Archive for août 2009

Petite ballade dans le Vercors

2009/08/30

Voici une petite ballade à faire dans le Vercors, très près de Grenoble.

Aller se garer à Engins, entre Sassenage et Lans-en-Vercors.
Se garer au plus haut, près de l’Eglise, sur le parking « en épis ».
Ne pas prendre le chemin goudronné qui part directement au Sornin. Continuer la route qui longe l’Eglise, jusqu’au bout. Laisser un chemin à droite et un à gauche : monter en face, plein sud, sous les arbres. En haut, les près sont là : prendre le chemin à droite (c’est indiqué) qui monte, qui monte, qui monte plein ouest, jusqu’à un minuscule hameau, placé sur une sorte d’avancée du Vercors entourée de vide. À droite, suivre les panneaux, monter un peu, laisser un chemin qui va dans les prés, et entrer dans la petite vallée plein ouest, et monter, monter, monter, toujours, jusqu’à arriver au début de l’Alpage de la Molière, direction Nord. Laisser à gauche le pas de Bellecombe à gauche à l’ouest et continuer, jusqu’à l’auberge-gîte de La Molière. Prendre à gauche et monter par le pas de l’Ours. En haut, prendre à droite direction la croix de Charande : admirer le paysage : Belledone, Taillefer, un peu de la Chartreuse et le Mont-Blanc au fond. Continuer le chemin, toujours, toujours plein nord, passer l’arrivée du chemin forestier qui vient d’Autran, continuer par le boulevard, laisser à droite le premier chemin qui mène au Sornin, continuer et descendre comme indiqué un peu vers le Nord-Est. En bas, laisser le chemin qui revient vers le Sornin, et continuer vers La Sure, jusqu’au bout, en longeant les (moches) remontées mécaniques. Admirer le paysage du Nord-Isère : la Grande Sure en face, et encore le Mont-Blanc. Attention, il y a une marche … de plusieurs centaines de mètres. Et revenir ! jusqu’au magnifique chemin qui descend, sous les arbres, avec de nombreux rochers usés et patinés par la pluie (attention, ça glisse). Au moment où, dans une descente, apparaît une petite clairière de framboisier, avec le chemin plein est qui remonte un peu raide en face, prendre à gauche le superbe petit chemin qui mène au Gouffre Berger : attention, ça descend et il y a des cailloux et des racines. Vingt minutes de marche. Là, voir les plaques aux 3 morts du grouffre, admirer le site, avec les sièges taillés dans le cailloux, avec ombrages, et surtout faire gaffe aux trous !! Danger. Et revenir : ça monte ! Normal, vous avez bien descendu. Continuer le chemin vers le Sornin. Au panneau, si vous êtes crevés, rentrez par la droite, au plus court, mais un peu raide (mais facile). Sinon, prenez à gauche. Et, si vous êtes aventureux, prenez tout droit, entrez dans la forêt et suivez la pente, sous les arbres, vers le sommet du Sornin. Pas de chemin, sinon celui des montons. Suivez la pente jusqu’en haut. Là, admirez le paysage et cette prairie sommitale. Puis repartez à gauche, plein Nord, le Moucherotte dans le dos, et redescendez… Si vous avez de la chance, vous tomberez sur la petite mare qui s’y cache. Aucun risque de se perdre : vous couperez le chemin qui va au chalet de l’Alpage. Là, en saison, dites bonjour à la Bergère, qui y dort. Laissez alors le chalet et partez toujours plein Nord, dans l’herbe et les rochers, dans mon « jardin ». Là, suivez la pente douce, les chemins laissés par les moutons, admirez le mélange minéral et végétal, jusqu’au bout. Là, juste avant la forêt qui TOMBE dans le vide, arrêtez-vous et profitez de l’endroit : bronzette, sieste… Puis revenez au chalet, descendez plein Est. Au poteau, continuez un peu, et allez à la Dent du Loup, pour admirer la verticalité des lieux, pour voir comment la Sure se jette dans le vide. Faite gaffe ! C’est le vide ! 500 m ? Puis revenez en suivant la piste pour 4×4, jusqu’aux chalets du Sornin, remontez un peu, puis redescendez tranquillement (mais c’est raide, et long) jusqu’au parking.
Alors : Félicitations ! Si vous avez marché vite, alors vous avez marché 25 km et gravi environ 900m, en au moins 6h ! et vu de magnifiques paysages.

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Message pour D.

2009/08/30

« Je n’ai pas mangé de framboise dans les bois ».

Je répète :

« Non, je n’ai pas trouvé deux framboises en émois ».

Je me suis trompé

2009/08/29

Je me suis trompé.

J’ai passé des milliers d’heures à apprendre dans les livres à mieux jouer aux échecs.
J’ai passé des milliers d’heures à découvrir et apprendre un iota de la Théorie des Nombres.
J’ai passé des milliers d’heures à parfaire ma connaissance de sujets d’informatique que j’ai totalement oubliés…
J’ai passé …

J’aurais mieux fait de passer un peu de tout ce temps à réfléchir… sur moi et le monde.

Mais il n’est jamais trop tard.

Et n’oublions pas d’être heureux, tout simplement.
C’est parfois si simple…

Repas sur la terrasse

2009/08/29

Je me suis offert un magnifique repas, sur ma terrasse, seul, face au Vercors.
Le soleil est splendide, avec quelques rares nuages, le ciel est bleu, très bleu, et le vent est d’humeur taquine.
J’ai mis une nappe rouge avec motif provençal.
J’écoute Marie-Nicole Lemieux interpréter « Stabat Mater » de Vivaldi : le pied !!

Pas d’Entrée.

Vin blanc du Jura, AOC L’Etoile, Domaine Geneletti, Vieilles Vignes 2004.
Personne de mes amis n’aime ce vin, particulier, qui a un goût incroyable et rare de … pierre à silex. J’adore.

Baguette au levain, d’un boulanger anonyme, 85 cents, mais parfait.

Saumon rouge du Pacifique, pêché en Alaska.
Très bon, délicieux, à déguster doucement, avec une gorgée de vin…

Petites tomates, réchauffées un peu au soleil après les avoir sorties du frigo, avec quelques cuillerées d’huile de noix artisanal. Cela change de l’huile d’olive. Elles explosent dans ma bouche, juteuses, encore fraîches.

Roquefort de la cave des Baragnaudes, avec une cuillère de confiture de fraise, sur tranche de pain. Mélange du fort et du doux dans la bouche. Extase.

Dessert : deux pêches plates, mûries quelques jours dehors, juteuses, délicieuses… Un régal.

Voilà, avec deux verres de vin, je suis ivre… j’écris mollement sur le clavier, avant d’aller faire la sieste…
Je finis mon verre de vin, je tourne le vin dans ma bouche avec la langue, je retro-respire le vin par le nez, après l’avoir oxygéné en me gargarisant avec. Ouiiiiiiiiii

Le bonheur ? !!

PV – Double-Peine

2009/08/29

Je me suis pris un PV hier. Cela m’apprendra à négliger de faire mon contrôle technique…
90 euros…
Bon, ce n’est que de l’argent.
Alors, qu’on me punisse en me donnant un PV qui me prend de l’argent : je suis d’accord, c’est ma punition.
Qu’on me contraigne à faire TRÈS rapidement le contrôle technique de ma voiture : je suis d’accord, c’est ma faute.
Qu’on me prenne ma carte-grise pour me forcer à faire le contrôle technique si je veux la récupérer, pourquoi pas.
Mais qu’on m’impose d’aller la reprendre dans la Gendarmerie où j’ai commis mon infraction, je trouve cela injuste : une double-peine. Pourquoi ? Imaginons que je sois allé en vacances à l’autre bout de la France : 1000 km. Le jour du départ : contrôle, PV, on me prend ma carte-grise. C’est samedi, ou dimanche : tous les centres de contrôle sont fermés. Soit je rentre chez moi ramener ma famille, faire le contrôle et revenir, et j’en ai pour 400-500 euros d’essence et de péage, sans parler de la fatigue de 3000km en quelques jours, soit je reste sur place, et je fais perdre du temps à ma famille et je perds des jours de congés. Alors qu’il y a quand même des moyens plus simple de vérifier que j’ai bien fait le contrôle-technique et de me punir. On dirait que l’Informatique n’existe pas. C’est comme s’il était impossible à la Gendarmerie (mais surtout à ceux qui font les lois) de s’adapter au monde moderne et -surtout- de penser aux cas (rares, mais possibles) du genre de celui que je viens d’imaginer. Bien sûr, après, on crierait au fichage des particuliers…

Bon, j’ai un chèque à faire, à envoyer, prendre RV avec un centre de contrôle, y aller, faire tamponner le papier que j’ai reçu, et retourner à la Gendarmerie du coin paumé où j’étais hier pour récupérer ma carte-grise. Et vous savez quoi ? Ils ne m’ont donné ni l’adresse exacte de la Gendarmerie ni ses heures d’ouverture !!! 🙂 À moi de les trouver… Ah là là… douce France…

Mieux vaut ça qu’un accident.
Et puis, ils auraient pu immobiliser mon véhicule et m’obliger à rentrer chez moi par mes propres moyens non motorisés…

Lever de soleil

2009/08/29

Ce matin, parce que je me suis levé tôt et parce que le soleil se lève plus tard maintenant derrière les Alpes, j’ai vu le lever du soleil éclairer la barrière Est du Vercors. Belle lumière : pas de nuage, pas de vent, la forêt est bien verte encore, l’air est pur. J’ai vu, peu à peu, descendre la zone de lumière, depuis les sommets jusque vers la vallée. Le Pic St-Michel est toujours aussi impressionnant, morceau de roche vertical de ce côté-ci.
J’ai déjeuné en paix.
Une bien belle journée commence, un peu fraîche.

J’ai été trompé

2009/08/28

J’ai été trompé.
Mon éducation m’a donné des outils (maîtrise de la langue et de la littérature française, de la logique et du raisonnement, des Sciences de la Nature et de la Physique, Mathématiques, …) mais on ne m’a pas demandé de les utiliser pour comprendre le monde. Ce qu’on m’a enseigné de la Philosophie n’était qu’une méthode (utile) pour analyser et débattre d’une idée, et j’étais bien mauvais pour comprendre de quoi parlaient ces auteurs… mais ce n’était pas de la Philosophie, parce que la Philosophie pousse à s’interroger soi-même et ne se résume pas à ingurgiter des théories et à maîtriser des méthodes. On ne m’a pas parlé de la vie, de l’amour, et de la mort. On ne m’a pas préparé à ma vie d’Homme. À un moment donné, il aurait fallu qu’on me dise : « Tu mourras. Que veux-tu faire de ta vie ? » et qu’un philosophe discute avec moi et d’autres pour que naissent en moi des interrogations, que je commence à comprendre ce que je suis et -surtout- que je cherche et définisse (même si c’est temporaire, fluctuant) ce qui est important pour moi (amour, …). L’absence d’un père… d’oncles, de cousins, de référence, de modèles… et l’Ecole n’était pas conçue pour ça. Une vie (presque) normale en fait, avec un peu plus de solitude que d’autres, de liberté aussi (l’ennui est utile !). Mais, avant de jeter les jeunes hommes et femmes dans la vie d’adulte, il faudrait un rite de passage, qu’il leur soit imposé de réfléchir à leur vie, de lancer un processus continu (toute sa vie) de réflexion. Bien sûr, ceux qui ont une religion et font partie d’une Eglise me diront que si, moi-aussi, j’avais appartenu à une telle communauté, j’aurais eu un tel enseignement. Peut-être… J’aurais surtout reçu un endoctrinement, un lavage de cerveau à base de Dieu, de vie après la mort, de Paradis et d’Enfer, tout un fatras de conneries insupportables et dégoûtantes, avec peut-être quelques bribes d’instants où on m’aurait suggéré de penser un peu à ma vie. Et mes enfants n’ont pas reçu beaucoup mieux… Alors, oui, un pays laïc, avec près de 50% d’Athées, ne peut pas laisser ses enfants grandir sans aide. Mais, quelle aide ? Par qui ? À réfléchir…

Je suis un (apprenti) philosophe

2009/08/28

Je suis un (apprenti) philosophe.
Cette idée m’est venue ce matin dans le tram.
Bien sûr, cela fait un peu prétentieux, et orgueilleux, et je ne vais pas écrire de livres 🙂 !
Mais, ma démarche pour comprendre le monde, changer un peu le mien, et peut-être celui des autres, par mes prises de position dans ce Blog, dans un livre sur ma vie un jour peut-être, sur ma façon nouvelle d’être avec les autres, sont bien celles d’un philosophe, fut-il un débutant comme moi. Et ce n’est pas la lecture des autres philosophes qui fait le philosophe. On apprend certes des autres, beaucoup. Mais on apprend beaucoup plus en lisant de tout, en se posant des questions, et en cherchant des réponses, qu’on ne trouvera pas. Car l’essentiel est de se questionner, sans espérer trouver de réponse définitive, parce que notre connaissance du monde ne pourra jamais se terminer.
Philosophons !
Et ne nous prenons pas trop au sérieux…

« Sois enivré d’amour, car l’amour est tout ce qui existe » Djalal al-Din Rumi, philosophe soufi né dans l’Anatolie du XIIIème siècle.
(mais, de quel amour parlait-il ? qu’est-ce que l’amour ?)

Morale

2009/08/28

Mon billet précédent « Moi et les femmes » signifie que je ne veux plus être dans la morale judéo-chrétienne qui se pratique en France. En effet, celle-ci est issue de la religion catholique et elle impose des valeurs morales qui ne sont pas universelles mais qui surtout enferment les Hommes dans un cadre rigide, qui avait un sens à l’époque où il fallait assurer la cohésion et la survie d’une communauté, mais qui n’a plus de sens aujourd’hui, dans la mesure où les hommes sont (de plus en plus) libres et vont bientôt former une unique communauté.
À moi donc de définir les valeurs morales (ou de trouver des modèles) qui correspondent à ma nouvelle vision du monde. Petit bémol, cette vision est en construction, donc il n’est pas bon de figer ces valeurs, car elles fluctueront au fur et à mesure que j’avancerai. Pire, elles ne peuvent pas être universelles, car elles ne sont que mon point de vue à mon âge, après tout ce que j’ai vécu. Un jeune homme de 20 ans voit nécessairement le monde autrement. Elles peuvent bien sûr réutiliser des idées des valeurs morales judéo-chrétiennes, on verra ; mais il y a plein d’autres façons pour définir des règles de vie morales entre les hommes et les femmes. Et puis, il faudra être clair avec les autres… Athée, pratiquant, non judéo-chrétien… mais pas bouddhiste, ni quelque chose de connu… Autodidacte.
Bon, je vais y réfléchir… Un peu prétentieux, tout ça… Et peut-être bien hors de portée de mes capacités… Mais l’essentiel est d’y réfléchir, pas d’aboutir.
Oui, l’essentiel n’est pas d’atteindre un but, mais d’avoir un but.

Moi et les femmes

2009/08/27

Qui suis-je ?

Je ne suis pas un prédateur, l’un des ces hommes qui, dans les femmes, ne voient qu’un objet, sexuel, qu’on chasse, courtise, conquiert, consomme, puis jette, pour passer à une autre, sans plus se préoccuper d’elle, parce que, finalement, c’est un pauvre homme, incapable (ou qui se croit incapable) d’aimer, ou qui a souffert et se venge, ou qui n’a rien compris, qui ne cherche la compagnie des femmes, finalement, que parce que c’est bien plus agréable que de se masturber, et que ça l’amuse un peu aussi de jouer de son apparence, de l’attirance qu’ont les femmes envers lui pour être un chasseur de gibier à poils, parce qu’il jouit de les dominer et de les tromper.

Je suis un explorateur.
J’ai quitté ma tribu, ou plutôt ma tribu est dispersée, explosée. De toute façon, je me rends compte maintenant que sa culture judéo-chrétienne m’étouffait, que j’étais un objet, un automate tiré par des ficelles que je n’avais pas choisies, mais que je vois maintenant, grosses, laides, et qui m’ont été imposées sans que je m’en rende compte, parce que j’étais faible et inculte, et mou et lâche.
Je suis un homme libre.
Je suis parti explorer un continent.
Moi, qui toujours ai aimé ce qui est complexe parce que j’aime comprendre (comme les échecs, les Sciences et les Mathématiques, même si je n’étais pas très doué), je n’avais pas compris que le plus complexe et le plus intéressant, ce sont les relations entre les hommes et les femmes, ce sont les femmes. Je veux comprendre. Parce que j’aime les femmes, parce que je les trouve belles, incroyables, avec des formes et des attitudes qui m’hypnotisent et me saoûlent, mystérieuses, toutes uniques, faibles ou fortes, belle ou pas, attirantes aussi bien sûr, à cause de leur jouissance et du plaisir qu’il y a à les faire jouir et à les voir jouir, mais surtout : différentes.
Je vais donc explorer. Je vais, de tribu en tribu, découvrir, faire des rencontres, écouter, comprendre, comment elles vivent dans leur tribu, comment elles voient le monde. Je ne cherche pas, a priori, une autre tribu où me fixer. Je n’ai pas de but, ou plutôt j’ai plusieurs pistes : me faire des amies, des amantes, ou tomber amoureux. Dans le désordre. Les amies et les amantes, cela se cherche. On peut vouloir aborder une nouvelle tribu, discuter avec une femme, aimer sa personnalité, s’en faire une amie, apprendre d’elle, lui montrer un monde nouveau, lui donner envie peut-être de changer de tribu, de vouloir voir et vivre le monde autrement, de l’aider à sortir du marais où elle stagne peut-être, ou admirer la force de son caractère, découvrir une nouvelle façon de vivre. On peut aussi être attiré par sa beauté, par son corps, ses attitudes, ses sourires et ses rires !, sa tendresse, sa générosité, sa gaieté, ressentir pour elle un émoi sensuel et sexuel, la désirer, pour se découvrir intimement, passer de délicieux moments ensemble à nous donner mutuellement du plaisir, à donner à ce corps ce dont il a besoin, ce pour quoi il a été conçu par dame Nature, et aussi être en communion intime (deux personnes vouées à la mort, à la destruction et à la disparition), donner à ce corps le plaisir et le bonheur de vivre intensément et de ressentir les effets bénéfiques et si doux que déversent en nous les hormones produites par notre cerveau en extase. Pour l’amour, on ne sait jamais d’où il va surgir. Et, plus on le cherche, plus il se cache. Alors, qu’il me tombe dessus au moment où je ne m’y attends pas, que la conjonction de mes attirances sentimentales et psychologiques avec mes attirances sexuelles et physiques me terrasse, lorsque je ne m’y attends pas, par surprise, sans préméditation. Et je ne sais que trop que cela peut ne pas être réciproque. Cela m’est déjà arrivé. C’est douloureux, mais c’est une douleur si douce d’aimer même si l’autre n’aime pas, car c’est vivre, intensément, c’est ressentir des flots d’émotions et d’hormones qui me traversent et qui me font voir la vie en rose, qui me roulent dans la farine -je le sais bien- et me font aimer quelqu’une qui peut sembler bien ordinaire à d’autres, qui est sûrement bien ordinaire, mais pas pour moi, pas pour moi à cet instant, ou -plutôt- a une beauté que les autres ne savent pas voir. Bien sûr, l’amour, on ne sait pas non plus combien de temps cela dure. Vouloir qu’il dure toujours, c’est idiot. Cela peut durer un jour, une semaine, un mois, une année, ou toute la vie. On ne sait pas. Alors on s’en moque de savoir. On prend le plaisir d’aimer au jour le jour, on ne redoute pas le moment où cela finira, où l’un ou l’autre n’aimera plus. On verra bien. Profitons de ce miracle, de ces regards intenses que l’un et/ou l’autre pose sur l’autre, de cette intimité des âmes qui fait que, l’espace d’un temps, la mort n’existe plus, qui fait qu’on n’est plus seul et qu’on communie avec un(e) autre, pas pour fusionner, mais parce qu’on aime et respecte l’autre et qu’on est attentif à lui, désireux de le comprendre, de faire ce bout de chemin avec lui/elle et de regarder le monde à deux. Ne pas être seul un moment. Même si, voyageur, explorateur, on passe finalement plus de temps dans la jungle, dans le désert, dans les montagnes, seul, et qu’on est habitué à cette solitude, qu’on l’apprécie même, mais qu’on apprécie autant de la quitter, serein et indépendant. Alors, je vais de tribu en tribu. Comme parfois elles sont proches, je vais ainsi d’amie en amie, pour discuter, pour apprécier la compagnie de l’une ou de l’autre. Mais, lorsque les coutumes d’une tribu m’autorisent à aimer et à faire l’amour à une femme, mais sans qu’elles ne me demandent aucun engagement sur la durée, je ne recherche plus d’autre amante : une seule à la fois. Quant à l’amour, comme cela vous tombe dessus sans prévenir, autant ne pas s’en préoccuper : une rencontre due au hasard et me voilà, malgré moi, à devoir dire à l’une que le hasard de l’autre a frappé. Et puis, je me demande si l’amour réciproque existe vraiment, si un jour, par hasard, je rencontrerai quelqu’une qui aura, immédiatement, les mêmes sentiments intenses, puissants, ravageurs, sexuels et sentimentaux pour moi, zèbre cinquantenaire dégarni. Mais, si cela n’arrive jamais, ce n’est pas grave… Envisager, mais ne pas espérer ni attendre de miracle.

Voilà, je suis un voyageur maintenant, un explorateur. Je me fixerai peut-être bien un jour, je n’en sais rien. J’ai, longtemps, très longtemps, vécu dans ma tribu. J’y étais bien, heureux, mais inculte et ignorant. J’ai envie d’apprendre. Je m’en lasserai sans doute. Ce n’est qu’une étape. Je serai moine un jour, peut-être ! 🙂 Moine bouddhiste et chaste dans un temple du Laos, à regarder la beauté du monde, les visages et les sourires des enfants et des femmes. Quand j’aurai compris comment fonctionne le monde ! et les femmes, et les relations entre les hommes et les femmes. On verra bien.

Pour le moment, ce qui m’inquiète, ce sont ces femmes qui peuvent chercher en moi, en plus d’un ami et d’un amant, un mari, un alter-ego, qui veulent reproduire le schéma judéo-chrétien du mariage pour toujours. Si elles cherchent cela, je ne peux pas le leur donner, pas parce que je me l’interdis, mais parce qu’elles le cherchent. Qu’elles ne demandent rien, apprécient simplement ce que je donne. Si je suis bien, je pourrais bien passer ma vie dans cette nouvelle tribu et oublier ma quête et mon goût de la découverte, même si peut-être j’aurai aussi ma hutte à l’extérieur, dans la forêt, pour pouvoir être seul. J’ai peur qu’elles se méprennent et croient que je suis, de nouveau, un homme qui cherche la stabilité. Je ne rejette pas la stabilité, je ne la fuis pas. Je ne la recherche pas, tout simplement, parce qu’elle implique une stagnation, une routine, une obligation, qui tue l’amour et les relations entre homme et femme, surtout lorsqu’il n’y a plus de possibilité d’enfants, pour se lier autour de leur éducation. Après 45 ans, il faut peut-être renoncer à avoir de nouveau des enfants. Déjà, faire cohabiter des enfants de tribus différentes, avec leurs coutumes si diverses et souvent opposées, n’est pas une sinécure…