Archive for avril 2009

Charles et Emma

2009/04/18

Emma Darwin

Les images que l’on retient de Charles Darwin sont souvent celles d’un vieil homme, à la longue barbe, triste et un peu sévère. Pourtant…
Dans une lettre qu’elle lui adresse, son épouse Emma exprime sa peur du risque que sa pensée scientifique ne l’influence « dans d’autres domaines qui ne peuvent être prouvés de la même façon, et qui sont probablement au-delà de notre compréhension » ; il y a « danger d’abandonner la révélation. Tout ce qui te cause souci me cause souci, et je serais extrêmement malheureuse si je pensais que nous ne nous appartenons pas l’un à l’autre pour toujours« . Emma croit à la vie et à l’amour éternel. Renoncer à la Religion, ce serait savoir et accepter que leur amour est impermanent. Cela la fait souffrir. Et c’est bien sans doute pour cela que Darwin attend si longtemps pour publier son livre. Ce n’est pas simplement parce que son épouse est croyante, c’est parce que leur amour est profond et réciproque et qu’elle ne supporte pas l’idée que la mort puisse entraîner la fin de leur amour, contrairement à cet amour éternel que lui promet la Religion.
Sur cette lettre d’Emma, qu’il a conservée toute sa vie, écrits de sa main, sans date, figurent ces mots : « Quand je serai mort, sache que bien souvent j’ai embrassé et pleuré sur ça. C. D. » .
Charles Darwin était un bien bel homme…
(d’après J-C Ameissen)

Charles Darwin

Publicités

Co-évolution…

2009/04/17

Darwin donne des exemples d’organismes qui ont évolué ensemble, comme le couple champignon-algue dans le lichen, ou bien l’orchidée malgache Angraecum Sesquipedale à l’éperon profond de 30 cm et le papillon Xanthopan Morgani Praedicta à la trompe de 25 cm qui seul peut la polliniser. Et bien moi, je soutiens que la main de l’homme et le sein de la femme ont co-évolué, en symbiose !

« Nouvelle Star »

2009/04/15

Et oui, j’ai AUSSI le droit de parler de bêtises !
Enfin, ce ne sont pas des bêtises pour beaucoup de jeunes, de filles surtout, ma fille par exemple… Mais peut-être bien qu’elle a raison, que ce jeu idiot où des apprentis-chanteurs viennent apprendre à chanter devant les caméras peut aussi réserver de bonnes surprises, comme l’interprétation d’une jeune fille de 16 ans (Camélia Jordana) de « Quelqu’un m’a dit ». Et puis, ma fille y cherche sans doute aussi la communion avec d’autres filles : les garçons sont bien ensemble devant un match de foot, et les filles sont bien ensemble à regarder évoluer l’espoir et le rêve de petits jeunes, avec une petite pointe d’envie de savoir chanter comme eux et de passer à la télé…
Et puis, la chanson est douce, le texte parle finalement (un peu) de philosophie : « nos vies passent en un instant comme fanent les roses ».
Alors Lio trouve que Carla miaule plus qu’elle ne chante… C’est un peu exagéré ! Carla chante joliment cette chanson, qui coule doucement. Sa concurrente chante très joliment aussi, autrement, avec des erreurs par-ci par-là, mais qui se voient si peu et ne gênent pas. Alors, je parie sur Camélia, qui enlèvera bientôt ses lunettes et nous montrera bientôt le joli minois qu’elle cache et garde comme atout pour plus tard… en plus de ses talents naturels et sa belle voix. Quand on a 16 ans, tout est possible. Mais sa prestation hier soir était un peu … ratée. Pas facile la chanson… surtout devant un public, quand on a 16 ans.
Quant à parler de Barbara pour cette chanson… cette chanson aurait été bien trop « gentille » pour elle. Mais j’ai appris depuis que Carla est venue à la chanson par amour des chansons de Barbara.

On me dit que nos vies ne valent pas grand chose,
Elles passent en un instant comme fanent les roses.
On me dit que le temps qui glisse est un salaud
Que de nos chagrins il s’en fait des manteaux
Pourtant quelqu’un m’a dit…

{Refrain:}
Que tu m’aimais encore,
C’est quelqu’un qui m’a dit que tu m’aimais encore.
Serais ce possible alors ?

On me dit que le destin se moque bien de nous
Qu’il ne nous donne rien et qu’il nous promet tout
Parait qu’le bonheur est à portée de main,
Alors on tend la main et on se retrouve fou
Pourtant quelqu’un m’a dit …

{au refrain}

Mais qui est ce qui m’a dit que toujours tu m’aimais?
Je ne me souviens plus c’était tard dans la nuit,
J’entends encore la voix, mais je ne vois plus les traits
« Il vous aime, c’est secret, lui dites pas que j’vous l’ai dit »
Tu vois quelqu’un m’a dit…

Que tu m’aimais encore, me l’a t’on vraiment dit…
Que tu m’aimais encore, serait-ce possible alors ?

On me dit que nos vies ne valent pas grand chose,
Elles passent en un instant comme fanent les roses
On me dit que le temps qui glisse est un salaud
Que de nos tristesses il s’en fait des manteaux,
Pourtant quelqu’un m’a dit que…

La Recherche

2009/04/11

Je vais être publié dans « La Recherche » !!!
Bon, bien sûr, ce n’est plus la revue de ma jeunesse où des chercheurs décrivaient les résultats de leurs recherches… Je me souviens encore d’un article sur les propriétés de l’hélium à très basse température : liquide, cet élément ne veut pas rester dans le récipient où on le place : il remonte les parois pour s’échapper ! Et puis, je ne suis pas un chercheur !
Simplement, la revue vulgarise ce qui se passe dans le monde scientifique, permettant à tous ceux pour qui les Sciences sont importantes de se tenir un peu au courant.
Mon article parle, bien sûr !, des nombres de Mersenne premiers, et du projet GIMPS, auquel je contribue modestement depuis 10 ans, même s’il me semble être le spécialiste des nombres de Mersenne et du LLT en France, bien qu’amateur. Rien de bien transcendant dans mon papier. Simplement une tentative pour donner envie à d’autres de contribuer à ce projet. En fin de l’été passé, deux gigantesques nombres premiers (nombre divisible seulement par 1 et par lui-même) ont été découverts : « M45 » et « M46« , les premiers à dépasser la barre des 10 millions de chiffres (environ 12 exemplaires d’un numéro de La Recherche remplis de chiffres…). J’ai même le poster de M44 affiché dans mon bureau ! Genre : oeuvre d’art moderne ! J’ai contribué à vérifier la primalité de ces deux nombres, comme de plusieurs précédents. Bien sûr, j’aurais préféré en découvrir un par moi-même… mais je ne dispose pas des 20 millions d’euros nécessaires pour avoir la batterie de super-PCs nécessaire pour être sûr d’en trouver un dans l’année !! Et je prédis qu’un nombre premier de 100 millions de chiffres sera découvert entre 2018 et 2020. Chris Caldwell prévoit cette découverte plutôt vers 2015. Mais je ne suis pas d’accord, car la loi de Moore vient de prendre un coup dans l’aile, après plus de 40 années de prédictions avérées. Les processeurs en 3 dimensions ne sont pas encore là… et ces nombres de Mersenne deviennent vraiment très gros ! Imaginez : calculer le carré d’un nombre de 100 millions de chiffres (grâce à une FFT en nombres flottants améliorée par Richard Crandall) ! Et le faire environ 370 millions de fois ! Aujourd’hui, il faudrait environ 5 ans pour un super-PC. Dans 14 ans, il ne faudra plus que … 15 jours. Comme aujourd’hui d’ailleurs pour un nombre de 10 millions de chiffres.
Enfin, je suis très heureux et honoré d’être publié… car j’ai consacré tant de temps à ces nombres de Mersenne.
Lire La Recherche de juin ! (si tout va bien…)

Ne rien faire…

2009/04/07

« De l’art difficile de ne presque rien faire, il ressort que, dans la vie, c’est toujours le temps perdu qui est le mieux employé. »

Mmmm
Comment vais-je « perdre mon temps » efficacement demain ?
Je vais y réfléchir…

Espoir & Désespoir

2009/04/06

Nous nous étions tournés autour l’un de l’autre. Elle d’abord. Moi ensuite.
J’avais osé commencer la discussion.
Elle ne répondait pas…
J’ai continué, jetant les idées qui me venaient, telles que, en vrac. Parfois marrantes, parfois loufoques.
J’étais un chevalier cherchant un dragon à terrasser pour plaire à la « belle », pour attirer son regard sur moi, pour essayer de la faire s’intéresser au crapaud qui sautillait autour d’elle. Sans grand succès, hélas…
Indifférence ? Lassitude ? Blessures passées ? Etourdissement dans le travail ? Monde personnel déjà bien rempli d’amitiés ?
Allez savoir… quand les mots sont rares, il n’est pas facile de comprendre…

Nous nous sommes rencontrés, vus. Une rencontre ! Une première rencontre, ce n’est pas facile… La pièce était dure, et faisait écho à des souvenirs douloureux mais rangés dans leur boîte dorée. Ce n’était pas grave. La pièce était profonde et grave, mais belle.
Elle écrivait peu. J’écrivais beaucoup, trop, sans doute pour remplir le manque, pour accrocher ses pensées sur moi. J’écrivais trop, bien sûr. Quand on pédale dans le vide, on a toujours tendance à parler trop… J’écris toujours trop… Et je parle aussi. Elle dit que « les hommes n’ont rien à dire » ! Moi trop peut-être, et pas forcément sur des sujets bien intéressants… Ni de foot, ni de voitures, en tout cas… Mais pas non plus de montagne, ni de ski… La neige, j’aime bien ; un peu.

Nous nous revîmes. Moi qui ai la sainte frousse du ski, malgré le plaisir évident qu’il procure, j’ai chaussé des skis de fonds et j’ai affronté (sans quarts ! quelle horreur) la piste transformée en glace. Et j’ai perdu : 3 chûtes à 1. Et je me promets de recommencer, l’hiver prochain, quand la neige sera moins dure !
Je cherchais désespérément un spectacle, une pièce de théâtre, un film… pour se revoir.
Et puis, elle m’a gentiment proposé d’aller marcher, dimanche, et/ou d’aller voir un film.

Oui, j’étais content, et heureux : au lieu de la journée habituelle, à tourner entre le Blog, les mails, les lectures, la musique !, les petites sorties à la campagne ou en montagne, les lessives, le repas, j’avais la joie et le bonheur de l’espoir de la compagnie d’une de ces merveilleuses et mythiques créatures qu’on appelle une « femme », et que certains disent avoir déjà rencontrées, une fois, par hasard, au moment où ils s’y attendaient le moins. Les veinards. Mais je pense qu’ils affabulent… comme pour le Dahu.
Alors, oui, j’étais content. Quelle que soit la suite de ces quelques heures. Simple connaissance avec qui on a plaisir à aller voir un spectacle (à deux, tout est mieux ! plus coloré, plus gai !). Belle amitié. Ou plus. Allez savoir. Ce n’est pas écrit dans les livres. Pour que l’amitié commence, et tout commence par de l’amitié, il faut se parler, se connaître, se fréquenter, se livrer, écouter, se mettre -peu à peu- à nu. Quelle importance de se mettre à nu ?

Mais, hélas, la belle, profitant enfin de sa liberté, sans famille, sans enfants, entre deux semaines de travail, la belle donc annonça -bien tard…- qu’elle préférait profiter de son chez elle, de son jardin… seule.

Alors, le dimanche fut bien triste, et ma déception bien grande…

Pour se connaître, s’apprécier, se découvrir à l’autre, découvrir l’autre, se livrer peu à peu, il faut du temps…
Déjà, les regards, les allures, la voix, plaisent. On demande à mieux connaître l’âme qui se cache derrière… et lui parler, d’Homme à Homme d’abord. D’homme à femme, et de femme à homme, ensuite, peut-être.
À moins qu’elle espérait le coup de foudre ? Mais l’orage gronde moins souvent avec l’âge…

Alors, je la comprends, sans l’approuver. Au Printemps, il y a tant à faire dans un jardin… Alors, je dois encore me souvenir de tous ces week-ends de mon enfance passés à sarcler, bêcher, moto-culter, semer, tailler, tondre, planter, arroser, traiter, arracher, désherber, brûler … J’aurais pu aider, je pense. Mais, peut-être que son besoin de solitude était bien fort. Ou peut-être que le drôle de zèbre que je suis inquiète. Pourquoi ? Je n’ai jamais mangé personne… même quand -mais il y a bien longtemps de cela…- une autre voulait, et que je ne voulais pas. Ou peut-être que, comme beaucoup parmi nous, elle cache une ou des blessures, des souvenirs pénibles qui rendent difficiles les rencontres… Ou bien encore, tout simplement, je ne suis pas le Prince Charmant qu’elle souhaite… mais il n’y a plus de princes charmants, ne le sait-elle pas ? Allez savoir… Ou, tout simplement, le plaisir du jardin, de la maison, seule, était plus attirant ; un peu de liberté pour soi seule, c’est si bon ; surtout quand c’est si rare. Là, on se retrouve, on se trouve, on se découvre même.

En plus, elle écoutait « Rokia Traoré à fond. C’est trop beau. J’adore ! » Mais la plus belle des musiques devient encore plus belle quand on est deux à l’écouter, à l’apprécier, à en sourire de plaisir, dire son bonheur à l’ami(e). Moi aussi, au moment même où elle envoyait son SMS, j’écoutais Rokia : Dounia. Et quelques larmes se sont mises à tomber (sur mon parquet, oui Francis). La déception et Dounia, c’était trop. Les hommes ne pleurent pas, paraît-il. Foutaises. Quand on est triste, il faut pleurer. Anaïs dit qu’elle aime les hommes qui sont capables de pleurer, qu’ils sont plus forts… Je ne sais pas ; je dirais plutôt qu’ils sont plus vrais. Mais, à 15 ans, elle a beaucoup à apprendre encore… Les hommes se cachent pour pleurer… au fond des tranchées ou perdus dans la neige, mais pas pour un rendez-vous annulé, tout le monde sait ça, voyons.

Alors, « désespoir » est un bien grand mot… Mais, après espoir, puis déception, qu’y a-t-il donc ?
L’espoir ! Encore. L’espoir de la revoir. L’espoir que ce n’était qu’une hésitation, le plaisir de profiter du soleil, de son jardin, de sa liberté, de sa maison, en écoutant la magnifique Rokia, que je lui ai faite découvrir, et l’espoir que -demain peut-être- elle me rappellera, que l’histoire continuera… Car je ne peux pas ainsi, sans me vider de ma substance et de mon âme, me jeter ainsi à corps et âme perdus pour attirer le regard et essayer de conquérir et séduire, ne serait-ce que pour une amitié. Il me faut du temps pour re-remplir mon réservoir d’enthousiasme -déjà qu’il y a des fuites, alors…

Et puis, bien sûr, bêtement, me sont revenus les beaux vers d’Aragon :
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D’une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d’inconnu

mais c’était bien trop fort, une paire de mains en guise de proie, pour un simple petit rendez-vous pour se mieux connaître.
Alors, « les gens heureux n’ont pas d’histoire » et j’aime bien écrire… Mais je préfèrerais écrire moins, occupé par ailleurs…

Alors, « Dee-Dee », « tente le diable », rappelle-moi, s’il-te-plaît!
Et « apprendre à vivre la solitude à deux », comme le suggère Ben, c’est bien mieux que de rester tout(e) seul(e).

Femmes

2009/04/06

La conquête est toujours difficile… et incertaine.
Son chemin est jalonné de chausses-trappes, d’espoirs et de désespoirs.
La conquête de la femme, s’entend !
Pour la Lune, l’Everest -et j’en passe- l’homme a déjà vaincu.
Mais la femme restera toujours un mystère… pour nous, les hommes.
Pour elle aussi, peut-être…

Vie & Solitude

2009/04/06

Ben a posé la question :
La vie ne consisterait-elle pas à apprendre à vivre la solitude à plusieurs ?

La solitude : voilà un bon sujet pour débattre… et d’autres en ont parlé avant, comme Barbara :
Je l’ai trouvée devant ma porte,
Un soir, que je rentrais chez moi.
Partout, elle me fait escorte.
Elle est revenue, elle est là,
La renifleuse des amours mortes.
Elle m’a suivie, pas à pas.
La garce, que le Diable l’emporte !
Elle est revenue, elle est là

Avec sa gueule de carême
Avec ses larges yeux cernés,
Elle nous fait le cœur à la traîne,
Elle nous fait le cœur à pleurer,
Elle nous fait des mains blêmes
Et de longues nuits désolées.
La garce ! Elle nous ferait même
L’hiver au plein cœur de l’été.

Dans ta triste robe de moire
Avec tes cheveux mal peignés,
T’as la mine du désespoir,
Tu n’es pas belle à regarder.
Allez, va t-en porter ailleurs
Ta triste gueule de l’ennui.
Je n’ai pas le goût du malheur.
Va t-en voir ailleurs si j’y suis !

Je veux encore rouler des hanches,
Je veux me saouler de printemps,
Je veux m’en payer, des nuits blanches,
A cœur qui bat, à cœur battant.
Avant que sonne l’heure blême
Et jusqu’à mon souffle dernier,
Je veux encore dire « je t’aime »
Et vouloir mourir d’aimer.

Elle a dit : « Ouvre-moi ta porte.
Je t’avais suivie pas à pas.
Je sais que tes amours sont mortes.
Je suis revenue, me voilà.
Ils t’ont récité leurs poèmes,
Tes beaux messieurs, tes beaux enfants,
Tes faux Rimbaud, tes faux Verlaine.
Eh ! bien, c’est fini, maintenant. »

Depuis, elle me fait des nuits blanches.
Elle s’est pendue à mon cou,
Elle s’est enroulée à mes genoux.
Partout, elle me fait escorte
Et elle me suit, pas à pas.
Elle m’attend devant ma porte.
Elle est revenue, elle est là,
La solitude, la solitude…

Mais elle parle là de la solitude liée à l’âge, lorsqu’on se retrouve tout seul, quand « les amours sont mortes » et que « la chair est triste ».

Mais Ben veut sans doute parler de la solitude qui nous suit de la naissance à la mort : cette sensation parfois -ou souvent pour certains- d’être seul au monde -malgré les amis, malgré la vie autour- à cause de la difficulté de communiquer vraiment avec l’autre : à cause du langage bien sûr -si limité et malaisé pour se dire à l’autre- mais aussi à cause de l’enfermement de certains en eux-mêmes, préférant se cacher, préférant camoufler leur être profond, de peur -et trop souvent avec raison…- que d’autres en profitent pour les blesser.
Alors, nous errons, seuls parmi les autres.
Et parfois, nous trouvons un autre ou une autre avec lequel/laquelle nous passons un moment de vie, partageant notre solitude, la rendant moins pénible, la repoussant dans un coin, maintenant muette, mais aux aguets, en attente. Nos parents. Nos amis. Nos amours. Nos enfants. L’inconnu(e) qui passe et qui nous sourit, sans raison, mais faisant exploser notre bulle de solitude.
Bien sûr, l’Homme n’est pas fait pour vivre seul. Des centaines de milliers de générations avant nous nous ont enchâssés dans un entrelacs d’instincts et de besoins, et de désirs, qui nous poussent vers l’autre. Seuls, nous périclitons, perdons le langage, … Nous ne sommes pas des ours, habitués à la solitude. Nous sommes des animaux sociaux. Mais, dans notre « for intérieur », nous sommes seuls. La nuit, le soir, nous sommes seuls.
Alors, certains fusionnent presque, en couple, n’ayant presque plus besoin de se parler pour se comprendre : un regard, un délicat mouvement du corps ou de la tête suffisent à transmettre un message entre deux êtres qui se pratiquent et se connaissent depuis si longtemps. Ils ne sont plus vraiment seuls… mais ils sont fragiles, dépendant de l’autre, habitués à ce langage muet du corps, qu’ils ont mis si longtemps à construire ensemble, jours après jours passés ensemble, pendant tant d’années -et c’est un miracle que la lassitude, l’envie, la bêtise, la folie, … ne les ait pas séparés.
Alors vivre, c’est apprendre à apprivoiser sa solitude à plusieurs ? Être plus forts à deux ?
C’est aussi remplir ces instants avec le regard de l’autre. C’est compter pour un(e) autre, et que l’autre compte pour soi. C’est ne plus être seul vraiment. C’est se rassurer du temps qui passe en serrant la main de l’autre, se réchauffant à l’autre. C’est trouver que la vie n’est pleinement vécue que si on est deux pour la vivre. Mais, parfois, vivre à deux est un enfer… qu’on se construit, peu à peu, sans s’en rendre compte ; car le monde n’est pas simple. Et, pour supporter cette fusion sans ressentir un écrasement, il faut se dire que l’autre -un être possible parmi tant d’autres !- est le bon, au moins pour un moment. Et, pour cela, il faut se connaître, se livrer, se dévoiler totalement, se livrer nu à l’autre, sans honte ni pudeur, ne rien cacher ; pas facile…

Mais je crois avoir glissé de « vivre sa solitude à plusieurs » à « qu’est-ce que l’amour ? ». À moins que ce ne soit la même chose…
En tout cas, toute belle histoire commence par de l’amitié, qui consiste simplement à entrelacer sa vie avec l’autre, agissant avec lui pour bien le connaître, pour qu’il nous connaisse bien, de sorte qu’il connaisse notre langage muet, et devine nos pensées. À mon avis, l’adolescence est le royaume de l’amitié, par la liberté qui nous est offerte, sans contrainte. Mais une fois adulte, parfois, il suffit de peu de choses pour se plaire… juste un regard.

Alors, sur ce Blog, je divague, je dis ce qui me passe par la tête, sans queue ni tête, « pas de chapeau & pas de braguette ». Mais j’essaye de dire ma vérité… peut-être bien que, comme Barbara, je me sens bien seul…
Où est-elle donc ? qui se cache. N’est-ce pas, Dee-Dee ?!
Car – bien sûr ! – à deux, je passerais moins de temps ici…
À moins que je ne prenne goût à écrire… me saoûlant de mes bêtises… Allez savoir.

Allez, à table !

Cache-Cache

2009/04/05

Alain

Nadia

Autoportait

2009/04/05

Tony

1980 ?