À quoi sert donc le clitoris ?

Extrait d’un article sur l’excision, par le Dr Zwang.
Un LONG article à lire absolument. En .pdf .
Le livre : « Le drame de l’excision« .

(pour info, chez les baleines, le clitoris fait 30 cm et la verge 2m50 …)

À quoi sert donc le clitoris ?

La réponse est simple : à mettre en route la physiologie de l’orgasme féminin. Toutes les femelles mammifères sont dotées d’un clitoris, des souris aux baleines. Organe saillant au devant de l’orifice génital assurant la copulation, il est muni de récepteurs spécialisés dont la stimulation prodigue une gratification sensitive de récompense. On ne prend pas les mouches avec du vinaigre, et des créatures aussi évoluées que les animaux à sang chaud doivent trouver un certain « bénéfice » à l’accomplissement de « devoirs biologiques » dont dépend leur survie, et celui de leur espèce. C’est-à-dire que les excitations clitoridiennes précédant l’accouplement, puis l’accouplement lui-même, par contact avec l’organe mâle introduit, procurent à la femelle d’agréables sensations ; pour la « récompenser » de se livrer à ce comportement exigé par son espèce pour se maintenir sur Terre.

La femelle humaine ne fait pas exception, et toutes les mamans façonnent dans leur ventre le clitoris de leurs petites filles. A ceci près que le clitoris humain possède de remarquables singularités. La première est sa relative petite taille, par rapport, par exemple avec celui des guenons anthropoïdes ; alors que le clitoris des singes femelles est fort saillant, proéminent, celui des humaines reste de dimension modeste, sa plus grande partie enclose entre les grandes lèvres de la vulve. La deuxième est l’intrication de son revêtement cutané (le capuchon) avec ces formations anatomiques absolument originales que sont les petites lèvres (les nymphes). L’espèce humaine est la seule à posséder ces replis cutanés qui ornent gracieusement la fente vulvaire et protègent son fond, en particulier l’orifice urinaire, ainsi maintenu à l’abri et au chaud. Troisième singularité : du fait du redressement bipède de notre espèce, le clitoris est devenu un organe antérieur, visible et accessible par devant, s’étant éloigné de l’orifice copulatoire désormais caché entre les cuisses. A moins de pénibles contorsions, l’organe masculin introduit ne peut le stimuler. Le clitoris doit donc être gentiment et précisément flatté à part. Dernière originalité : l’autonomie orgasmique. Alors que le clitoris animal ne procure qu’une gratification « accessoire » de l’accouplement, et même si les guenons se le tripotent allègrement, on ne sache qu’il puisse les mener jusqu’à cette culmination sensitive sans équivalent qu’est l’orgasme. Alors que le clitoris humain permet à lui seul d’atteindre cet orgasme qui fonde notre fonction érotique. Mais pas tout de suite.

Le substratum anatomo-physiologique du réflexe orgasmique est constitué par un vaste réseau de neurones, avec leurs faisceaux connectiques et leurs centres, récepteurs et effecteurs ; depuis les organes génitaux externes jusqu’au cerveau. Comme d’autres agencements neuro-biologiques complexes, le circuit orgasmique n’est livré à la naissance qu’en pointillé. Les neurones et leurs connexions sont en place, mais toutes les jonctions, l’entourage de myéline fonctionnelle des axones ne sont pas entièrement accomplis, les centres agissants n’ont pas encore effectué leur rodage. Il en va de même, par exemple, pour le mécanisme neuronal de la marche bipède, de la parole. Alors que certaines maturations fonctionnelles s’accomplissent spontanément (par exemple la continence urinaire et fécale), un apprentissage, des stimulations externes sont nécessaires, après la naissance, pour savoir marcher, parler, éprouver l’orgasme.

L’orgasme, les humains en sont très friands. Beaucoup plus que les autres mammifères. Beaucoup plus que ne le voudrait la simple reproduction de l’espèce. C’est en raison du si grand développement de la mémoire humaine, et surtout de la conscience, qui ont poussé les humains à éprouver itérativement la gratification sensitive récompensant l’accouplement… mais aussi la stimulation manuelle ou buccale des zones érogènes primaires. C’est l’appétit orgasmique, fondant la fonction érotique. On a pu chiffrer à 5000 orgasmes le besoin orgasmique, pour une vie de septuagénaire. Homme ou femme. Aucune commune mesure avec le nombre d’enfants (2,3) nécessaire au maintien populationnel. Car l’orgasme procure non seulement un plaisir suréminent, inégalable, irremplaçable, mais aussi un apaisement, un oubli des soucis, une tranquillisation naturelle qui aident à surmonter les péripéties de l’existence. C’est le médicament des gens bien portants, celui qui procure la véritable joie de vivre, d’autant plus efficace et goûteux qu’il est partagé avec cet être choisi et choyé : le partenaire du sexe complémentaire. Celui-celle qu’on pourra aimer d’amour, le vrai, fondé sur le partage du plaisir – du plaisir d’amour. Après avoir, pendant ces longues années nécessaires à l’être humain pour devenir une grande personne, suivi l’évolution biologique que la bonne nature a agencée pour notre bonheur des sens et du cœur.

Les zones érogènes primaires, le clitoris, le gland de la verge, tombent « tout seuls » sous les doigts des bambins des deux sexes. Ils les tripotent plus ou moins machinalement, mais avec plus de précision à la fin de la petite enfance, quand leur « chatouillis » est devenu franchement agréable. C’est ainsi, sous l’effet de ces stimulations externes, que s’établissent les connexions épigénétiques du circuit orgasmique et que ses centres, de la basse moelle au cerveau basal, rodent leur physiologie particulière. Le circuit devient fonctionnel, procurant de véritables orgasmes complets, plus ou moins tôt dans l’existence, au cours de la deuxième enfance, ou au début de la puberté. Pas de problème pour les garçons, qui ne se serviront que de leur verge toute leur vie sexuelle. Alors que les filles pourront un jour se servir de leur vagin, inexploré-inexploité pendant ces nombreuses années d’immaturité qui ne permettent pas la pénétration coïtale. Pour qu’il procure lui aussi des orgasmes, passés les désagréments de la défloration, il faut que ses récepteurs sensibles puissent se connecter sur un circuit neuronal bien établi, maturé. Grâce aux « manipulations » infantiles du clitoris. Après quoi la femme adulte, accomplie, peut normalement jouir du clitoris comme du vagin, le plus souvent du vagin après le clitoris, quand les sollicitations externes auront bien préparé la jouissance interne.

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9 Réponses to “À quoi sert donc le clitoris ?”

  1. une femme libre Says:

    C’est un joli texte mais inexact au niveau de sa conclusion. Les recherches démontreraient que la femme, qu’elle soit « accomplie » ou non, jouit d’abord et avant tout du clitoris et non du vagin et que ce qu’on appelle l’orgasme vaginal impliquerait nécessairement une stimulation du clitoris. Voir le rapport Hite.

  2. trex58 Says:

    Huummm. Relisant le texte du Dr Zwang et votre commentaire, je ne vois pas précisément où est votre désaccord… sinon que M Zwang laisse entendre que certaines femmes (« accomplies ») peuvent jouir directement d’un rapport vaginal sans excitation du clitoris, alors que le rapport Hite semble l’exclure.

    Bon, j’avoue que mon expérience ne me permet pas de trancher ! 🙂

    Quant au Dr Zwang, chirurgien, gynécologue, sexologue, je suppose qu’il a basé ses papiers sur des discussions avec ses patientes… Il a écrit « Le sexe de la femme » en 1965, je crois. Alors que le rapport Hite est de 1976. Mais le Dr Zwang a continué d’exercer ensuite… et d’écrire. À moins que ce ne soit une différence entre les femmes américaines et françaises 🙂 ou – tout simplement – le regard différent porté par une femme sur la sexualité des femmes…
    Il est vrai aussi qu’on a encore récemment appris sur la structure interne du clitoris, qui ne se limite pas à son gland…

    Intéressant…
    D’ailleurs, toute cette discussion me donne bizarrement envie de faire des Travaux Pratiques pour vérifier la théorie ! 🙂 Ah, ces scientifiques, ils ont toujours envie de vérifier leurs théories par l’expérimentation 🙂 . Finalement, j’ai mal choisi mon métier ! 🙂
    Peut-être poserai-je la question à ma voisine… qui semble être une experte.

    Merci pour le commentaire, « femme libre » ! Quel temps au Québec ? Ici, il fait assez doux pour la saison.

  3. acadie69 Says:

    Moi, ce qui m’intéresse, c’est les 5000 orgasmes. Je vais commencer à compter rétroactivement, parce qu’à 60 ans il ne me reste plus qu’une dizaine d’années pour les atteindre, et vu que je ne ressemble plus à Brad Pitt jeune, je vais devoir faire des prodiges et me palucher férocement pour atteindre le compte. Bien sûr je vais exiger que ma femme fasse sa part elle aussi, en échange de quoi je m’occuperai d’elle, mais en faisant son compte nous voyons qu’elle est encore très, très loin des 5000, si loin qu’avec la meilleure volonté du monde elle n’y arrivera sans doute pas, même si durant dix ans elle orgasme une fois pas jour pour un total de 3650 orgasmes durant la décennie, à supposer bien sûr que nous ne mourions pas d’une crise cardiaque avant. Et bien sûr elle ne ressemble plus tout à fait à une reine de la porno, ce qui limite un peu les partenaires membrés qui pourraient la faire orgasmer.

    Zwang n’aime pas les gays, de toute évidence, qui sont d’emblée exclus de la satisfaction des 5000 orgasmes puisqu’ils n’ont pas de partenaire de sexe complémentaire.

    Soyons francs: le clitoris apparaît plutôt comme un reliquat de pénis chez la femelle (tout comme la peau du scrotum chez l’homme ressemble à une fusion des grandes lèvres féminines) que comme un organe unique, exceptionnel, etc… Ceci dit, que les femmes jouissent! nous sommes prêts à leur donner un coup de main (5000 fois s’il le faut). Et la très grande majorité ne jouissent ni du cul, ni du vagin, mais du clito.

  4. trex58 Says:

    @ acadie69 : désolé d’accepter tardivement votre commentaire, je ne l’avais pas vu. Et merci pour cet humour ! Et non, on n’est pas obligé d’atteindre les 5000 orgasmes… D’ailleurs, mieux vaut la qualité que la quantité (et j’ai quelques souvenirs ineffaçables qui me remontent d’ailleurs en mémoire…). Oui, Zwang n’aime pas les gays… (en fait, il n’aime pas la sodomie). Bon, il aime les femmes, c’est déjà très bien (au point de s’être marié 4 fois : quelle persévérance dans le sacrifice de sa vie personnelle pour ses études de sexologue…). Quant au clitoris versus le pénis, il me semble bien me souvenir que le sexe du foetus masculin est d’abord… féminin, avant de se transformer. Donc, à mon avis (basé sur des souvenirs de lectures, et donc à vérifier…), le pénis dérive plutôt du clitoris : le sexe masculin dérive du sexe féminin. D’ailleurs, comme le dit si bien Desproges, en période de grand froid, on peut se rendre compte que cet organe qui peut atteindre ses 20cm et plus peut aussi se ratatiner jusqu’à la taille … d’un clitoris, voire moins. Quant à la fusion des lèvres qui ont formé le scrotum, il me semble bien encore voir la ligne de soudure (mais je ne fournirai pas de photo !). Bref, lisant des revues sérieuses, le clitoris a lui-aussi son gland et son prépuce. Et donc le grand Freud peut se foutre ses théories sexuelles au cul. Enfin, oui, je suis moi aussi candidat à aider les femmes à jouir, si nous trouvons l’un en l’autre (sans jeu de mot) des affinités. Vive le clito ! Vive la verge ! Et vive le vagin ! 🙂 Et si tant de femmes ne jouissent pas du vagin, c’est peut-être qu’elles n’ont pas su et osé découvrir l’étendue de leurs magnifiques possibilités (en tant qu’homme, je suis jaloux des femmes…).
    Et que ceux qui n’aiment pas parler crûment des choses du sexe détournent le regard de ce billet.

  5. A quoi sert le clitoris ? - Congo Forums point Net Says:

    […] […]

  6. Stéphanie Says:

    Bien, bien! c’est une vieille discussion qui vient à point, merci pour cet article assez complet sur le sujet. Je recherchais des informations sur le clitoris chez les animaux, savez-vous si d’autres familles que les mammifères en possèdent?
    Et y a-t-il de récentes recherches sur l’orgasme chez les animaux, ou est-ce toujours nié faute d’études plus poussées?
    Ce que les documentaires animaliers peuvent être ennuyeux et similaires!

    Trex, tu es jaloux des femmes? Moi je suis jalouse des baleines!

    • trex58 Says:

      Il y a plein d’information sur le Web, mais essentiellement pour l’Homme ou les mammifères :
      http://1libertaire.free.fr/ClitorisInconnu02.html
      http://www.the-clitoris.com/
      http://www.clitoris-film.com/
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Clitoris
      Mais j’ai trouvé au moins un site indiquant que les crocodiles femelles ont un clitoris : http://herpeto-terrario.forumpro.fr/t1065-comment-sexer-un-crocodilien . Alors, il me semble probable que le clitoris apparaît chez de nombreuses espèces !

      Quant au reste de vos questions, je ne suis pas un spécialiste ! Mais j’imagine très bien que ce « cadeau » de plaisir donné à la femelle est général. Enfin, pas forcément, puis les chattes n’ovulent que grâce à la douleur du coït dû à des excroissances sur la verge du mâle… D’ailleurs, les singes ont aussi de telles excroissances, ai-je lu quelque part ; mais pas l’homme ! Les femmes ont dû choisir les hommes qui ne leur faisaient pas mal !

      Suis-je jaloux des femmes ? Ca ne servirait à rien puisqu’il est impossible de VRAIMENT changer de sexe. Mais, bon, il faut bien admettre une sacrée différence de plaisir entre vous, mesdames, et nous, messieurs… C’est comme ça. Alors, il faut faire avec ! 😉

      Quant aux baleines, c’est sûr que c’est une autre dimension ! 🙂 Mais je ne suis pas certain que faire l’amour dans l’eau soit bien pratique ! Ils ont dû développer d’autres techniques : impossible de faire des va-et-vient dans l’eau ! 🙂

  7. Nathalie Says:

    une femme libre: Encore une femme qui n’arrivent pas à jouir purement vaginal.

    Le clitoris est une zone très sensible (voir trop) mais le vagin aussi peut jouir pour vous dire des personnes mêmes peuvent jouir par les tétons, aube des oreilles et voir mêmes des pieds (si si c’est vrai) donc pour dire qu’il y a que le clitoris qui peut faire jouir une femme c’est ar-chi faux !!!

  8. trex58 Says:

    Ah ! Ce vieux billet intéresse toujours du monde… C’est vrai que le sujet est tellement fondamental ! Qu’importe les lois de gravitation de Newton, la relativité d’Einstein, tous les théorèmes mathématiques vénérés par Paul Erdos (qui mourut vierge), la chose la plus importante au monde, c’est jouir, comme le dit une chanson de JL Murat, en duo avec Carla Bruni.

    Bon, si je me souviens bien (et je dois en parler dans d’autres billets), le clitoris n’est pas que la petite partie externe (et très sensible) qui se cache pudiquement sous son capuchon, c’est une grande structure qui plonge ses racines sous les grandes lèvres jusqu’à entourer une partie du vagin. Et le vagin, lui, est une structure peu sensible. Bref, quand on dit « jouir du vagin », c’est plutôt parce que les racines du clitoris entourent le vagin et profitent donc des aller-retours et des pressions générées par un certain « piston »… Sinon, pour le point G, certains auteurs en parlent comme d’une version féminine de la prostate et logée en haut du vagin.

    Sinon, je peux ajouter mon témoignage : oui, on peut jouir par les tétons : j’ai eu le privilège d’assister à ce beau spectacle dont j’étais aussi l’un des acteurs… Mais il me semble me souvenir que la principale intéressée m’avait dit avoir ressenti quelque chose de comparable à un orgasme, mais pas équivalent, pas aussi puissant. Une sorte de mise-en-bouche… 😉

    Donc, pour conclure, alors que l’homme a un orgasme simple et quasi-identique chez tous les hommes, les femmes sont très différentes, physiquement et psychiquement. Certaines sont moins sensibles que d’autres. Et il faut, pour certaines, tout un apprentissage pour transformer un potentiel en une capacité réelle à jouir, alors que d’autres ont ça « dans la peau » (peut-être bien grâce à une grande liberté masturbatoire dans l’enfance ?). Bref, le corps d’une femme est un champ de découverte et il faut beaucoup de patience et de persévérance à ses explorateurs (ou exploratrices) pour en dévoiler et développer toutes les splendeurs orgasmiques. 😉 Et, entre la théorie et l’expérimentation, je préfère les travaux pratiques !

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