Comme un Lego

Gérard Manset

Ce texte de Gérard Manset chanté par Alain Bashung me bouleverse : notre condition humaine…

Comme un Lego

C’est notre Terre, avec des Hommes qui courent dans tous les sens, depuis des siècles, à travailler jour et nuit, à s’aimer d’amitié ou d’amour ou de sexe, à souffrir et saigner, à perdre ou à gagner et inversement, à se battre l’un contre l’autre, perdue dans l’espace, avec les pays qui ressemblent tous de plus en plus à la même noirceur, comme le plateau d’un jeu, une île qui flotte perdue, avec une vie qui gigote coincée là. Quelqu’un aurait inventé ce jeu (terrible, cruel, captivant) ? Mais lui aussi est en cage, à lire ou écrire à l’ombre d’un manguier, s’il existe… puisque jamais il ne répond.

Oui, l’absurdité de notre condition humaine est bien décrite dans ce texte… Et cette musique, ce rythme, cette tonalité, cette voix !
Reste la révolte, dirait Camus.

C‘est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d’argent
La lunette d’un microscope
Et tous ces petits êtres qui courent

Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant des siècles égyptiens
Péniblement

A porter mille fois son point sur lui
Sous la chaleur et dans le vent
Dans le soleil ou dans la nuit
Voyez-vous ces êtres vivants ? (x3)

Quelqu’un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un lego avec du vent

La faiblesse des tout-puissants
Comme un lego avec du sang
La force décuplée des perdants
Comme un lego avec des dents
Comme un lego avec des mains
Comme un lego

Voyez-vous tous ces humains ?
Danser ensemble à se donner la main
S’embrasser dans le noir à cheveux blonds
À ne pas voir demain comme ils seront ?

Car si la Terre est ronde
Et qu’ils s’agrippent
Au-delà c’est le vide
Assis devant le restant d’une portion de frites
Noir sidéral et quelques plats d’amibes

(x2:)
Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d’un même miroir
Vêtues d’acier, vêtues de noir
Comme un lego mais sans mémoire (x3)

Pourquoi ne me réponds-tu jamais ?
Sous ce manguier de plus de dix mille pages
À te balancer dans cette cage

À voir le monde de si haut
Comme un damier, comme un lego
Comme un imputrescible radeau
Comme un insecte mais sur le dos

C’est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d’argent
La lunette d’un microscope
On regarde, on regarde, on regarde dedans

On voit de toutes petites choses qui luisent
Ce sont des gens dans des chemises
Comme durant ces siècles de la longue nuit
Dans le silence ou dans le bruit (x3)

Son site.

Lego

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Une Réponse to “Comme un Lego”

  1. xjanesatticx Says:

    sublime.

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