Archives de la catégorie ‘Athéisme et Religions’

Homeland

2013/02/01

"Homeland" : me voilà devenu accro à cette série américaine… Comme je suis faible… ou, plutôt, comme ces scénaristes et réalisateurs américains sont efficaces… Bien sûr, il y a des ficelles un peu trop grosses. Il y a des erreurs bien visibles (pas forcément pour l’Américain moyen…). Mais que c’est bien fait. Et ça me rappelle Dexter, par son personnage principal, connecté avec une femme bizarre. Nick Brody, il est roux comme Dexter Morgan. Dexter est plus costaud, plus carré des épaules. Mais ils partagent tous deux le même profil psychologique : tous deux cachent un secret, ignoble, affreux, dangereux pour eux et leurs proches, et la mort et le danger rôdent autour d’eux. Le personnage de Dexter me semble parfaitement improbable d’un point de vue psychologique : il est impossible de réussir à avoir une vie "normale" avec les secrets et la vie parallèle qu’il cache. Mais, bon, on le sait, et on apprécie quand même le personnage et la série. Pour Brody, le secret est aussi lourd, ancré aussi à une terrible épreuve : la prise de conscience d’une mort personnelle proche lors de sa captivité, et la perte douloureuse d’une âme innocente et aimée, en plus de tortures physiques et psychologiques. Mais Brody, au contraire de Dexter, montre des signes d’hésitation, de troubles, de souffrance, de revirements. Il est bien plus humain. Et sa quête est compréhensible : la guerre est une horreur, déjà, mais encore plus lorsqu’il y a des "dégâts collatéraux", surtout quand il s’agit d’enfants. Darwin rejeta l’idée d’un Dieu après avoir vu souffrir et mourir l’une de ses filles. La mort des innocents (les enfants) est insupportable. Nul Dieu pourrait permettre cela sans être un pervers. Brody rejette donc ce monde dans lequel il est né. Mais, au moment où je suis (vers le milieu de la 2ème saison), il a déjà renoncé deux fois à ses engagements. Il est tiraillé entre le souvenir de Aïssa et le bonheur d’une famille retrouvée, et surtout par la tendresse et l’inquiétude manifestées envers lui par sa fille Dana, qui prend une place considérable dans l’équilibre du personnage principal. Ce personnage, Brody, est très humain, écartelé entre un monde qui l’a formatté, et un nouveau monde, qui lui a apporté des choses qui lui manquaient. Mais, bon, les circonstances de sa conversion sont entachées de violences, de manipulation, de plans, de vengeance, de haine… qui le poussent vers le "mal". Le scénario, en envisageant une personne "retournée" par l’ennemi pouvant accéder peut-être aux plus hautes responsabilités politiques, remue en profondeur la légitimité des actes militaires contre le terrorisme religieux, actuellement musulman. Mais il ne remue guère, pour le moment, l’aberration d’une religion, qui avait pour but l’amélioration de la vie d’un peuple, et qui se mute en un fourneau de haine brûlante envers les autres. La haine naît-elle toujours des religions ? Je le pense… Quand le fond est mauvais, et même si 99,99% des pratiquants sont de bonnes gens (pas plus voleurs et assassins que les athées, mais pas moins), il reste toujours 0,01% de fous fanatiques ou opportunistes qui utilisent la religion pour leurs buts (pouvoir, vengeance, richesse, folie, etc). Chaque camp se dit être le "bon" camp, fort de la certitude d’être dans le vrai et le bien. C’est aussi ce qui dégouline du film "Lincoln" : au-delà de la description de l’homme qui a voulu et fait l’égalité entre hommes blancs et hommes noirs, c’est aussi une certitude de faire "bien". Il est vrai que, pendant la guerre de Sécession, les indiens ont vécu quelques années plus tranquilles, l’armée américaine étant occupée à se massacrer. Mais, ensuite, ces militaires ont su trouver le moyen de continuer à s’amuser, contre un peuple désarmé et acculé. Autre lien entre "Homeland" et "Lincoln" : le moment où Brody amène sa famille sur le lieu d’une bataille fondamentale entre les 2 USA, moment où la possible victoire a changé de camp, victoire ayant rétabli l’unité d’un pays où il est normal de mettre le drapeau à sa fenêtre… Décidément… si Christophe Colomb n’avais pas découvert l’Amérique, le monde aurait été bien différent… meilleur, je pense, mais pas sûr. Peut-être que sinon, en ce moment, je serais en train de prier Dieu dans une église… ;) Ha ha ha ! L’idée qu’on puisse vivre libre, et pas sous la férule d’un roi adoubé par une religion s’appuyant sur un Dieu, semble bien née quelque part par là, non ? dans ce pays neuf où tout était possible (une fois nettoyé de ses sauvages rouges, s’entend). Il serait intéressant d’écrire un livre sur l’histoire de la liberté face à la religion, une histoire mondiale bien sûr, et pas seulement européenne, ni occidentale. La Liberté, oui, mais pas en écrasant d’autres vies, humaines ou animales. Supprimer l’esclavage, en imposant une égalité devant la Loi, était une première étape, qui n’a duré que trop longtemps. Il y a d’autres libertés à définir et à protéger. Dans un monde plus complexe, libéré du schéma oppressant et simpliste issu des 3 religions du Livre. Le monde a changé, tous les peuples sont inter-connectés, après l’envahissement du monde par les occidentaux voici l’envahissement du monde par les chinois, les sangs et les couleurs de peau se mélangent, le monde change à grande vitesse, et certains voudraient encore et toujours trouver un calme et un bonheur utopiques en essayant de retrouver quelque paradis perdu qu’ils imaginent plus qu’ils ne sont capables de comprendre vraiment les temps passés : le passé ne peut pas revivre, il faut constamment créer du neuf, s’adapter. La vie n’est que cela : mouvement, adaptation, constants, sans savoir où elle va, guidée seulement par les règles découvertes par Darwin : celui qui s’adapte mieux à son écosystème prend un avantage sur les autres et se développe plus, transforme son environnement, et s’y adapte de nouveau, dans un mouvement continuel vers le futur qui jamais ne peut revenir vers le passé. Le Fondamentalisme, le désir de retour vers une religion pure et idéalisée, c’est de la pure folie. Ou, dit plus clairement, de la connerie. Mais, bon, tant que les athées n’auront pas construit une religion apportant la spiritualité dont ils ont besoin, ils seront toujours faibles devant ceux qui savent utiliser des textes mélangeant la folie et la magie à la beauté.
Mais, bon, comme d’habitude, je me suis égaré… Homeland ? C’est très intéressant. Très intéressant de voir comment les scénaristes ont réussi à construire un divertissement haletant et prenant, et posant des questions fondamentales, comme : tous les moyens sont-ils bons pour faire aboutir ce qu’on pense être le bien ? Lincoln a triché et menti pour faire advenir ce qu’il pensait être juste. Le Vice-Président de Homeland a camouflé le carnage entraîné par sa décision. Les USA actuels ont triché et menti pour conserver leur pouvoir sur le monde et ses puits de pétrole, pour conserver leur pouvoir d’achat (et de nuisance mondiale). Si les américains étaient moins gras et moins cons (en moyenne), le monde serait sans doute meilleur… ;)

Adonis أدونيس

2013/01/29

Il me semble que j’avais déjà entendu parler de lui. Il me semble…
Adonis, c’est "le plus grand poète arabe vivant", dit l’article du Point du 17 janvier. On parle de lui probablement parce qu’il est né Syrien, issu de la même minorité que Bachar el-Assad : les Alaouites ; mais aussi parce que le 2ème tome de son Livre vient de sortir (al-Kitâb).
Ne lisant pas l’arabe, je suis incapable d’apprécier sa poésie, mais ce qu’il dit sur ce qu’il faut aux peuples arabes me touche. Dès le départ de l’interview, il dit : "Je ne suis pas un homme de politique, je suis un poète. Ce qui m’intéresse, c’est la liberté de l’individu et la laïcité de la société qui permet la libération de la femme de la loi religieuse". Tout est dit. L’essentiel, pour lui, c’est "la libération de la société du joug de la religion". "Le problème est de savoir si l’être humain est là pour créer un monde vivable ou pour hériter du passé". "Le peuple est une pluralité faite de conflits entre ceux qui veulent changer et les autres, qui restent dans l’obscurantisme et préservent leurs intérêts". Dans son livre, il parle du plus grand poète arabe de tous les temps, Abū l-T̩ayyib Ah̩mad ibn al-H̩usayn al-Mutanabbī, qui se déclara prophète, et fut un "symbole de courage et de transgression, une figure de refus, de recherche, de dépassement". "Il faut voir l’homme arabe à travers les textes des grands poètes marginalisés par la culture régnante, et non par la politique". Il dit s’être senti, peu à peu, "fondamentalement areligieux et fondamentalement antimonothéiste". "Les monothéismes sont fondés sur des principes révélés : le prophète est le sceau, la vérité transmise par ce prophète est l’ultime vérité, l’homme n’a rien à ajouter, il n’a qu’à croire et pratiquer… Et, si on pousse cette logique, Dieu lui-même n’a plus rien à dire, car il a donné sa vérité ultime à son dernier prophète".

"En poésie, pour être Adonis, on doit en même temps être Sisyphe. Adonis, c’est Sisyphe. Créer, c’est espérer, même en plein désespoir ".

"Le pouvoir doit s’incliner devant le poète"

Totem

2013/01/23

Article "Totem" de PhilosophieMagazine de Février 2013, page 75, de Tobie Nathan.
Dans cet article très court (trop court…), Monsieur Tobie Nathan déblatère autour du mot "totem". Son explication ne m’a pas convaincu. Pour moi, un "totem" est une solution magique pour essayer d’expliquer quelque chose d’incompréhensible (avant) : d’où vient l’Homme ? et quel est son lien avec la Nature ?

Bonjour, je ne suis pas d’accord avec votre analyse sur le sens du mot "totem". Vous y voyez un point d’origine où commencer le décompte de nos ancêtres. J’y vois plutôt une incapacité, chez les peuples primitifs mais aussi jusqu’à Darwin chez les peuples dits évolués, de concevoir l’accumulation de petits changements dans une lignée permettant le passage progressif entre des ancêtres simiesques et l’Homme. Pour eux, il y a un point de rupture magique : un "totem" d’où est sorti (par magie) leur lignée humaine, ou bien un Dieu qui a créé les Hommes. Ce "totem" est aussi, bien sûr, une histoire commune liant un peuple. Ce sont les prémices du parasite religieux qui enferme l’individu dans une société religieuse pour éviter l’éclatement de cette société et donc la disparition cette religion. Ou, plutôt, les religions/totems qui n’étaient pas assez forts pour contenir les forces de dispersion ou d’assimilation extérieure ont disparu. La notion de "totem" est un leurre qui a longtemps empêché les Hommes de comprendre les rouages psychologiques.
"Mon ancêtre est un caméléon" fait dorénavant partie du passé. Le monde est maintenant désenchanté. Il ne sert à rien de vouloir revenir à "avant". Il faut accepter d’avoir continué de "croquer la pomme" de la connaissance. Après être sortis du Jardin d’Eden, nous avons tué Dieu et tous les totems. Reste à définir une spiritualité athée.
Ce que vous décrivez ("guérisseur", "source de la folie") n’était qu’une façon de trouver une solution bancale et inefficace à un problème fondamental mais insoluble à ces époques, faisant souvent plus de mal que de bien. Maintenant, il nous faut accepter de vivre avec la pleine conscience de notre animalité fondamentale et de la disparition de la magie. C’est triste, mais c’est comme ça.
Cordialement

Texte original :

PM

Mariage tunisien

2013/01/10

C’est marrant le hasard. J’étais donc aux urgences, à me rendre compte que ma mémoire m’était à peu près revenue, et j’attendais, tranquillement, patiemment (il y avait plus urgent que moi), que des médecins viennent, l’un après l’autre, espacés de longues heures, me poser des questions, ou qu’on m’amène faire ce scanner qui n’a rien montré. Et voilà que ma voisine et moi avons commencé à discuter, de son histoire.

Jeune femme de 34 ans d’origine tunisienne, mais ayant toujours vécu en France, elle a été envoyée aux urgences psychiatriques par son médecin traitant parce que… son mari, tunisien vivant en Tunisie, vient de découvrir qu’elle a eu d’autres hommes dans son lit avant elle. Il pensait qu’il n’y en avait eu qu’un ; ce qui est déjà beaucoup pour quelqu’un de culture musulmane, mais il semblait l’avoir accepté. Mais, alors qu’ils se sont mariés religieusement il y a 2 jours… il a découvert, grâce au téléphone portable qu’elle lui a donné pour s’appeler, nombre d’échanges crus et explicites que sa toute fraîche épouse avait eus avec une amie, où elle expliquait en détails sa vie amoureuse et, apparemment, surtout sexuelle… Et voilà le (récent) mari choqué, sa mère outrée et absente du mariage, et la jeune femme inquiète pour son mari, auquel elle tient, même si elle ne le connaît que depuis vraiment peu (6 mois…). Drôle d’idée d’aller chercher un Tunisien vivant en Tunisie, mais, apparemment, impossible pour elle de trouver un homme "sérieux" en France (sérieux = mariage). Probablement aussi que l’échantillon de mâles auxquels elle avait accès était limité par ses origines… mais quand même. Et me voilà donc en train d’essayer d’aider et de rassurer cette jeune femme, apparemment calme mais inquiète pour son homme (qui n’a pas encore "consommé" le mariage), et inquiète pour la suite de son mariage. Quelque part, je me suis dit que cet homme devait apprécier de pouvoir venir légalement en France, et que le voilà bien dépité de découvrir (et sa famille aussi…) que son épouse a déjà eu une vie bien remplie avant lui… et je me demandais pourquoi cette jeune femme, travaillant dans l’informatique, et – ma foi – sympathique, intelligente, et mignonne, avait pris le risque d’épouser un homme (plus jeune qu’elle d’un an) peut-être bien définitivement déformé par une culture (même en Tunisie, à Bizerte) où la femme n’est pas vraiment l’égale de l’homme. Elle ne semblait pas comprendre pourquoi son médecin l’avait envoyée aux urgences psychiatriques. Et c’est vrai qu’elle semblait calme, seulement inquiète à l’intérieur, s’exprimant calmement. À moins que son médecin se soit inquiétée du fait que sa patiente pouvait se sentir coupable de la situation, en ayant fourni son vieux téléphone et tous les SMS échangés…
Mais, bon, je ne saurai jamais la fin de l’histoire… Voudra-t-il rompre le mariage (non consommé) ? Ou viendra-t-il quand même en France, même s’il souffrira de savoir que sa famille sait que son épouse n’est pas tout à fait "neuve"… et – surtout peut-être – d’avoir découvert des choses qu’il aurait préféré laisser dans leur état : vagues. Cela va dépendre de l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre… Cette femme semblait vraiment inquiète pour son mari, peur qu’il fasse une bêtise plus grave que se saoûler la gueule comme il semble s’y être mis après sa découverte…

Ils sont comme nous

2012/12/19

"Ils", ce sont les grands singes, nos cousins, primates évolués comme nous. En tous points comme nous.

Nous, européens, puis occidentaux, avons une vision "particulière" du monde. On nous éduque en nous faisant croire que la Grèce et Rome ont été le centre du monde et que, héritiers de ceux-ci, notre civilisation est supérieure aux autres civilisations, que nous avons dominées, colonisées, abimées, dénaturées, ou détruites totalement. Que nenni. Notre façon de voir le monde est centrée sur notre nombril. Ainsi, dans "Philosophie Magazine", on y continue à rabâcher les mêmes trucs sur les philosophes de notre civilisation, oublieux des autres philosophies, principalement en Asie et non polluées par le monothéisme. Idem pour le regard que nous avons sur nos cousins les grands singes. La naissance de la culture judéo-chrétienne s’est faite loin des contrées où vivaient encore des grands singes, dans l’ignorance de leur existence. Cela a forcément dû contribuer à cette idée absurde, réductrice, dualisante, et anthropomorphique, d’un Dieu unique à visage humain. Alors que, dans d’autres civilisations qui ont côtoyé de tels grands singes, il y avait une preuve évidente que d’autres êtres, dits animaux, nous étaient très semblables (au point même qu’il arrive parfois qu’un Orang-Outan viole une femme…). Egalement, comme nos ancêtres ont côtoyé l’Homme de Néanderthal, les ancêtres d’autres civilisations ont côtoyé des cousins qui étaient encore plus proches de nous que les grands singes survivants, comme l’Homme de Florès sans doute. Ce n’est que TRÈS récemment que des grands singes sont arrivés en Europe et ont pu être vus et étudiés, mais si peu. Car, face à ce visage et à ce regard quasi-humains, les hommes, et les autorités religieuses sûrement, ont dû être bien embêtées. De telle sorte que ce n’est que depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale qu’on s’est rendu compte que ce que nous croyons être le "propre de l’Homme" est aussi partagé par les grands singes : chimpanzés, bonobos, orang-outans, gorilles. Ils possèdent, comme nous, la culture, l’amitié, même l’amour dans un couple, les outils, le mensonge, la farce, la connaissance des médicaments, les guerres, l’empathie et une amorce de compassion, l’amour du sexe, le besoin fondamental de vivre en groupe, les clans et la politique, etc. Même le rire. Le rire n’est pas le propre de l’Homme, je l’avais déjà dit ici. Mais je pensais qu’ensuite les larmes seraient le dernier bastion de ce qui différencierait l’Homme de l’Animal. Mais même pas. Pour le rire : prenez une peau de léopard et essayez de vous camoufler dedans et aller vous promener devant la troupe de chimpanzés que vous étudiez : ils éclatent de rire ! Pour les larmes, observez un vieil orang-outan dans une ménagerie et qui reçoit la visite de sa gardienne dans sa ménagerie précédente : la femme pleure à chaudes larmes devant les grilles, tandis que l’orang-outan est dans un coin de la cage et manifeste tous les symptômes dits humains de la tristesse et des larmes. Des gorilles et des chimpanzés ont appris le langage des signes, et l’ont parfois transmis à leurs petits. Il y a même une orang-outan célèbre qui a pris goût à faire des noeuds, pour le plaisir, et jamais pour recevoir des récompenses : Wattana.

Wattana

Alors, s’ils sont comme nous, pourquoi ne sont-ils pas protégés comme tout être humain le devrait ? Leurs forêts sont détruites pour faire pousser des palmiers à huile, ils sont encore chassés pour leur chair ou pour faire des cendriers avec leurs mains, ils sont capturés jeunes (en tuant la mère) pour être vendus en ménageries, etc. Etudier nos plus proches cousins me semble bien plus important que d’aller fouler le sol de Mars. Lancer un programme d’éducation des plus aptes de ces grands singes, afin d’élever leur capacité à communiquer, avec nous et entre eux, afin de voir naître une nouvelle culture (forcément hélas imprégnée de la nôtre), cela me semble bien être une mission plus importante que Mars. Car, en comprenant ce que nous partageons avec eux, en les traitant d’égal à égal, nous détruirions cette idée débile qui nous ronge : notre soi-disant supériorité et notre soi-disant origine divine. Nous sommes tous des animaux. Comprendre comment fonctionnent nos plus proches cousins est un moyen formidable pour mieux se connaître nous-mêmes. Et, bien sûr, après avoir détruit les statues de Bouddha d’Afghanistan, des fanatiques se mettraient en tête d’éliminer les dernières preuves vivantes de l’aberration des religions monothéistes basées sur une origine divine de l’Homme. Le Dieu Unique né quelque part chez le peuple juif il y a environ 23 siècles (si je me souviens bien) est un poison, qu’il faut éradiquer. Ca n’en prend pas le chemin, hélas…

Pour aller au coeur de l’Homme, il faut donc savoir s’en éloigner, étudier les grands singes, nos cousins, comme le fait le primatologue Franz de Waal. Ensuite, en nous regardant de nouveau, nous verrons plus clairement encore que ce que nous croyons unique en nous ne l’est que par un certain seuil : les grands singes sont comme nous, à un moindre degré parfois, et il suffirait de pas grand chose pour qu’ils créent une civilisation proche de la nôtre. Ce qui me rappelle un film célèbre ! où les singes parlent (ce qui leur est impossible) et pensent surtout (ce que le langage des signes peut leur donner à un niveau très proche du nôtre), mais dont le nom m’échappe ! ;)

Quel futur ?

2012/10/30

Dans la Tribune du Nouvel Observateur du 6 septembre 2012, J.M.G. Le Clézio, prix nobel de littérature en 2008, réagit à juste titre à la publication du nauséabond livre de Richard Millet : "Eloge littéraire d’Anders Breivik". Après avoir dit tout le juste mal qu’il faut penser à propos d’un tel livre, Le Clézio décrit les obsessions des islamophobes, qui étaient celles des antisémites : "l’invasion des étrangers, la perte des repères chrétiens, et la pureté de la race." Plus loin, il dit que la question du multi-culturalisme est déjà caduque : "Nous vivons dans un monde de rencontres, de mélanges, et de remises en cause." Et ce, depuis toujours. Et il dit : "le seul espoir que nous ayons n’est pas dans une nostalgie d’on ne sait quelle pureté originelle [...] mais dans l’ouverture vers l’interculturel. Rêver d’une identité nationale figée est un leurre".

Je suis parfaitement d’accord avec ce qu’il dit : la France change chaque jour, et elle doit continuer à changer, à se renouveler, grâce à l’apport de sang et d’idées neufs. Mais il omet de parler de ceux qui, acceptant parfaitement le mélange des couleurs et des cultures comme condition pour ne pas stagner, et comme une richesse, se lamentent de voir que, alors que nous commencions à largement nous libérer du joug de la religion chrétienne, une autre religion prend de plus en plus de place dans notre société, réveille ses concurrentes par le tintamarre que les plus extrémistes d’entre eux font, et nous renvoie des siècles en arrière, dans un obscurantisme et une soumission à l’idée de Dieu dont nous pensions enfin être libérés. Le poids grandissant de l’Islam en France est en train de freiner ce mouvement de libération des esprits face au lessivage des cerveaux par les religions monothéistes. Vu le soutien apporté à l’Islam radical dans le monde par des pays arriérés démocratiquement et humainement, machistes insupportables, mais riches de pétrole et de dollars, il n’est pas certain que cette France en mouvement puisse continuer à s’émanciper de la notion de Dieu et des absurdités qui vont avec. Pour de nombreux français, l’idée d’une renaissance du religieux, chrétien ou musulman, mais toujours horriblement monothéiste, est insupportable, intolérable. Car nous sentons déjà que ce vent de liberté qui commençait à souffler dans nos esprits et celui de nos enfants vacille et menace de mourir. Je ne pleure pas l’illusion d’un passé chrétien (faussement) glorieux mais la possibilité étranglée d’un futur plus libre encore qu’aujourd’hui de toutes les fadaises et horreurs des religions, qu’elles soient chrétiennes, musulmane, juive, ou n’importe quelle absurdité basée sur une prétendue divinité permettant à certains opportunistes d’essayer d’imposer des idées rétrogrades et figées aux autres, pour leur profit personnel ou leur folie. Toute religion monothéiste est un virus, un parasite, qui ne se satisfait pas de l’emprise qu’il a sur ses "fidèles" et qui ne supporte pas que d’autres ne croient pas en leurs "vérités" et se rebellent. Je ne refuse pas l’accroissement de l’influence de l’Islam en France par nostalgie du passé mais par peur de la mort d’un futur démocratique et encore plus athée sinon seulement vraiment laïque. Car toute religion, naturellement, s’associe avec le pouvoir pour dominer et écraser le peuple. Nous connaissions cela en France avant la Révolution, et nous voyons la même hydre renaitre par exemple en Russie. Ceux qui apportent en France ce virus de l’Islam sont des victimes, contaminés à la naissance par leurs parents, qui ont hérité ce mal de leurs parents, et à qui personne n’a jamais demandé leur avis avant de les déclarer "musulmans" : ils sont donc innocents, comme l’étaient ceux que leurs parents avaient baptisés à la naissance et éduqués dans le respect (idiot) de la Bible. Mais, hélas, ces hommes et ces femmes n’ont souvent pas reçu l’éducation multi-culturelle leur permettant de comprendre ce monde nouveau où ils sont arrivés. Certains, au contact du vent de liberté qui souffle encore ici, se sont quand même libérés un peu du joug ancestral. Mais d’autres, effrayés justement par cette liberté nouvelle et tranchant avec le monde figé et clanique d’où ils viennent et dont ils n’arrivent pas à se défaire, ce qui les déchirerait, n’ont qu’une envie : recréer un monde ressemblant à celui qu’ils imaginent avoir été celui de Mohammed, 14 siècles plus tôt, alors qu’il ne leur sera jamais possible de comprendre ce monde et l’utilité progressiste (à cette époque !) d’un livre qui n’avait qu’un but : aider un peuple à mieux vivre en lui donnant des règles afin de grandir. Et, à cette époque, la peur du père (ou du père absolu : Dieu) était plus efficace que les explications. Mohammed a copié la Bible, pour le malheur de beaucoup aujourd’hui. Mais, à son époque, c’était un bien, que ses successeurs ont détruit en traduisant à leur avantage (machiste et dictatorial) ce texte dit "sacré" mais qui n’est qu’humain, que trop humain, car il n’est aucun Dieu au-dessus de l’Homme, qui est seul et dont le destin est entre ses propres mains.

Mais que faire ? Il n’est rien de plus difficile qu’arracher les mauvaises herbes lorsqu’elles ont pris racine depuis longtemps. C’est bien à l’école donc d’agir pour faire passer l’idée de laïcité et mettre l’athéisme au même niveau que les religions. Mais les enseignants ont d’autres soucis et beaucoup d’entre eux sont fatigués déjà de se battre.

Islam

2012/09/25

Plusieurs textes très intéressants dans Le Monde de vendredi 21 septembre.

Salman Rushdie, d’abord, qui donne ses "Mémoires de guerre" et déclare : "C’est une tragédie que l’islam régresse à ce point".

Tahar Ben Jelloun décrit quelque chose de très important : "certains Etats musulmans, à défaut d’entrer dans la modernité et de cultiver la démocratie, encouragent cette passion qui occupe les populations et leur fait oublier l’essentiel : instaurer un Etat de droit et de justice qui favoriserait l’émergence de l’individu. Or, l’individu reconnu, c’est la rupture avec le clan, c’est le droit à la liberté, le droit de conscience, la porte ouverte à la réflexion critique. Ce que les Etats islamistes ne peuvent tolérer." Il dit là l’essentiel : ceux qui prétendent défendre l’Islam luttent en fait contre un Islam vivant qui s’adapterait au monde actuel, refusant ce changement radical : l’émergence d’individus libres (libres de penser, libre de contraintes religieuses).

Ce que dit Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, est plus important encore. Il considère "la liberté de conscience et d’expression comme un acquis occidental incontesté et incontestable, une avancée et un progrès philosophico-moral réel de notre humanité. Leur élan doit être irréversible. Le droit à la création intellectuelle et artistique participe de cette liberté. Toute concession dans ce domaine ne rendrait pas service à ce qui fait l’être humain : la liberté. Nous devons alors tous défendre et universaliser cette valeur cardinale. [...] Car tout simplement la liberté et la créativité restent le propre de l’homme, et sont donc des notions sacrées sans lesquelles l’homme n’est plus homme. Aucune religion digne de ce nom ni aucun système culturel ou philosophique ne peut nier ce principe." Donc, actuellement, ce n’est pas un combat de l’Islam contre l’Occident auquel on assiste, mais un combat de fous protégeant leur version sclérosée et imaginaire d’un Islam idéal révé contre une autre partie de l’humanité qui a dépassé certaines folies et qui tient la liberté individuelle comme la chose la plus sacrée qui soit. Bref, Monsieur Oubrou dit des choses extraordinaires et incroyables, formidables d’audace et de puissance pour faire évoluer l’Islam : dans son texte, le mot "sacré" n’est employé QUE pour la liberté, qui donc semble passer avant le côté "sacré" du Coran, paroles de Dieu. Mais, en fait, de mon point de vue, il ne fait que suivre l’esprit de Mohammed : le Coran et l’Islam, qu’il a inventés, n’avait qu’un seul but : faire en sorte qu’un peuple vivent "mieux". À oublier les hommes et les femmes, les islamistes actuels nient les idées profondes de l’Islam : un progrès. Et le progrès suppose de s’adapter aux nouveautés. Une religion qui ne s’adapte pas aux changements (nouvelles connaissances !) du monde est une religion mortifère, comme le sont le Catholicisme, la religion juive, l’Islam, et bien d’autres. Monsieur Oubrou, encore, montre qu’il a bien compris l’évolution radicale de l’humanité : l’interpénétration des cultures et des civilisations, créant des chocs d’ignorance et d’idéologie.

Enfin, il y a d’horribles tentatives actuellement pour rendre le "blasphème" universel, afin de défendre ce que certains considèrent comme "sacré". Or, fondamentalement, ce qui est "sacré" pour certains n’est que foutaise pour ceux qui n’ont pas les mêmes croyances ou n’ont pas de croyances du tout. Quant aux athées, ils attendent avec désespoir que tous les croyants respectent enfin leur droit fondamental : ne plus être emmerdés par des fous qui croient en des choses improuvées et improuvables.

Bref, l’Etat français doit cesser de ménager la chèvre et le chou et dire clairement : toute personne a le droit de rire des croyances des autres, rien n’est sacré hormis la vie et la liberté.

Touche pas à mon prophète

2012/09/21

Il me semble que Mohammed était un homme, et que tous les hommes naissent nus. Le montrer nu ne va sûrement pas le faire se retourner dans sa tombe. Par contre, certains se sentent concernés, car très susceptibles, trop.

Je propose une année de caricatures obligatoires dans tous les journaux : que chaque jour une caricature se moquant d’une religion et de ses croyants soit publiée à la Une d’un journal. Peut-être qu’à force certains finiront par comprendre que l’humour est l’une des plus belles choses créées par l’Homme.

D’ailleurs, écoutez : C’est ma prière.

Islam

2012/09/20

On dirait que ça bouge de plus en plus : Tunisie, Lybie, Iran, caricatures, manifestations, salafistes, Mali, Soudan, etc. C’est inquiétant… Alors que 99,99% des musulmans, au moins, sont des gens bien tranquilles, quelques énergumènes foutent le bazar. Des énergumènes servant de boute-feu, malgré eux. Des énergumènes qui voudraient revenir à l’époque de Mohammed, mais qui ne renoncent pas à leur téléphone portable… et ne survivraient pas longtemps dans le désert d’Arabie.
Et la fatwa sur Salman Rushdie qui vient d’être relancée. Il a dit que, s’il avait su qu’une fatwa serait lancée sur lui, il aurait écrit un texte vraiment critique de l’Islam.
Que dire ?
Caricaturer Mohammed n’est un blasphème que pour celui qui croit en Allah. Mohammed, du fond de son tombeau, s’en fout complètement puisqu’il n’est plus. Pour les vivants, c’est juste … une bonne occasion de faire du bruit et de s’imposer. Ils ne font qu’utiliser leur religion pour donner un (mauvais) sens à leur vie.
Dans mon quartier, jamais je n’avais vu autant de femmes habillées de façon "traditionnelle". Je me demande même s’il n’y en a pas plus qu’à Gabès, sud de la Tunisie, où j’ai vécu 2 ans.
Que dire ?
Comment expliquer à quelqu’un entré (de force, contraint par sa communauté et ses parents) dans la folie d’une religion (juive, musulmane, ou chrétienne) qu’on n’en a rien à foutre de ses livres "sacrés", de ses prophètes (morts depuis belle lurette), et de son Dieu ? Comment lui dire qu’il n’est qu’un pantin, la marionnette d’une religion et surtout d’hommes qui tirent du pouvoir et de l’argent de ce bordel ? Ca me rappelle un article sur Israël, disant qu’une des plus riches familles vend des articles religieux depuis des lustres… Comment expliquer à un musulman "tranquille" qu’il est parasité par un virus, transmis et imposé par ses parents ? Il n’a jamais eu le choix. Et, s’il veut s’échapper, se libérer, il lui faut accepter de tout perdre : famille et amis ; car il sera rejeté. La religion monothéiste, comme les sectes, c’est un club très fermé et sans pardon : on t’accueille bras ouverts ! mais on ne te laisse pas repartir… Ce qui me rappelle la chanson "Hôtel California"…
Que dire ?
Il y a plein de livres qui décortiquent ce que sont les religions et qui expliquent que, malgré tout le bien qu’elles peuvent générer, il y a, au fond de chacune d’elles, le germe du mal, le risque que des fous (ou des malins) veuillent interpréter littéralement leur livre "sacré" et bloquer l’aiguille du temps sur une arriération mentale.
Comment dire à un musulman qu’un Coran, imprimé sur du papier du XXIème siècle, (mal) traduit d’un arabe d’il y a 16 siècle par des machistes, n’est PAS sacré. Juste de l’encre et du papier… Rien n’est sacré, sinon la vie.
Que dire ?
Simplement que, pour faire taire tous ces gens qui crient au blasphème, il faudrait que tous les journaux de France, et de Navarre, publient chaque jour une caricature grasse et méchante sur l’une des religions du monde (mais surtout les monothéistes), en alternant, pendant un an au moins. Qu’on en placarde partout. De sorte que, enfin, les athées puissent crier au monde : y’en a marre de vos conneries !
Que dire ?
Beaucoup de musulmans en France se radicalisent. Pourquoi ? Peut-être bien parce qu’ils ont été ostracisés ? ou mal intégrés ? ou influencés par les télévisions arabes financées par l’Arabie Saoudite et leur vision extrême de l’Islam ? ou …
Tant qu’il y avait une certaine richesse à se partager, cela allait… Si la récession, et le chômage, s’installent en France, les rancoeurs risquent d’enfler.
C’est quand même dommage… Tout doucement la religion catholique disparaissait, le nombre d’agnostiques et d’athées devenant supérieur aux adorateurs de la Croix, et il a fallu que le monothéisme reprenne du poil de la bête à cause de nos anciennes colonies…

Athées de tous les pays : unissez-vous ! ;)
Sinon, un jour, on m’imposera, à moi ou à mes enfants, de croire en Dieu.

Elle Proteste !

2012/09/01

F. est Protestante, et elle me lit. De passage entre la Belgique et l’Italie, nous avons eu hier soir une deuxième rencontre. Bizarrement (?), notre discussion a glissé sur les religions, sur le Protestantisme, et sur ma vision des choses. Et elle a raison : même si je suis athée (depuis 2 générations avant moi, et viscéralement), je suis imbibé d’une culture catholique dont je ne connais que les grands traits et ignore les détails. Et, du protestantisme, je ne connais pas grand chose. Ce qui fait que je ne parle pas, dans ce Blog, de côtés progressistes et intelligents que peut avoir une religion monothéiste, telle que le Protestantisme. Face à tous ces symboles que l’Eglise Catholique a mis en avant : Dieu le père, homme barbu… Eve issue de la côte d’Adam (il nous en manque une, à nous les mecs ?), etc, j’ignore que certains savent lire entre les lignes, voir les idées fondamentales (d’amour et d’harmonie) à l’origine du Christianisme, que l’Eglise Catholique s’acharne à étouffer sous un monceau de conneries. Oui, il y a des gens qui croient en un Dieu (pas forcément à visage humain) unique et qui vivent bien, tranquilles, en harmonie avec les autres, qui savent interroger les textes bibliques et en extraire les (beaux, mais limités) principes, et qui ne feront jamais de mal aux autres, sauf pour se défendre, et surtout pas pour défendre leurs idées religieuses ou les imposer aux autres. Mais, fondamentalement, mon analyse est que ces textes Bibliques ont été écrits il y a trop longtemps, à une époque où les Hommes ne possédaient qu’un millionième des connaissances actuelles (comme j’espère que, nous aussi, n’avons aujourd’hui qu’un millionième des connaissances futures) et que, même s’ils contiennent des idées et des préceptes universels et éternels, ils sont pollués par une vision fausse du monde, de la vie, de la Nature, et de nous-mêmes. Je ne peux pas accepter ces "vieilles" religions écrites par des Hommes qui, par exemple, ignoraient la cause des règles des femmes et les traitaient d’impures, ou qui ignoraient l’origine des maladies et envoyaient des gens au bûcher simplement parce qu’ils étaient épileptiques ou "avaient le mauvais oeil". L’ignorance, et le besoin de trouver une explication à ce monde qui nous entoure, a poussé les Hommes à imaginer des causes et des mécanismes qui n’ont rien à voir avec la réalité, que nous connaissons bien mieux aujourd’hui. Et la plupart de ces religions sont ancrées dans le passé et dans des textes aujourd’hui dépassés, anachroniques, dangereux par leur brutalité, même s’ils ont été un "mieux" par rapport aux autres religions de ces temps anciens. Mais je serais prêt à considérer une religion nouvelle qui fasse "table rase" du passé et construise une "religion" acceptant les hypothèses actuellement les plus probables : nulle "entité" divine n’a créé l’Homme, nulle entité divine n’a conçu un plan devant aboutir à l’Homme. Nous sommes le fruit du hasard. Nous ne sommes pas "supérieurs" aux autres animaux, et nous ne possédons, par rapport aux plus "développés" (éléphants, dauphins, primates), que quelques rares traits qui nous sont propres. Mêmes les animaux se font la guerre ! Les chimpanzés. Même les animaux ont de l’empathie pour leurs congénères ! Les grands singes. Même les animaux ont conscience de la mort ! Les éléphants, les grands singes. Même les animaux rient ! Les grands singes. Même les animaux ont une culture qu’ils se transmettent et qui évolue ! Etc. Nous sommes l’ultime rescapé d’un grand nombre d’espèces d’hominidés qui ont vécu et se sont côtoyés pendant des milliers d’années, et il y a des milliers d’années. De la même façon que les Chimpanzés font de la politique et que les Bonobos font l’amour pour éviter la guerre, nous sommes quelque part entre ces deux exemples, voire même quelque part entre plein d’espèces de primates et d’hominidés qui ont disparu, probablement à cause de nous, parce que nous avons envahi leur niche écologique. Oui, nous sommes nés du hasard et il n’y a aucun plan divin guidant l’espèce humaine. De la même façon que chacun de nous disparaîtra, notre esprit s’évaporant et nos atomes étant réutilisés pour construire d’autres êtres vivants, notre espèce disparaîtra un jour, avant que la Terre elle-même ne soit brûlée puis détruite par notre Soleil, à moins qu’une météorite plus grosse que les autres ne mettent les compteurs de la Vie à zéro bien plus tôt voire même disperse les atomes de la Terre aux 4 "vents" du vide. La création de dieux n’est que le refus d’accepter cette vérité insupportable : non seulement nous allons tous mourir, mais il ne restera rien de nous à terme. Nos vies sont absurdes parce qu’elles ne sont qu’un passage, comme une vague qui ne fait que déplacer quelques grains de sable vite déplacés de nouveau par une autre vaguelette. Mais nous avons la responsabilité de choisir ce que nous voulons en faire. Aimer son prochain et vivre en harmonie avec les autres n’est qu’une solution, parmi d’autres. Réduire ses souffrances n’est qu’une solution, parmi d’autres. Chacun d’entre nous peut décider de vivre la vie qu’il veut, avec sa propre morale, à condition de se rendre compte que la morale de la société dans laquelle il vit a des exigences qui peuvent être en conflit avec les siennes. Et nos sociétés actuelles sont plus libres qu’avant, me semble-t-il. Et il n’est pas possible de s’isoler, de vivre seul, car nous sommes programmés (condamnés) à vivre avec les autres : nous avons besoin des autres ! Sans les autres, nous nous étiolons, nous tournons en rond. La confrontation avec les idées des autres est fondamentale, ne serait-ce que pour se rendre bien compte que la vie peut être vue et comprise d’innombrables façons. Si le monde ne nous plaît pas, changeons-le ! Le détruire pour le reconstruire n’est pas la plus efficace des façons… Exprimer ses idées reste, à mon avis, la meilleure façon de le changer, à notre mesure. Je rêve d’un monde libéré des religions, mais rempli de spiritualité, où vivraient des femmes et des hommes "pensant" leur vie, calmement, mais aussi avec passion. Un monde irréel, bien sûr. Il n’y a qu’à voir, par exemple, le procès inique qui a condamné à 2 ans de camp de travail (la norme en Russie) trois des membres des Pussy Riots, sous prétexte d’avoir insulté l’Eglise orthodoxe, alors que leur action était fondamentalement politique : "Que Poutine s’en aille !" Il n’y a pas que l’Islam qui porte en lui le germe de l’injustice, de la folie, et de la mort.
Allez, un petit hiver nucléaire, un virus mortel éradiquant l’espèce humaine, une grosse météorite, ou le déchaînement de volcans sur tout un continent, et tout ceci ne sera plus qu’un rêve, sans importance… puisque le rêveur ne sera plus. Sur d’autres planètes peut-être, que nous ne visiterons jamais et avec qui nous ne communiqueront jamais, vivent et se développent d’autres intelligences qui, comme nous, vont se poser les mêmes questions : quel est ce monde ? Et, à la fin, lorsqu’un possible grand "Crunch" ramènera notre Univers à la taille de la pointe d’une aiguille, naîtra un nouvel Univers… peut-être. Il y a, dans ce Monde qui englobe notre Univers, un mécanisme, que nous ne comprendrons jamais, qui génère des lois physiques, de l’énergie se transformant en "particules", mais pas forcément toujours. Nous (la Terre, le Système solaire, notre Univers) sommes peut-être l’un parmi des milliards de milliards de cas semblables, mais tous différents. Ou nous sommes peut-être l’unique cas de vie intelligente. Nous ne le saurons jamais. Et ça n’a aucune espèce d’importance : il est presque 10 heures, et j’ai mes courses à faire, sans parler de plein d’autres choses ridicules et absurdes mais qui m’occupent et me permettent d’avoir l’esprit calme et tranquille : Je peux mourir demain, voire tout-à-l’heure ; mais, pour le moment, j’ai des trucs vachement plus importants à faire ! ;)

P.S. Peut-être bien qu’une des meilleures façons pour vivre le moins mal cette vie absurde est de la vivre à deux, dans ce qu’on appelle l’amour, illusoire, mais ce n’est pas forcément la seule solution. Il y en a d’autres. À chacun d’expérimenter et de trouver ce qui lui convient, tout en connaissant le poids de notre culture et éducation qui nous poussent souvent et inconsciemment à faire comme la société le souhaite. De toutes les façons, nous sommes enchaînés ; mais nous pouvons atteindre une forme de liberté si nous connaissons nos chaînes, si nous savons peu à peu nous libérer des plus oppressantes. Long travail… Il y a des moments où L’autre nous semble indispensable et nous manque et d’autres où nous semblons pouvoir nous en passer ; mais chaque rencontre remet tout en cause et nous bouscule. Sachons être prêt à accueillir l’autre, sans l’effrayer, soit d’un manque apparent d’intérêt qui l’éloignerait parce que plus faible que le sien, soit d’un intérêt trop manifeste qui l’inquièterait parce que plus fort que le sien. Le juste milieu… atteignable si l’on observe et agit calmement tout en étant prêt à bondir et laisser ses sentiments s’exprimer au grand jour si l’on reçoit un vrai écho (et pas nos rêves plaqués sur l’autre). Et, parfois, la réciprocité et l’unisson des sentiments l’un pour l’autre.

La spontanéité cesse à l’instant où l’on se demande comment elle fonctionne… Mais mieux vaut peut-être être moins spontané et "vivre en conscience"…


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