est qu’un charlatan qui nous trompe sans cesse ; et, pour moi, le bonheur n’a commencé que lorsque je l’ai eu perdue ».

Jules Renard : « Je ne désire rien du passé. Je ne compte plus sur l’avenir. Le présent me suffit. Je suis un homme heureux, car j’ai renoncé au bonheur. » ACS : « Renoncer au bonheur ? C’est la seule façon de le vivre : en cessant de l’espérer ! »

« La faim est un manque, une souffrance, une faiblesse, un malheur ; l’appétit est une puissance et un bonheur »

« L’amour est désir, mais le désir n’est pas manque. Le désir est puissance : puissance de jouir et jouissance en puissance ! »

« Le contraire d’espérer, c’est connaître, agir et aimer. »

Alain : « Le sage est sage non par moins de folie, mais par plus de sagesse. » ACS : N’essayez pas de vous amputer de votre part de folie, d’espérance, donc d’angoisse et de crainte. Apprenez plutôt à développer votre part de sagesse, de puissance, autrement dit de connaissance, d’action et d’amour.

Onfray et Freud

2010/04/21

« Le Point » consacre un petit dossier sur le livre « Le crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne » d’Onfray.
Bien sûr, à partir des quelques extraits, il est difficile de se faire une idée du livre. Mais les commentaires des psychiatres invités à donner leur avis sont assez clairs :
– « La psychanalyse ne guérit pas, elle sauve »
– « Onfray nous insulte »
– « La psychanalyse est une religion, pas une Science » dit Onfray
– « Un canevas délirant »
Bref, ils ne sont pas contents…
Dans l’un des extraits, Onfray étend à la psychanalyse actuelle le « monde magique, théâtral » que Freud aurait créé selon lui.
De nouveau, je ne vois pas l’intérêt de ce livre, qui veut abattre un homme et des idées déjà mortes depuis bien longtemps… Mais, si les idées de Freud sont dépassées, la psychanalyse n’est pas morte…
Onfray décrit toutes les bêtises par lesquelles Freud est passé successivement, passant d’une idée thérapeutique bizarre à une autre, au fur et à mesure qu’il voyait que cela ne marchait pas… sans parler de ce sexe et des relations incestueuses parents-enfants que Freud voulait voir partout… Mais, on s’en fout ! C’est du passé. Et les psychiatres d’aujourd’hui, j’espère, ne lisent plus Freud. Enfin, j’espère… Mais les livres de Freud sont toujours en vente… malheureusement.
Sinon, pour moi, qui suis une psychanalyse avec un psychiatre (mais assis sur un siège en face d’elle, pas couché sur un canapé !), je ne vois aucune des théories qui sous-tendent la psychanalyse : j’expose mes soucis, mes troubles, je parle de ce que je vis, de mes relations plus ou moins difficiles avec les autres, de ce qui me fait souffrir ou pleurer ou rire ou être bien. Bref, je parle de moi qui interagis avec les autres, et j’essaye de comprendre ce qui se passe, en moi, et avec les autres. Cette parole m’a libéré de tensions, de souvenirs pénibles, voire très pénibles. Bien sûr, il y a probablement un effet « placebo » puisque, déjà, le temps aide à calmer les souffrances passées. Et je pratique en parallèle d’autres méthodes, comme la poésie, le chant, les marches en montagne, ou la lecture de livres de philosophie ou expliquant ce qu’on sait sur l’Homme. Mais parler permet de revisiter ses souvenirs et donc de donner l’opportunité aux connexions neuronales de son cerveau de bouger, de se reconfigurer, peut-être bien en réduisant certaines connexions entre des souvenirs pénibles et les centres de la souffrance. Bref, je parle pendant environ 28 minutes et elle dit quelques mots, quelques questions, quelques suggestions. Bref, c’est moi qui fais TOUT le boulot ! C’est moi qui dis et qui vois. Et je sais, je vois, qu’elle est attentive et qu’elle me voit évoluer, avec empathie et considération, avec attention. Alors, je ne vois pas où elle aurait la possibilité de plaquer sur moi et ma vie des schémas pré-définis issus de théories datant d’il y a un siècle… Peut-être que, plus tard, la discussion prendra une place plus grande. Par contre, on peut se demander si d’autre formes de thérapies, où le praticien discute plus ouvertement avec le patient, où il le guide dans le dédale de ses pensées, ne serait pas plus rapidement efficaces. Peut-être… mais je crains que le « thérapeute » ne finisse par prendre des décisions à la place du patient, de lui dire ce qu’il faut faire, en en faisant donc un exécutant au lieu d’un sujet libre et agissant en conscience. Mais ce n’est pas à moi de juger. Si la psychanalyse est une science, alors ses effets doivent être étudiés, en fonction des méthodes employées. Mais, pour revenir à moi, je subis comme « dégât collatéral » la tendance à analyser ce qui se passe, chez moi, mais aussi chez les autres. Est-ce mal, ou dangereux ? Je ne pense pas, puisque cela me pousse à comprendre le pourquoi de mes pensées et de mes actes, et le pourquoi des pensées et des actes des autres. Ce qui me semble important pour comprendre l’autre, et pour mieux comprendre l’impact de mes paroles et actes sur les autres. Et pour les aider. Mais, bon, certains savent cela naturellement, sans psychanalyse ! parce qu’ils en ont le goût assez jeunes… Mais aussi, à force d’analyser en permanence, ne devient-on pas « froid », insensible, imperméable aux sentiments et aux passions, comme l’amour ? Certes, je deviens serein, ce qui est un grand bénéfice par rapport au creux de ma profonde dépression d’il y a à peine 3 ans. Mais, si je perds la capacité à m’enthousiasmer et à me laisser porter par l’amour, n’aurais-je pas perdu quelque chose de … fondamental ? Mais, savoir qu’on ne veut pas être aimé pour être une béquille pour l’autre, et savoir qu’on ne veut pas aimer l’autre pour qu’il soit une béquille pour soi, bref ne pas aimer par manque mais par un élan profond et sincère et pur vers l’autre, n’est-ce pas le plus important ? Mais, si je vois clairement ce que l’autre recherche en moi pour combler son manque, et que cela ne me convient pas, comment trouverai-je quelqu’un à aimer puisque, presque tous, nous aimons l’autre pour nous sauver nous-mêmes ? pour ne pas être seul, dans cette vie souvent difficile et face à la mort. Mais, bon, on veut aimer et être aimé aussi pour partager les bons moments, les « moments simples » de plaisir innocent, comme de marcher à deux la main dans la main dans une belle lumière et dans un beau paysage…
Nous voilà bien loin de Michel Onfray et de sa rage de dire du mal de ce qui est déjà mort et révolu… Mais il est malgré tout utile de continuer à abattre les statues. Peut-être que le battage médiatique autour de son livre poussera nombre de personnes à renoncer à acheter et lire les déjà-bien-trop-vieux livres de Freud… Finalement, Onfray fait oeuvre de salubrité publique ! Mais, s’il sait détruire les statues, sait-il construire quelque chose qui nous aide ? Démolir les religions monothéistes et la vieille psychanalyse débile de Freud, c’est bien. Mais que propose-t-il à la place ? C’est bien beau de faire la révolution et de tout détruire… Mais celui qui détruit, en général, a bien du mal à reconstruire à la place…
Allez, Michel, fais-nous des vacances. Tu nous fatigues…

Pensée … coquine

2010/04/21

Ne pas confondre inanité et onanisme !
Même si cela sonne semblablement…

Pourtant ?
Pourtant, se masturber est vain !

Alors…

To be free

2010/04/21

Once in a house on a hill
A boy got angry
He broke into my heart

For a day and a night
I stayed beside him
Until I had no hope

So I came down the hill
Of course I was hurt
But then I started to think

It shouldn’t hurt me to be free
It’s what I really need
To pull myself together
But if it’s so good being free
Would you mind telling me
Why I don’t know what to do with myself

There’s a bar by the dock
Where I found myself
Drinking with this man
He offered me a cigarette
And I accepted
‘Cause it’s been a very long time
As it burned ’till the end
I thought of the boy
No one could ever forget

It shouldn’t hurt me to be free
It’s what I really need
To pull myself together
But if it’s so good being free
Would you mind telling me
Why I don’t know what to do with myself

To pull myself together
But if it’s so good being free
Would you mind telling me
Why I don’t know what to do with myself

To pull myself together
But if it’s so good being free
Would you mind telling me
Why I don’t know what to do with myself

Emiliana Torrini

Psychanalyse et Philosophie

2010/04/18

Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion. Saint Augustin

Alors ? La Psychanalyse aurait pour but la sérénité tout en restant ouvert aux passions (c’est-à-dire un état en perpétuel bouleversement) ? Alors que la Philosophie aurait pour but la sagesse avec l’abandon de toute passion (c’est-à-dire une demi-mort émotionnelle…) ?

Et si on mélange les deux, ça fait quoi ? De la dynamite ?
Si c’est vrai, alors : Boum ! J’explose ! C’est un peu le cas d’ailleurs, en ce moment… grâce à en plus une petite dose de folie et une grosse dose de connerie que j’ai beaucoup de mal à éradiquer… Encore du boulot, zut…

Mais je suis méchant avec la Philosophie… Elle est bonne pour la santé, à dose normale. Simplement, il ne faut pas en abuser, sinon on finit moine au Tibet, à réciter des textes bien fatigués et habillé d’une robe bordeaux… Oui, quand on ne sait plus où on en est, quand on regarde trop vers le passé en espérant trop du futur… la Philosophie permet de revenir dans le présent. Ensuite, les idées claires, le cerveau plus calme, serein, on peut relâcher la pression et revivre normalement. C’est ce que je ferai … bientôt ;). Sinon, si on s’obstine, il y a un risque d’encéphalogramme plat ! sans parler de la libido qui s’écroule…

Bon, je suis bien embêté que ce soit un religieux qui ait écrit cette belle phrase… Il était Berbère, et Wikipedia dit que les débats sur ses pensées ont « largement contribué aux conceptions modernes de la liberté et de la nature humaine. » Donc, il n’était pas si mal…