Archive for mars 2010

Onfray a besoin d’argent frais

2010/03/31

Onfray écrit comme je pisse. À peine voit-on un nouveau livre de lui, à côté de la version en poche du précédent, et à côté d’autres livres de lui de l’année, qu’on apprend (avec interview dans « Psychologie » et article dans « Le Nouvel Obs ») qu’un nouveau va sortir dans 3 semaines. Impressionnant ! On se demande d’ailleurs s’il a un château à rénover ou s’il envisage de s’acheter un appartement dans le coeur de Paris…
Cela me rappelle aussi les moeurs de certains insectes, qui inondent de sperme leur femelle pour empêcher le suivant de prendre la place. Onfray nous noierait-il de livres pour prendre un marché ? et se remplir les poches… Ou bien a-t-il vraiment quelque chose d’intéressant à dire ? Il a des choses à dire, c’est sûr, et c’est bien. Mais est-ce que ça vaut la peine de gâcher tant de papier ?

Son dernier livre parle de Freud, qu’il descend en flammes. Ce n’était pas la peine de se donner tant de mal, il me semble, car il est bien clair que le père Freud, s’il a lancé (en s’inspirant de quelques prédécesseurs moins connus…) une nouvelle science, a surtout imaginé ses théories sans vraiment se baser sur des données scientifiques fiables. D’ailleurs, lui aussi a beaucoup écrit. Et il a aussi – paraît-il – souvent changé d’avis… Il paraît aussi qu’il était bien conscient que ses « idées » n’étaient pas définitives mais – hélas – beaucoup de personnes (100 ans après) ne se sont pas rendues compte des progrès faits dans ce domaine, grâce – surtout – à la neurologie, à l’étude du cerveau. Bref, merci Freud d’avoir lancer un domaine d’étude si important, et merci d’avoir parlé de sexe ; mais il faudrait qu’on t’oublie un peu pour laisser de la place à tous ceux qui parlent de leurs travaux scientifiques alors que tu parlais de ce que tu imaginais ou croyais voir… Ainsi, Onfray dit que Sigismund s’est un peu trop pris comme modèle… par exemple pour le complexe d’0edipe. Pour ma part, depuis que je sais qu’il existe des sociétés humaines où les mots et concepts : « mariage » et « père » n’existent pas…, il est évident que Freud n’a pas décrit un phénomène général à l’Homme mais quelque chose lié à notre culture. Surtout quand on se rappelle ce qu’était l’époque où il vivait : coincée…

Pour revenir à Onfray (qui m’avait fait foutre en l’air 25€ pour son « Le souci des plaisirs » ennuyeux et creux au possible), Le Nouvel Obs dit qu’il ne fait que répéter (dans un livre fort gros, paraît-il) des choses déjà dites dans « Le livre noir de la psychanalyse » qui n’était d’ailleurs qu’une reprise d’une initiative d’érudits américains qui ont « passé la geste freudienne au kärcher » dans les années 90.
Sinon, « Le Nouvel Obs » sort un numéro spécial ce jeudi : « À quoi sert la psychanalyse ? ». Bon sang ! Il me faudra vite le lire avant de revoir ma psy le lendemain !
Quant au livre d’Onfray, peut-être faut-il simplement le feuilleter et attendre qu’il sorte en livre de poche ou l’emprunter dans une bibliothèque !
Quant à moi, j’ai acheté « Pourquoi l’amour est un plaisir », de Jared Diamond. Histoire de bien maîtriser la théorie avant les travaux pratiques !

God was a hard act to follow

2010/03/30

God

Joseph ne pourra jamais donner autant de plaisir à Marie que Dieu.
Ca, c’est sûr ! 🙂 Car ni l’un ni l’autre n’ont existé !

Il y en a qui ont un sacré humour !!
Voir TF1 News pour les détails.

Ivre de femmes et de poésie

2010/03/30

Chaque fois que je pense au titre de ce film coréen : « Ivre de femmes et de peinture », je me trompe et dis : « Ivre de femmes et de poésie », sans doute influencé par cette phrase de Patrick Besson : « Il y a deux choses importantes dans la vie : le sexe et la poésie ».

3h28. Après 4h de sommeil, une heure à somnoler, je ne dors toujours pas…
Dehors, vent du sud, ciel dégagé, pleine lune, l’applet Météo de mon PC me dit qu’il va tomber des averses et qu’il fait 9° alors qu’il fait déjà 17° sur ma terrasse (c’est beau, la technologie ! 🙂 ), il y eut une lumière au coeur du noir de la forêt dans la pente sous le Vercors qui s’est éteinte, un voisin en face ne dort pas non plus, j’ai une vieille cicatrice à l’aine qui me chatouille et me rappelle gentiment mon corps déjà un peu trop blessé. Je n’ai personne à qui parler, personne non plus que mon insomnie aura dérangée, personne non plus à toucher, qui me toucherait, rien que pour sentir un peu de douceur sur ma peau. Les personnages des fictions souvent hésitent entre une vie riche et complexe et une vie tranquille faite de bonheurs simples, d’une personne à leur côté. Les histoires que l’on lit ne disent pas toute la complexité de la vérité des pensées d’un homme, ou d’une femme. Tant de valse-hésitations entre l’aventure et la tranquillité, tant de personnes qui sont ressorties blessées d’avoir couru après … des chimères et qui envient celui qui est resté tranquille auprès de sa belle, alors que celui-ci enrage souvent de tourner en rond dans sa cage… La condition humaine. On se plaint. On pense que, pour l’autre, c’est mieux. On regarde son passé et, effrayé du temps écoulé et des erreurs et des occasions manquées, on préfère revenir dans le présent, immobile en ce moment, à attendre que le sommeil me revienne. Ce ne sont même pas des pensées virevoltantes qui m’ont réveillé, ni aucune tension, peut-être cette tendinite à l’aine qui me tiraille quand je me tourne dans le lit et que je respire un peu trop fort… elle finira bien par passer, avant de revenir, encore une fois, souvenir d’un temps de bêtise profonde d’autrefois.

Ivre de femmes et de poésie. Voilà un bien joli titre pour un livre, ou pour un film. Mais qui s’intéresse à la poésie aujourd’hui ? Qui ressent la puissance des mots et combien ils nous remuent ; enfin, peut-être ceux qui s’y sont noyés dès l’enfance et s’en sont profondément imprégnés. Et, bien sûr, je n’y connais pas grand chose ; comme toujours, un peu plus que la moyenne, mais si peu par rapport à certains.

Encore une journée de travail à venir, pénible par certains côtés, structurante et rassurante par d’autres.

Je vais lire mon mail. Je vais reprendre mon livre. Je vais laisser mes pensées bouger tranquillement, en attendant que le sommeil me revienne, avant que ce corps ne retrouve son rythme de vie et de sommeil, afin de permettre à ma conscience de fonctionner comme à son habitude dans les heures de jour, pour ne pas perdre une miette de ma vie éveillée, essayant d’être clair et pleinement conscient.

Ivre de femmes ?
Ivre d’échanges, de découvertes, de possibles ?
Avant de retrouver un équilibre ?
Et si j’étais devenu accro à ma liberté nouvelle et à la découverte et à la conquête de l’autre ? essayant de tomber ces barrières et de créer une proximité de pensée, une intimité et une confiance entre deux êtres perdus dans cette vie ? Exister par le contact humain avec l’autre ? Primate grégaire que je suis…

Le chemin est le bonheur ?
Bien sûr.
Et même les ronces et les orties sont agréables, prouvant qu’on avance… La révolte, face à l’absurde, c’est d’avancer, à grands pas au début, mais aussi à pas menus et difficiles, de plus en plus difficiles… Oublier qu’on a pu courir, avant. Oublier les cicatrices de toutes les mauvaises chutes…

Avançons. Le printemps arrive !

Le bonheur

2010/03/29

Une amie m’a appris le suicide de son neveu, 24 ans…
Rien ne semblait faire craindre un tel geste.
C’est bien jeune pour partir, de soi-même.
Malgré tout ce qui lui semblait noir et insupportable, et que ses parents et ses amis, et son amie, ne sauront jamais, malgré tout ce qui lui pesait, il lui était possible de s’en guérir, je pense. L’espoir lui aura manqué. Ou il aura eu un geste de folie.
Il laisse de la douleur, des interrogations, de la culpabilité peut-être, et un vide long à combler.

Une autre amie distribue par mail des petits textes sur la vie et le bonheur. Dans celui que j’ai reçu aujourd’hui, il y a la petite phrase : « Il n’y a pas de chemin qui mène au bonheur. Le chemin est le bonheur. » Chaque instant de sa vie peut être bon et plaisant, si l’on accepte le présent, si l’on accepte le présent de la vie dans l’instant, sans trop espérer du futur.

Carpe diem quam minimum credula postero
« Cueille le jour présent et sois le moins confiant possible en l’avenir »

À moins de souffrir horriblement et sans espoir de répit, il y a toujours du bon à prendre de sa vie.

Dans le film « Ivre de femmes et de peintures » que je viens de finir, le personnage central, peintre extraordinaire, met fin à ses jours lorsqu’il se met à trembler et ne peut plus peindre… N’aurait-il pas pu renoncer à son don ? estimer que ce temps-là était passé, qu’il pouvait accepter cette perte, mais jouir autrement de la vie ?

Jamait : Dimanche

2010/03/29

Le vois-tu venir mon amour
Ce dimanche avec sa gueule moche
Ce cancrelat qui tourne autour
De ce jour triste comme un son d’cloche
Oh temps suspends mes heures de vol
Et couvre mon coeur de patine
Quand la déprime me racole
Que ses maux de passe me chagrinent
Entends-tu la marche funèbre
De cette semaine qui crève
À cette détresse une trêve
Poser ma bouche sur tes lèvres

Caresse-moi Caresse-moi
J’ai le ventre gonflé de larmes
Ce soir la vie me rétame
Caresse-moi Caresse-moi
Caresse-moi Caresse-moi
Ne laisse pas ce jour vieillir
Sans poser avant qu’il n’expire
Tes mains sur moi Caresse-moi

C’est un dimanche comme tant d’autres
Qui déjà me vide le coeur
Une petite bête noire se vautre
Impunément sur mes humeurs
J’ai la déprime à fleur de peau
Et l’automne dans les entrailles
Pas une bière placebo
Ne peut soigner ce qui m’entaille
Et toujours la marche funèbre
De cette semaine qui crève
À cette détresse une trêve
Poser ma bouche sur tes lèvres

Caresse-moi Caresse-moi
J’ai le ventre gonflé de larmes
Ce soir la vie me rétame
Caresse-moi Caresse-moi
Caresse-moi Caresse-moi
Ne laisse pas ce jour vieillir
Sans poser avant qu’il n’expire
Tes mains sur moi Caresse-moi

Et toujours la marche funèbre
De cette semaine qui crève
À cette détresse une trêve
Poser ma bouche sur tes lèvres

Caresse-moi Caresse-moi
J’ai le ventre gonflé de larmes
Ce soir la vie me rétame
Caresse-moi Caresse-moi
Caresse-moi Caresse-moi
Ne laisse pas ce jour vieillir
Sans poser avant qu’il n’expire
Tes mains sur moi Caresse-moi

Annemarie Schwarzenbach

2010/03/28

Je suis allé, cet après-midi, voir une exposition photo à l’ancien musée de peinture de Grenoble.
Les photos, en format carré, n’étaient pas souvent extraordinaires, par leur composition ou leur tirage. En plus, ce format 6×6 nuit, à mon avis, à l’expressivité des photos.
Mais rapidement, c’est le reportage la présentant (Annemarie Schwarzenbach, fille d’une riche famille aristocratique suisse, 1908-1942) qui m’a attiré, décrivant une personnalité fragile et forte à la fois, dépendante d’une mère qui l’a abimée. Une mère aimant l’autorité, les idées d’Hitler, et homosexuelle. Annemarie aussi jamais n’aimera que les femmes, et la morphine… Morte d’une chute en vélo, c’est trop bête…
Mais, surtout, c’est sa façon de voir clairement l’horreur et la bêtise de ce monde, et sa façon de le dire crûment qui la rend si attirante, en plus de son physique ambigu de femme : svelte, cheveux très courts, androgyne. Sa vie, grâce à la fortune du père, aurait pu être facile… Mais, par ses goûts, son envie d’écrire, et son besoin de partir loin, elle est sortie du schéma désiré par ses parents, devenant le vilain petit canard… critiquant la Suisse et sa « neutralité » vis-à-vis d’Hitler, voyant clairement qu’Hitler ne l’a pas broyée uniquement parce qu’elle lui était plus utile, indépendante, qu’envahie et dominée. Et un goût pour la poésie… À redécouvrir.

AMS

Ratzinger et la pédophilie

2010/03/27

Intéressante interview de Hans Küng dans Le point de cette semaine.
Oui, un théologien catholique (interdit d’enseigner la théologie catholique par le Vatican en 1979…) peut être intéressant à lire… Surtout quand il dit ses quatre vérités sur le pape.
Ses critiques sont si claires et si larges qu’il est difficile pour moi de les résumer…

En bref : le célibat des prêtres date du XIème siècle. Auparavant, les prêtres et les évêques pouvaient se marier. Il paraît que le célibat a été instauré pour que l’Eglise hérite de ses membres les plus riches… Le célibat est même contraire à l’évangile, puisque les apôtres, sauf Paul (qui haïssait les femmes, dixit Michel Onfray) étaient mariés ; et l’Epître à Timothée » dit expressément qu’un évêque peut avoir une femme. Les pratiques pédophiles des membres de l’Eglise catholique sont connus depuis de nombreuses années maintenant. Mais ce pape, qui demandait aux évêques de saisir les tribunaux canoniques mais non pas civils…, n’a rien fait pour que cela change. Pour Küng, le pape est donc coupable. Pour lui, il y a un gouffre séparant les évêques et la curie romaine, celle-ci voulant imposer des idées médiévales, suivant un « absolutisme papal ». Or, en-dehors de la formule : « moins de prêtres = moins de pédophiles ! » qui me plaît assez, le célibat des prêtres réduit les vocations, ce qui détruit les structures pastorales : comment un prêtre pourrait-il s’occuper de 5 ou 6 paroisses à la fois ? Bref, le catholicisme coure à la catastrophe. Ce dont je me réjouirais si cela ne laissait une place vacante à l’Islam pour répondre à ceux qui ont besoin d’aide et ne savent la trouver encore que dans la religion.

Bref, une vraie religion porte en son coeur le désir du bien pour sa communauté, ce qui est positif (même si les moyens employés sont … basés sur des mensonges et beaucoup de folie). Alors que ce pape ne se préoccupe que de bêtises liées au formalisme de la pratique de la religion.

C’est quand le prochain pape ?

Austin – C’est fini.

2010/03/27

Fin de l’épisode « Austin ».
Retour calamiteux en France, sous la pluie, la grêle à Genève, le vent et le froid… Et ça continue ici… C’est charmant…

La première chose que j’ai faite une fois arrivé, c’est acheter un « pavé Bio aux graines » de ma boulangerie (en fait un dépôt de pain) : mordre dans des effluves délicates de noisettes, avec des bulles de tailles très variable, et avec une belle croûte craquante ! Impossible de trouver un tel pain là-bas, ni même une simple baguette au levain. Pour eux, le « pain » doit être soit sucré, soit gras…

Le dernier repas s’est déroulé dans un resto Tex-Mex populaire : ma Fajritas pouvait nourrir deux personnes… D’ailleurs, personne à ma table n’a réussi à finir son plat. Un sacré gaspillage. Mais, apparemment, cela semblait normal : l’habitude de gaspiller.

Le soir, nous avons goûté deux vins d’Argentine : sympas. Mais, pour apprécier de tels vins assez différents des vins français, et pour éviter de rechercher ce dont on a l’habitude, et pour trouver l’harmonie et le plaisir dans ces vins, il faut du temps et beaucoup d’expérimentations… Bref, on a tendance à critiquer la nouveauté parce qu’elle diffère du monde qu’on connaît… Comment décider si, d’un point de vue universel, c’est « bon » ou pas ? Pas facile… tant l’éducation sensoriel de notre enfance joue sur nos choix… Ainsi, je me souviens de pains à la mie foncée et humide, aux bulles très variables, et à la croûte épaisse et goûteuse, que je ne retrouve plus… Poilâne en faisait, paraît-il…

Austin – Day 8

2010/03/23

Il a fait doux et chaud aujourd’hui… Décidément, je suis maudit !

Levé tôt, travaillé longtemps, mangé Japonais encore midi et soir, fatigué, …

J-2 demain pour partir d’ici ! Mon collègue ressent le même désir de s’enfuir d’ici et de retrouver Grenoble … et sa famille. Mais lui risque bien de rester une semaine de plus…

Allez, au lit !

Austin – Day 7

2010/03/22

Magnifique ciel bleu !
Mais froid glacial entretenu par un satané vent du nord…
Bref, le tourisme en claquant des dents, ce n’est pas vraiment sympa… dommage.

Comme Austin a été un état indépendant (« The Lone Star State »), il dispose d’un magnifique Capitole, chef-d’oeuvre de l’art de construire un machin en pierre dont une bonne partie de l’espace est perdu. Très belle coupole !
Bon, ça fait bizarre de voir la photo de W-le-benêt orner le rez-de-chaussée, parmi tous les autres gouverneurs du Texas qui l’ont précédé puis suivi.

Quant au centre-ville… il est affreux. Quelques buildings, quelques vieilles baraques conservées, beaucoup de bâtiments miteux, quelques belles bâtisses anciennes, tout ça dans un capharnaüm indescriptible et … merdique. Sauf que les rues sont bien dessinées à angles droits, comme d’habitude.

Sinon, à part rôder dans divers centres commerciaux, ou acheter des babioles (hyper-chères !!) pour donner aux enfants des amis, il n’y a pas grand chose à faire… Tout est tellement étalé qu’on ne sait pas très bien où aller. En plus, ce froid et ce vent, ça fatigue assez vite…

Encore mangé japonais à midi : c’était délicieux ! Mais j’ai un peu exagéré sur la quantité… alors, pas de repas ce soir ! Le vin blanc n’était pas du tout extraordinaire… pas beaucoup de goût, dommage.
Quant à la bière d’Austin bue ce soir… elle ne me laissera pas un souvenir impérissable…

Bon, plus que 3 jours de travail, puis retour en France ! Avec l’angoisse de louper l’avion… ou la correspondance… en plus du bruit que devront supporter mes pauvres oreilles. Ah ! Je languis de retrouver mes Cabasses…

Keep Austin Weird !
Hummm Les initiales font : KAW. Au pays des vaches (cow), je pense que ce n’est pas par hasard…